26/02/2018 17:41
Il est peut-être l'Elon Musk africain de demain : William Elong, 25 ans, vient de créer les tout premiers drones "made in Cameroun" et a de grandes ambitions pour sa jeune startup.
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Trois ingénieurs camerounais de Will and Bros autour de leur drone à Douala le 16 février. Photo : AFP/VNA/CVN

William Elong n'est diplômé ni en informatique ni en robotique, mais titulaire d'un seul MBA acquis en France. Aujourd'hui, à la tête d'une dizaine de personnes, il réfléchit aux technologies de demain, dans son atelier de Douala, la capitale économique du Cameroun.

"Le savoir-faire est ici, au Cameroun", assène-t-il, comme une réponse à l'exode massive des Africains francophones vers l'Europe, que beaucoup voient comme un eldorado pour les études et l'emploi.

Dans le quartier général de "Will and Brothers" de Douala, établi au sixième niveau d'un immeuble chic de Bonanjo, le quartier administratif où se trouve aussi le siège de la plupart des grandes banques du pays, William Elong mène ses troupes.

Ce jour-là, deux prototypes en cours de fabrication sont posés sur une table à l'intérieur de l'atelier de montage des drones. Deux jeunes ingénieurs vêtus de blouse blanche poursuivent méticuleusement l'assemblage d'un des prototypes. "Lorsque toutes les composantes sont disponibles, nous sommes en mesure d'assembler un drone comme celui-là en 24 heures", précise-t-il.

Car c'est devenu la fierté de l'entreprise au Cameroun : outre la performance technologique, la rapidité de montage des drones concurrence les plus grandes entreprises américaines, selon eux.

"Les débuts étaient extrêmement compliqués. Mais nous avons une équipe dynamique, autonome et à la pointe de la technologie grâce à laquelle nous avons trouvé la solution au montage des drones", souligne Yves Tamu, directeur technique de la startup.

Fierté nationale 

Un ingénieur de Will and Bros travaille sur un drone de la startup camerounaise. Photo : AFP/VNA/CVN

L'équipe, composée principalement d'ingénieurs et de développeurs, a mis deux ans, marqués par des échecs et le doute, avant de réussir à faire décoller ses premiers drones.

"Will and Brothers fait la fierté du Cameroun", a affirmé début février Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications, s'exprimant devant des journalistes à l'issue d'une cérémonie gouvernementale de présentation des drones made in Cameroun.

La conception de ces appareils est "la démonstration de la capacité d'innovation de la jeunesse camerounaise", a-t-elle ajouté, précisant que cette jeunesse avait néanmoins "besoin d'un environnement approprié et d'un écosystème adapté".

Au Cameroun, les jeunes innovateurs se heurtent généralement aux problèmes de financements de leurs projets et, aussi et surtout, au scepticisme ambiant. "Les gens ne croient en rien. Quand vous dites que vous voulez créer une intelligence artificielle ou des drones, les gens n'y voient pas d'intérêt", estime M. Elong, regrettant qu'il n'y ait "pas beaucoup d'Africains impliqués" dans le financement de son projet.

Et pourtant, 200.000 dollars ont été levés à la création de la société qui mise sur une deuxième levée de fonds pour obtenir deux millions de dollars supplémentaires. À présent, tous les financements de la startup sont occidentaux.


AFP/VNA/CVN

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