17/09/2017 10:02
Parmi les pays de l’Est et du Centre de l’Europe, la Roumanie compte le plus petit nombre de Vietnamiens - environ 600 personnes. Une communauté soudée pour laquelle la solidarité, l’entraide et la générosité ne sont pas de vains mots.
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Les stands de marchandises des commerçants vietnamiens au marché Dragonul Rosu à Bucarest.

Tous les jours, Pham Thi Lan se lève vers 06h30 et se rend en voiture au marché Dragonul Rosu où elle dispose d’un stand de vêtements. C’est sa source de revenu principale. Installée à Bucarest depuis une vingtaine d’années, cette veuve sexagénaire originaire de la province vietnamienne de Thai Binh (Nord) est très connue au sein de la communauté vietnamienne pour sa générosité et surtout son énergie. Son appartement en banlieue de la capitale roumaine accueille souvent des compatriotes.

Le centre commercial Dragonul Rosu se situe à 10 km du centre de Bucarest. Ce marché de gros est le plus important d’Europe centrale et du Sud-Est. On y trouve surtout des vêtements, des chaussures, des jouets… importés de Chine, de Turquie et du Vietnam. Il fait vivre la plupart des Vietnamiens de la ville.

Dragonul Rosu est ouvert chaque jour de 07h00 à 16h00, du lundi au samedi. «Il y a quelques années, le commerce était florissant mais maintenant, c’est beaucoup plus difficile», déplore Pham Thi Lan.

Les commerçants vietnamiens de Bucarest viennent de différents horizons. Certains furent envoyés dans les années 1980 par le gouvernement vietnamien pour y faire des études, puis ils y restèrent après la chute des régimes communistes d’Europe de l’Est en 1991. Après, ils firent venir leurs proches. Actuellement, la diaspora vietnamienne compte environ 600 personnes, dont des étudiants boursiers du gouvernement vietnamien.

Les enfants, fierté de la disaspora vietnamienne

Si les Vietnamiens de Roumanie ne roulent pas sur l’or, ce n’est pas une raison pour négliger les études de leurs enfants, bien au contraire. Le couple Trân Van Lu et Bach Thi Hà en est un bel exemple.

Trân Van Lu et Bach Thi Hà dans leur stand.

Lu et Hà furent parmi les premiers Vietnamiens à s’installer à Bucarest après 1991. Leur trois fils ont été parmi les meilleurs élèves de Roumanie. Le premier étudie actuellement aux États-Unis, les 2e et 3e ont fait partie de la sélection nationale de Roumanie aux Olympiades de mathématiques des Balkans, où ils ont remporté l’or.

«J’ai fait mes études universitaires en Roumanie de 1975 à 1981, puis j’ai travaillé à Hanoï pour le ministère vietnamien de la Construction. Lors d’un retour à Bucarest dans les années 1990, j’ai rencontré d’anciens professeurs et amis. L’affection pour ce pays qui m’avait offert des connaissances précieuses, les difficultés de la vie au Vietnam à l’époque et les aides de mes amis m’ont poussé à m’installer à Bucarest. C’était en 1993», raconte Trân Van Lu, originaire de la province de Nghê An (Centre).

«Moi, après une semaine à Bucarest, je voulais regagner immédiatement le Vietnam. J’avais un boulot stable à la Banque d’État. Ici, je me suis sentie seule», ajoute Bach Thi Hà, son épouse. Mais pour l’avenir de ses enfants, le couple s’est efforcé de surmonter toutes les difficultés.

Comme Lu et Hà, Nguyên Ngoc Bao, 56 ans, vit à Bucarest depuis 1993. Son fils aîné, de 22 ans, travaille au Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Son second fils est étudiant à l’Université d’économie de Bucarest.

Cette deuxième génération de Vietnamiens en Roumanie fait non seulement la fierté de leurs parents mais encore de toute la communauté vietnamienne.

Un toit commun pour les Vietnamiens de Roumanie

Fondée dans les années 1990, l’Association des Vietnamiens de Roumanie organise régulièrement des activités lors des grandes fêtes vietnamiennes comme le Têt, la Réunification nationale (30 avril 1975), la Fête nationale (2 septembre 1945)…

«Notre but est de relier toute la diaspora sous un même toit, comme une grande maison familiale où joies et peines sont partagées. Cela nous aide à resserrer la solidarité entre nous et à apaiser notre nostalgie du pays de notre enfance», confie Diên Van Hùng, son président.

Cette association attache aussi de l’importance au maintien de la langue maternelle au sein de la jeune génération née en Roumanie en organisant des classes d’apprentissage du vietnamien. «Parler couramment la langue de leurs parents permettra aux jeunes de ne jamais couper le fil avec leur pays d’origine», indique M. Hùng.

Les activités efficaces de l’association sont appuyées par l’ambassade du Vietnam en Roumanie. Pour la communauté vietnamienne, l’ambassade ressemble aussi à une maison commune dont les portes sont toujours grandes ouvertes. «Nous apprécions beaucoup cette association pour ses efforts de valorisation de la culture nationale et le rôle de pont qu’elle joue entre tous les membres de la communauté», affirme Trân Quang Viêt, ministre conseiller de l’ambassade du Vietnam à Bucarest.
 
Texte et photos : Huong Giang/CVN
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