16/12/2016 17:29
La profession vétérinaire craint l’instauration de déserts vétérinaires d’ici cinq à dix ans dans certaines régions rurales de France et demande à l’État d’agir pour améliorer l’installation et le maintien des "vétos" sur tout le territoire.

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Un vétérinaire prépare une piqûre hypodermique, le 9 avril 2015 à Champétières. Photo : AFP/VNA/CVN


Que ce soit pour juguler une épidémie de grippe aviaire, aider à la mise bas difficile d’une vache laitière en pleine nuit, ou vacciner un chien des beaux quartiers, les "vétos" assurent un lien primordial entre le terrain et les autorités sanitaires du pays.

"Nous identifions d’ores et déjà une problématique pour l’avenir portant sur un défaut de répartition dans certains territoires", a indiqué jeudi 15 décembre à Paris Jacques Guérin, vice-président de l’Ordre national des vétérinaires.

"La France compte actuellement 18.084 vétérinaires installés", a-t-il dit, "une population qui suffit complètement pour l’instant".

Ils étaient 14.863 en 2008 et 16.102 en 2010, selon le décompte de l’Ordre.

"Dans l’immédiat, le problème sur la démographie vétérinaire touche surtout des zones périphériques des grandes villes avec une moindre densité animale, comme le centre-Val de Loire ou le sud-ouest, où certains vétérinaires acteurs de la santé des animaux d’élevage glissent progressivement vers les soins aux animaux de compagnie" dit-il.

Quand leur activité "est consacrée à 80% aux animaux de compagnie, il leur devient difficile de maintenir les compétences requises pour le suivi" des animaux d’élevage, ajoute-t-il.

Aux avant-poste des épidémies

Dans le premier atlas démographique de la profession vétérinaire qui vient tout juste d’être publié, 68,9% des vétérinaires (14.360 personnes) déclarent traiter exclusivement ou principalement les animaux de compagnie, 22,8% (6.976) les animaux d’élevage, et 5,3% (2.328) les chevaux.

Pour l’avenir, le problème de désertification porte surtout sur des zones très rurales et la filière des grands ruminants bovins qui nécessitent proximité et rapidité d’intervention.

"Sur ce sujet, le maillage territorial n’est pas encore pris en défaut, comme l’a montré la lutte contre la fièvre catarrhale ovine (FCO), mais d’ici 5 à 10 ans, les besoins pourraient augmenter si rien n’est fait" a déclaré M. Guérin à l’AFP.

En effet, près de 1.500 des praticiens ruraux sont des hommes de 50 à 59 ans, s’approchant de la retraite.

Le problème est d’autant plus aigu que le "maillage vétérinaire" du pays est très lié à son "maillage sanitaire", comme l’ont montré les grandes angoisses pour la santé humaine générées par les épidémies de vache folle ou de grippe aviaire dans le passé.

Aux avant-postes des épidémies, les vétérinaires sont les premiers à pouvoir diagnostiquer des maladies potentiellement contagieuses pour les animaux (épizootie) ou pour les hommes (zoonose).

La problématique rejoint celle des déserts médicaux. En milieu rural, les vétérinaires pour s’installer ont besoin de couverture télécoms professionnelle, d’écoles et d’opportunités de travail pour le ou la conjointe.

Selon M. Guérin, lui-même vétérinaire à Pleucadeuc dans le Morbihan, le problème ne doit pas nécessairement être résolu en formant plus de vétérinaires, mais en les incitant à s’installer dans des zones déficitaires, et surtout à y rester.


AFP/VNA/CVN

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