11/03/2020 08:54
L'optimisme aura été de courte durée pour les Bourses européennes, qui ont clôturé en baisse mardi 10 mars après avoir tenté un rebond évanescent au lendemain de leur pire séance depuis la crise de 2008. Wall Street, portée par l'espoir de mesures de soutien, a en revanche clôturé en forte hausse.
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Un trader à l'ouverture de la Bourse de New York, le 10 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

Dans le vert à l'ouverture, plusieurs Bourses européennes ont viré en territoire négatif et ont clôturé en repli à Paris (-1,51%), Francfort (-1,41%), Londres (-0,09%), Madrid (-3,21%), Milan (-3,28%), Amsterdam (-1,21%), Bruxelles (-0,61%) et Lisbonne (-0,69%). De l'autre côté de l'Atlantique, Wall Street a fait les montagnes russes, démarrant en forte hausse, puis se repliant vers la mi-séance avant de finir en trombe.

Selon Karl Haeling de LBBW, "cela reflète le haut niveau d'incertitude sur le marché. Il n'en faut pas beaucoup aux opérateurs pour paniquer ou, au contraire, s'enthousiasmer". Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a finalement bondi de 4,89%, tandis que le Nasdaq, à forte coloration technologique, a pris 4,95% et que l'indice élargi S&P 500 est monté de 4,94%.

Les marchés européens semblaient, eux, rassurés mardi matin 10 mars par la remontée des prix du pétrole et par des espoirs de mesures budgétaires pour lutter contre le coronavirus. Les Bourses asiatiques avaient même relevé un peu la tête. Mais un revirement s'est produit en toute fin de séance, alors que les cours du pétrole connaissaient un petit coup de mou et que la promesses d'actions de soutien à l'économie tardaient à se concrétiser.

"Ce ne sont pas quelques petites annonces un peu incertaines sur un stimulus de Trump ou de la Banque centrale européenne qui vont redonner confiance dans l'avenir aussi vite", a estimé Mikaël Jakoby, responsable du courtage Europe continentale chez Oddo Securities. "Il y a énormément de points d'interrogation et on est toujours dans la phase ascendante du nombre de malades du coronavirus", a-t-il ajouté.

Porte ouverte russe

Les cours du pétrole ont finalement repris de l'élan en fin de journée, pour terminer en hausse d'environ 10% le baril à New York et 8% à Londres. La tendance haussière a permis aux places financières des États pétroliers du Golfe de fortement rebondir mardi 10 mars, après deux jours de pertes massives.

Des hommes portant des masques de protection passent devant un tableau d'indices boursiers, le 10 mars à Tokyo. Photo : AFP/VNA/CVN

Les cours de l'or noir avaient perdu environ 25% la veille, dans la foulée de la guerre des prix lancée par l'Arabie saoudite après l'échec de négociations en fin de semaine dernière avec la Russie. Ce qui avait provoqué une violente tempête lundi 9 mars sur les Bourses mondiales, déjà apeurées par l'épidémie de coronavirus. Mardi 10 mars, le ministre russe de l'Énergie, Alexandre Novak, a déclaré ne pas "fermer la porte" à l'alliance entre l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la Russie pour stabiliser le marché du pétrole.

Aux États-Unis, le président Donald Trump a promis de présenter un plan de soutien aux entreprises et aux ménages face au coronavirus, qui lui permettrait de préserver un de ses principaux arguments de campagne dans la course à la Maison Blanche, la solidité de l'économie du pays. Le président américain a notamment évoqué "une coupe possible dans les charges et cotisations sociales" devant être discutée entre des membres de son administration et des responsables du Congrès.

Même si aucune annonce concrète n'avait été faite mardi 10 mars avant la clôture de la Bourse de New York, la promesse de nouvelles mesures a été saluée par les courtiers de Wall Street. Le gouvernement japonais devrait, lui aussi, annoncer un plan d'aide financière pour faire face aux conséquences économiques de l'épidémie de coronavirus. L'Europe n'est pas en reste puisque la Banque centrale européenne est très attendue à l'occasion de sa réunion jeudi et pourrait déployer un éventail de mesures, inédites pour certaines, face à la menace que fait peser le nouveau coronavirus sur une économie déjà au ralenti en zone euro.

AFP/VNA/CVN



 

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