25/12/2018 17:03
Les secouristes s'efforçaient mardi 25 décembre d'apporter de l'aide aux régions dévastées par un tsunami consécutif à une éruption volcanique en Indonésie mais le manque d'eau potable et de médicaments se faisait cruellement sentir parmi les milliers de personnes réfugiées dans des centres d'urgence.

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Des habitants d'une zone dévastée par le tsunami à Rajabasa en Indonésie le 25 décembre. Photo: AFP/VNA/CVN


Les travailleurs humanitaires mettaient en garde contre les risques de crise sanitaire alors que le bilan du désastre avoisine désormais les 400 morts.

"De nombreux enfants sont malades, ils ont de la fièvre, mal à la tête et n'ont pas assez d'eau", explique Rizal Alimin, un médecin de l'ONG Aksi Cepat Tanggap, dans une école transformé en abri de fortune.

Le tsunami a frappé soudainement samedi soir les rives du détroit de la Sonde, qui sépare les îles de Sumatra et de Java, faisant 373 morts, plus de 1.400 blessés et 128 disparus, selon le dernier bilan de l'Agence nationale de gestion des catastrophes. Plus de 5.000 personnes ont été évacuées.

Les experts mettent en garde contre le risque de nouvelles vagues mortelles dues à l'activité volcanique. La vague provoquée par le volcan connu comme "l'enfant" du légendaire Krakatoa, l'Anak Krakatoa, a rasé des centaines de bâtiments sur les côtes méridionales de Sumatra et l'extrémité occidentale de Java. Et bon nombre de réfugiés ont trop peur pour rentrer chez eux.

"Peur"

"Je suis ici depuis trois jours", déclare Neng Sumarni, 40 ans, qui dort avec ses trois enfants et son époux à même le sol de l'école, avec une trentaine d'autres. "J'ai peur car ma maison est tout près de la plage".

Abu Salim, volontaire de l'association Tagana, explique que les travailleurs humanitaires peinent à stabiliser la situation.

"Aujourd'hui, on met l'accent sur l'aide aux réfugiés qui sont dans des centres, on installe des cuisines, on distribue des équipements logistiques et plus de tentes dans des endroits plus adéquats", a-t-il dit à l'AFP.

Les gens "n'ont toujours pas accès à l'eau potable. De nombreux réfugiés sont partis sur les hauteurs et nous ne sommes pas parvenus à les atteindre".

Les secouristes acheminaient l'aide principalement par la route. Deux bateaux du gouvernement faisaient également route vers plusieurs îles proches de la côte de Sumatra où les habitants sont pris au piège.

Des équipes de secouristes munis d'excavatrices et d'autres équipements lourds tentaient de dégager les débris. Certains sauveteurs travaillaient à mains nues.

D'après les experts, la catastrophe de samedi est consécutive à une éruption modérée de l'Anak, qui a provoqué un effondrement sous-marin d'une partie du volcan et le déplacement de vastes quantités d'eau.

Troisième désastre en six mois

À la différence des tsunamis provoqués par les tremblements de terre et qui enclenchent les systèmes d'alertes, les vagues "volcaniques" ne laissent que très peu de temps aux autorités pour prévenir les gens.

Dans un premier temps, l'Agence de gestion des catastrophes avait même dit qu'il n'y avait pas d'alerte au tsunami alors même que la vague tueuse déferlait sur les côtes. L'Agence avait dû par la suite présenter ses excuses, expliquant que le système de détection était défaillant.

L'Anak s'était formé aux alentours de 1928 dans la caldeira du célèbre Krakatoa, dont l'éruption en 1883 a fait 36.000 morts. Une immense colonne de fumée, de pierres et cendres s'était dressée dans le ciel à 20 km de hauteur, plongeant la région dans l'obscurité et déclenchant un puissant tsunami.

AFP/VNA/CVN

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