13/01/2016 16:37
On a compté l'an dernier 70 millions de personnes de plus qui vivaient hors de leur pays qu'en 2000, soit +41% pour un total de 244 millions de migrants internationaux, a révélé le 12 janvier un rapport du Département des affaires économiques et sociales des Nations unies.
>>Des migrants ont tenté de s’introduire dans le tunnel sous la Manche

Le vice-secrétaire général des Nations unies, Jan Eliasson.
Photo : ONU/CVN
Pour le vice-secrétaire général des Nations unies, Jan Eliasson, il s'agit là d'un enjeu mondial.

Ces derniers mois, "nous avons assisté à un débat sur les réfugiés et les migrants qui s'est polarisé. Devant cette situation, l'ONU se doit de dire qu'il s'agit avant tout d'un enjeu mondial", a-t-il dit à l'occasion de la parution de ce rapport.

"Cette tendance illustre l'importance croissante de la migration internationale, qui est devenue partie intégrante de nos économies et de nos sociétés", a commenté Wu Hongbo, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires économiques et sociales.

Alors qu'on est passé en quinze ans de 173 à 244 millions de gens vivant hors de leur pays, c'est la question des réfugiés qui a dominé l'actualité internationale ces derniers temps. Or, selon le rapport, ils sont moins de 20 millions, soit un peu moins de 10% de ce total.

M. Eliasson a observé que si la plupart des migrants internationaux vivent en Europe et en Amérique du Nord, la majorité des réfugiés vivent dans des pays en développement commes des millions d'Afghans au Pakistan et en Iran, des millions de Syriens au Liban, en Irak et en Jordanie ou encore un demi-million de Somaliens au Kenya.

Le Liban, petit pays de quatre millions d'habitants, a vu arriver sur son sol plus d'un million de réfugiés, soit autant que l'Union européenne qui compte plus de 500 millions d'habitants, a-t-il noté.

Pour M. Elliasson, "cette situation pose malheureusement un défi à la fois pour ceux qui quittent leur pays, mais aussi pour ceux qui les accueillent". Il a notamment appelé à aider les pays riverains de la Syrie, notamment en matière d'éducation des enfants de réfugiés.

M. Eliasson a par ailleurs évoqué les débats en cours sur le rôle des réfugiés et des migrants en Allemagne et en Suède, les pays d'accueil qui se sont montrés les plus ouverts à la dernière vague migratoire. "On n'est pas dans une situation où l'on dit d'emblée 'Il faut fermer les portes', mais plutôt 'C'est un défi. On sait que c'est difficile, mais on va essayer de gérer ça correctement'", a-t-il résumé.

Le diplomate suédois a par ailleurs souligné les aspects positifs de la migration, citant l'argent envoyé au pays par les travailleurs émigrés ou encore leur apport démographique dans des pays où la natalité baisse.

"En Europe, la population aurait baissé entre 2000 et 2015 sans ce solde migratoire positif", a-t-il fait remarquer. "Une migration bien gérée apporte des bienfaits importants aux pays d'origine et de destination, ainsi qu'aux migrants eux-mêmes et à leurs familles", a renchéri M. Wu.
 
Xinhua/VNA/CVN
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