09/08/2019 23:03
À l’occasion de la Journée pour les victimes vietnamiennes de l’agent orange/dioxine (10 août), l’Association française pour l’expertise de l’agent orange et des perturbateurs endocriniens (AFAPE) a réaffirmé sa compassion et son soutien aux victimes.
>>L’AFAPE et sa mission au Vietnam
>>La solidarité pour surmonter les ravages de l'agent orange
>>Chez lui, la douleur pèse sur trois générations

Charles Sultan (centre, à gauche), à la tête de l'AFAPE, lors de la rencontre avec Nguyên Thang Long, directeur du Village de l’amitié du Vietnam, en mai 2019. Photo: PJ/CVN

Dans un communiqué de presse publié à cette occasion, l’AFAPE revient sur l’année 1961 de la guerre du Vietnam. Le 10 août, un hélicoptère de type H-34 des Forces aériennes du Sud Vietnam effectuait les premiers tests d’épandages de défoliants à des fins militaires dans la province boisée de Kon Tum, dans les hauts plateaux du Centre. Le 30 novembre, le président américain John Kennedy avalisait le procédé, provoquant ainsi la plus longue et grave guerre chimique expérimentale de l’histoire de l’Humanité.

À l’occasion du 58e anniversaire de la "catastrophe de l’agent orange" et de la Journée pour les victimes de l’agent orange (10 août), "le bureau de l’AFAPE tient à exprimer sa vive compassion pour les victimes encore nombreuses de cette tragédie, lit-on dans ce communiqué. Aujourd’hui plus que jamais, car on en connaît désormais beaucoup mieux l’ampleur, aucun ami du Vietnam et de l’Humanité ne saurait rester indifférent au si lourd bilan environnemental et sanitaire légué par cette guerre. Et pourtant, bien des études restent à conduire pour mieux distinguer entre les pathologies dues à l’agent orange et celles qui sont imputables à d’autres facteurs, comme les pesticides utilisés massivement dans l’agriculture intensive".

Des membres de l'AFAPE visitent une classe des enfants victimes de l’agent orange du Village de l’amitié du Vietnam dans le district de Hoài Duc, Hanoï.
Photo: PJ/CVN

Mission sacrée

Née en 2017, à Montpellier qui se trouve être l’un des plus anciens et prestigieux pôles médicaux de l’Occident, l’AFAPE a souhaité aller au-delà de la démarche humanitaire qui mobilise déjà très utilement de nombreuses associations. Pour les médecins cliniciens et chercheurs, autant que pour la société civile, le scandale sanitaire de la guerre chimique au Vietnam représente, en effet, un exemple concret des effets délétères des perturbateurs endocriniens sur l’environnement et la santé, que désormais la presse ne cesse à juste titre de dénoncer.

"L’AFAPE souhaite documenter le plus précisément possible tous les aspects de cette guerre chimique, en particulier les effets de la dioxine sur le développement somatique et psychologique des enfants contaminés pendant leur vie intra-utérine, qu’elle veut aider autant que possible à accéder aux soins nécessaires. Surtout, fortes de compétences scientifiques internationalement reconnues dans le domaine de l’endocrinologie pédiatrique, elle s’est donnée pour objectif ultime de rechercher les preuves irréfutables de la transmission transgénérationnelle de cette immense pollution chimique".

Après avoir organisé elle-même et participé à plusieurs conférences, en France comme au Vietnam, l’AFAPE a élargi son réseau de chercheurs pour incuber un programme de recherches interdisciplinaire et inédit sur l’agent orange et les perturbateurs endocriniens, au Vietnam surtout, mais aussi au Cambodge, au Laos et en Thaïlande. Ce programme lui a valu de remporter, début 2019, un appel à projets scientifiques lancé par la Maison des sciences de l’homme à Montpellier (MSH-Sud). 

Lors du colloque organisé en mai à l’Université de la médecine de Hanoï.
Photo: Bùi Phuong/CVN

En mai dernier, a été organisée une première et fructueuse mission de recueil de données médicales et de visites de centres de soins pour les victimes de l’agent orange à Hô Chí Minh-Ville et dans le delta du Mékong, mais aussi à Hanoï et dans sa banlieue.

Suspendre l’usage du glyphosate dans l’agriculture

Forte d’une collaboration naissante avec les Facultés de médecine, du soutien précieux et constant de l’Association vietnamienne des victimes de l’agent orange (VAVA) et de la Vietnamienne Trân Tô Nga qui mène en France, avec courage et détermination, un combat difficile mais nécessaire dans le cadre d’un procès intenté contre une trentaine de compagnies chimiques américaines dont Monsanto, "l’AFAPE rappelle avec force sa solidarité avec toutes les victimes, ainsi qu’avec les associations qui s’efforcent d’alléger leur fardeau avec autant d’abnégation que de discrétion. Elle loue la décision particulièrement courageuse, prise par les autorités vietnamiennes le 10 avril 2019, de suspendre l’usage du glyphosate dans l’agriculture au Vietnam".

L’AFAPE est convaincue que le Vietnam, instruit des leçons d’un passé douloureux, "jouera un rôle majeur dans la prévention des scandales sanitaires que provoqueront encore longtemps les perturbateurs endocriniens dans le monde. Elle en appelle à toutes les bonnes volontés qui voudront bien l’aider dans sa mission de recueil de données scientifiques validées sur l’impact médical de la dioxine, la plus toxique des substances chimiques jamais inventées par l’Homme".


Coordonnées des responsables de l’AFAPE
 
*Charles Sultan, président
Professeur émérite d’endocrinologie pédiatrique à la Faculté de médecine de Montpellier-Nîmes
pr.charles.sultan@gmail.com, AFAPE.FRANCE@gmail.com

*Pierre Journoud, secrétaire général
Professeur d’histoire contemporaine à l’université Paul-Valéry Montpellier 3
pierre.journoud@univ-montp3.fr,  AFAPE.FRANCE@gmail.com

AFAPE/CVN

 
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