11/08/2018 21:26
La chute de la livre turque sur fond de crise diplomatique entre Turquie et États-Unis a secoué vendredi 10 août les principales Bourses et devises mondiales, suscitant les craintes d'une contagion à d'autres économies, notamment émergentes.
>>La Bourse de Paris perd du terrain, inquiète face à la Turquie

Le ministre turc des Finances, Berat Albayrak, s'essuie le front lors d'un discours à Istanbul, le 10 août. Photo: AFP/VNA/CVN

La livre turque vivait une journée noire vendredi 10 août, aggravée par l'annonce du président américain Donald Trump d'augmenter fortement les taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium turcs.

La monnaie nationale a même creusé ses plus bas historiques face au dollar, perdant près de 24% de sa valeur dans la journée (par rapport à jeudi 9 août à 21h00 GMT). Depuis le début de l'année, sa valeur a fondu de près de 40% face à au billet vert et à l'euro.

Si la devise turque connaît une érosion inexorable depuis plusieurs années, l'hémorragie s'est accélérée ces derniers jours en raison de la grave crise diplomatique avec les États-Unis liée à la détention en Turquie d'un pasteur américain.

Devant cette déroute, le président Recep Tayyip Erdogan a appelé ses concitoyens à la "lutte nationale" en échangeant leurs devises étrangères pour soutenir leur monnaie, dénonçant une "guerre économique" contre la Turquie.

"Effet de contagion"

La crise turque a entraîné dans son sillage les principales Bourses européennes qui ont toutes clôturé dans le rouge, touchant particulièrement le secteur bancaire.

"Les préoccupations du marché à l'égard de la livre (la monnaie turque) sont liées aux inquiétudes quant à un possible effet de contagion, en d'autres termes une crise des devises émergentes", a expliqué Patrick O'Hare, de Briefing.

"Il y a des craintes que les marchés européens soient plus exposés que prévu au choc turc", a observé pour sa part Jameel Ahmad, analyste pour FXTM. "La dernière fois que je me souviens d'une monnaie" qui a baissé de cette façon "au cours des dernières 24 heures, c'était fin 2014, lors de la crise du rouble russe", a encore commenté l'analyste.

À Paris, l'indice CAC 40 a lâché 1,59% vendredi 10 août, l'indice vedette FTSE-100 de la Bourse de Londres 0,97%, tandis que la Bourse de Francfort a cédé 1,99%.

Parmi les autres places européennes, la Bourse de Milan a perdu 2,51% et Madrid 1,56%. L'indice Eurostoxx a reculé de 1,94%.

L'onde de choc a même atteint Wall Street, qui a ouvert en baisse.

La situation était tout aussi tendue sur le marché des changes, où l'euro a chuté à un plus bas en treize mois, mais se reprenait un peu vers 17h00 GMT, s'échangeant à 1,1403 dollar.

Certaines devises de pays émergents souffraient également par rapport au dollar: vers 17h00 GMT, le peso argentin perdait plus de 3%, le rand sud-africain près de 3%, le réal brésilien et le peso mexicain environ 1,3%.

Mais pour Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque, "il n'y a pas de risque systémique". "J'ai vu quelques commentaires soulignant que l'on commence à avoir aujourd'hui des tensions sur les monnaies émergentes, mais soyons francs: c'est anecdotique", a-t-il affirmé. 
AFP/VNA/CVN
 

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