26/03/2020 09:10
Les 15.000 sans-abri de Rio de Janeiro, une ville désormais sous cloche en ces temps de coronavirus, luttent tout simplement pour leur survie dans des quartiers devenus fantômatiques.
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Une femme sans abri joue avec son chien dans le quartier Lapa à Rio de Janeiro, le 23 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

Rester confiné chez soi, se laver souvent les mains, autant de recommandations qui peuvent apparaître faciles à suivre pour les Brésiliens. Mais pas pour ceux qui vivent dans les rues de Rio de Janeiro. Ces derniers jours, la capitale touristique du Brésil s'est repliée sur elle-même, fermant ses écoles, restaurants, bars, boutiques et ses sites emblématiques comme le Pain de sucre ou le Christ rédempteur.

L'écrasante majorité des Cariocas reste chez soi, et les personnes sans domicile fixe de "la Ville merveilleuse" dans la rue, alors qu'arrive une forte vague de contaminations, selon les autorités sanitaires. Les mendiants survivent désormais dans des rues totalement désertes. Les soupes populaires ont presque toutes fermé l'une après l'autre alors que les bénévoles se confinaient chez eux. Une ONG liée à une Eglise leur fournit encore un peu de nourriture. Et les craintes grandissent de voir les centres d'hébergement devenir des foyers de contamination.

"On essaie de survivre avec cette situation. C'est un combat. On fait tout pour se débrouiller seuls parce que beaucoup de gens ont arrêté de nous aider par peur d'être contaminés", dit Paulo Souza, un sans-abri de 35 ans rencontré dans Lapa. Lapa, un quartier populaire et noctambule, est aujourd'hui totalement déserté.

"Peur du contact physique"

"Il faut qu'on quitte la rue si on veut manger", dit Denice do Santos, 41 ans, une sans-abri. "Les gens ne nous aident plus. Ils ont peur du contact physique", et "pour recevoir quoique ce soit nous avons besoin d'un contact physique et de
 
Un sans-abri passe devant un parking fermé dans le centre de Sao Paulo (Brésil) le 24 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

Elle voudrait que le président d'extrême droite Jair Bolsonaro - qui a condamné "l'hystérie" autour du coronavirus et critiqué le confinement en raison de son impact sur l'économie - "fasse quelque chose" pour les gens comme elle qui souffrent. "Mais on ne veut pas qu'on nous ramasse et qu'on nous mette dans (des centres d'hébergement) avec d'autres gens", dit-elle.

Ces centres à Rio ne disposent que de 2.300 lits et ne peuvent donc accueillir que moins d'un sixième de la population de sans-abri. Les sans-abri ne se sentent pas pour autant plus en sécurité dans la rue.

"Si je dois avoir le virus, je l'aurai, parce que je bois de l'eau dans le même verre que mes amis ici", lance un jeune de 23 ans, qui ne souhaite pas donner son nom. Le coronavirus est arrivé au Brésil récemment, importé par les "riches", des voyageurs venant d'Europe. Depuis, le pays est le plus touché d'Amérique latine, avec 2.201 cas confirmés et 46 décès. Une forte vague de contamination est redoutée d'avril à juillet.

AFP/VNA/CVN



 
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