02/01/2016 18:12
Aux premières heures de 2016, les pilotes de la coalition contre le groupe État islamique (EI) se sont souhaité "bonne année" dans le ciel syro-irakien avec une même obsession, continuer à frapper les jihadistes sans tomber entre leurs mains.
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Un pilote de l'armée française dans le cockpit d'un Mirage 2000 sur une base jordanienne de la coalition, le 1er janvier 2016.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Aujourd'hui, tout le monde s'est dit Happy New Year", en anglais, à travers la radio, a raconté le capitaine Pierre, pilote de chasse français, tout juste revenu d'une mission en Irak (pour des raisons de sécurité, les militaires français ne donnent que leur prénom).

Plusieurs pays dont la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont formé une coalition internationale pour lutter contre l'EI en Irak et en Syrie et mènent de nombreux raids aériens contre cette organisation.

À Noël, certains équipages de ravitailleurs avaient déployé une petite guirlande dans leur carlingue. Et, depuis les attentats de Paris, pilotes américains et australiens saluent volontiers leurs collègues français d'un petit "Bonjour" ou de quelques mots en français en signe de solidarité. "Les Russes en revanche on ne les voit pas mais on les entend à la radio", précise Pierre, encore sanglé dans sa combinaison de vol, avec pistolet automatique et balise de détresse à portée de main.

La Russie a lancé le 30 septembre des frappes aériennes en Syrie mais les pays occidentaux l'accusent de vouloir davantage soutenir le président syrien Bachar Al-Assad que lutter contre l'EI.

Dès 04h00 du matin

Stationné sur une base jordanienne - dont le nom et la localisation ne sont pas communiqués à la demande des autorités locales - le capitaine Pierre a été l'un des tout premiers à décoller vers le "front" anti-EI en ce 1er janvier. "On s'est levé à 04h00 (locales), on a décollé à 06h00" pour une mission comme les autres, au rythme d'une tous les deux ou trois jours, raconte-t-il.

Un vol de cinq heures, ponctué de trois ravitaillements, destiné à apporter un soutien aérien aux combattants kurdes près de la ville de Sinjar, dans le nord de l'Irak. Au final, les deux avions Mirage français engagés dans la mission n'ont pas frappé. L'EI, sur la défensive après plusieurs défaites consécutives contre les forces irakiennes et kurdes, semblait "paralysé" dans ce secteur, résume un officier français lors d'un debriefing.

"Jamais gagné"

Le risque d'avarie, d'erreur technique et la crainte de tomber en territoire ennemi en cas de crash, n'en restent pas moins une préoccupation quotidienne. "En face, on a une vraie armée. On sait très bien qu'en cas d'éjection on va devenir la priorité numéro un de Daech (acronyme de l'EI en arabe)", constate humblement le capitaine Cyril, 29 ans, de retour du premier raid français de l'année 2016 contre l'EI à Raqa (nord-est de la Syrie), où des sites pétroliers ont été bombardés.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avec des pilotes français sur une base jordanienne de la coalition, le 1er janvier 2016.
Photo : AFP/VNA/CVN

Tous ont encore en tête les images du pilote jordanien qui a été capturé par le groupe jihadiste et brûlé vif dans une cage. Pour parer tout tir de missile, les chasseurs volent à moyenne altitude, "au-delà de cinq kilomètres", explique Pierre. "On sait que Daech a récupéré du matériel aux forces irakiennes. Des départs de systèmes sol-air (missiles) ont déjà été rapportés par des équipages de Mirage 2000 et de la coalition", relève-t-il.

Le risque de turbulences, qui peut mettre en péril le moindre ravitaillement, est l'un des plus redoutés. "Quand ça "turbule" à 600 km/h, avec une perche à mettre dans un panier de 80 centimètres de diamètre, c'est jamais gagné", résume le pilote. En cas d'éjection, des hélicoptères de la coalition sont prépositionnés pour aller récupérer l'équipage. "Mais cela reste beaucoup plus risqué qu'en Afghanistan", où l'ennemi était moins étendu et moins organisé, souligne Cyril.

Malgré le risque, la détermination reste entière, surtout depuis les attentats du 13 novembre à Paris. "C'est galvanisant", concède Pierre. "Cela reste des vies humaines mais on est conscient de faire un travail important et on en éprouve une certaine fierté", dit-il.
 
AFP/VNA/CVN
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