10/08/2020 19:10
Dô Son est réputé pour ses maquereaux séchés au soleil, appréciés non seulement des consommateurs de la ville de Hai Phong mais aussi de l’ensemble du pays. La transformation est une des activités économiques clés, contribuant à soutenir le tourisme et la pêche de cet arrondissement.
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Le séchage du poisson nécessite de bonnes conditions météorologiques où les températures les plus favorables vont de 27 à 32°C.


Un jour d’été. Luong Thi Ngoc, propriétaire de l’établissement Ngoc Vinh, travaillant dans le séchage de maquereaux et implanté dans l’arrondissement de Dô Son, ville portuaire de Hai Phong au Nord, emmène des cadres du Centre de recherche et de développement des systèmes agricoles, relevant de l’Académie d’agriculture du Vietnam, assister au processus de séchage familial.

Sous le soleil de plomb, deux ouvriers se précipitent pour retourner des morceaux de poissons. "Aujourd’hui, le temps est favorable au séchage. Nous ferons sécher toute cette quantité pendant environ quatre heures et les poissons sont retournés une à deux fois pendant le séchage", révèle Mme Ngoc.
 
Sa famille s’est lancée dans la transformation et le commerce des produits de maquereaux séchés au soleil il y a plus de 10 années. Selon elle, pour obtenir un produit de qualité, il faut de nombreuses étapes, dont le séchage du poisson est l'une des étapes importantes.

Une des activités économiques clés
 
Le maquereau, après avoir été pêché au large, est soigneusement sélectionné avant d'être préalablement transformé et exposé au soleil. Le poisson est coupé en diagonale en morceaux de 2-3 cm d'épaisseur et déposé sur des claies grillagées. Puis il faut des bonnes conditions météorologiques où les températures les plus favorables vont de 27 à 32°C pour une durée de trois à cinq heures. "La zone de séchage doit notamment être séparée de la zone de traitement pour garantir l'absence de contamination. Le matériel de séchage doit être nettoyé et désinfecté après chaque exposition. On n’utilise pas de grilles en plastique ou bien en métal rouillé", affirme Luong Thi Ngoc.
 
La superficie destinée au séchage du poisson varie entre 20 et 200 m2 pour chaque famille qui se lance dans ce métier à Dô Son.

Actuellement, environ 60 familles participent à la production et au commerce du maquereau exposé au soleil à Dô Son. La superficie destinée à la transformation et au séchage varie entre 20 et 200 m2 pour chaque foyer. La production totale est estimée à environ 500 tonnes par an pour une recette totale de quelque 100 milliards de dôngs. Le tourisme et les prestations de services jouent un rôle important dans la structure économique de Dô Son. Par conséquent, la production et la transformation du maquereau séché au soleil sont des activités économiques clés, contribuant à soutenir le tourisme et la pêche.

Un label collectif protégé

En septembre 2015, le Département de la propriété intellectuelle du Vietnam a approuvé la création du label collectif "produits de maquereaux séchés - Spécialité de Dô Son-Hai Phong". 

Il s'agit d'un pas important pour l’implantation de ces produits sur le marché. Grâce à ce label, ces spécialités gagnent leurs lettres de noblesse auprès des visiteurs et des consommateurs. Ils sauront que lors de leur séjour à Dô Son, ils pourront se délecter de maquereaux pendant leurs repas et en ramener en cadeau-souvenir pour leur famille. 

Un atelier sur la propriété intellectuelle à destination de l’Association des paysans de l’arrondissement de Dô Son. 


Pour soutenir le développement de ladite marque collective, le Comité populaire de l’arrondissement de Dô Son a invité le Centre de recherche et de développement des systèmes agricoles, relevant de l’Académie d’agriculture du Vietnam, à mener des démarches scientifiques concernant la gestion, l’exploitation et le développement de ladite marque.

"Constituer et développer des marques commerciales pour les produits agricoles se pose comme un impératif pour le Vietnam. Pour un développement durable des produits agricoles, il est nécessaire que les agriculteurs se dotent des connaissances de base en la matière. Notre centre a organisé de nombreuses formations concernant la gestion des produits, le marketing", confie Bùi Kim Dông, expert dudit Centre. Et d’ajouter qu’à Hai Phong, "nous travaillons en étroite collaboration avec le Service des sciences et de la technologie de la ville, une unité qui se charge de la gestion des produits de propriété intellectuelle, le Bureau de l’économie, une unité qui est chargée de développer le marché et la gestion de qualité des produits et l’Association des paysans de Dô Son qui est propriétaire de ladite marque".


Dans le cadre de ce projet, le centre a organisé des formations sur la propriété intellectuelle à destination de l’Association des paysans de l’arrondissement de Dô Son, propriétaire de la marque susdite. Lors de ces ateliers, les membres de l’Association paysanne ont bénéficié d’une remise à niveau sur les connaissances essentielles que sont l’édification, la gestion et le développement de marques commerciales. 

Des difficultés à résoudre

Les participants ont également exprimé lors des cours leurs souhaits de voir la marque bien gérée et leurs produits valorisés sur le marché. En réalité, la gestion du label n’est pas une tâche aisée puisque l’on trouve encore sur le marché des produits de contrefaçon. "Les compétences que nous avons acquises sont très utiles. Grâce à ces formations, nous avons plus d'expériences. Nous espérons que dans l’avenir, d’autres cours de ce type s’organisent afin de nous permettre de bien acquérir les connaissances indispensables concernant la protection et le développement des marques commerciales dans le contexte actuel d’intégration économique", dit Luu Thi Tuyêt, propriétaire d’un établissement de transformation dans le quartier de Hai Son, Dô Son. 

Pour bien conserver, chaque produit doit être vidé. 


Selon Hoàng Dinh Dung, chef du Bureau de l’économie de l’arrondissement de Dô Son, disposer d’une marque, c’est difficile, mais la valoriser est d’autant plus difficile. "Dô Son est très fier d’avoir les produits de maquereau exposés au soleil qui sont connus des gens à l’intérieur et à l’extérieur de Hai Phong. Le maquereau ici est délicieux mais aussi nutritif. Une question qui se pose à l’heure actuelle, c’est comment valoriser la marque pour en étendre la production", souligne-t-il. 

En ce qui concerne la taille de la production globale, le maquereau est transformé et séché par les familles et il y a donc des moments faits de hauts et de bas, selon la quantité de poissons pêchés, les résultats de la pêche n’étant pas stables… Si les  producteurs manquent d’argent, ils ne sont pas en mesure d’acheter du poisson de pour le stocker. "Le manque de moyens de conservation s’avère important. Ainsi, pendant les périodes de pointe comme le Têt, la saison touristique, beaucoup de fois les habitants de Dô Son ne fournissent pas suffisamment de produits finis", ajoute Hoàng Dinh Dung.

Cette opinion est partagée par les transformateurs et commerçants. "Pour notre établissement, la difficulté la plus importante réside dans la conservation. Pour y remédier, nous avons installé des entrepôts de congélation et chaque produit doit être vidé", dit Luong Thi Ngoc, propriétaire de l’établissement Ngoc Vinh.

Les consommateurs se sont progressivement habitués aux produits de maquereau séché au soleil de Dô Son labellisés.

Actuellement, tous les produits de maquereau séché au soleil de Dô Son sont toujours étiquetés. Cela contribue à renforcer la confiance des acheteurs, leur permettant d’éviter d'acheter des mauvais produits. 

Les consommateurs se sont progressivement habitués aux produits labellisés et les utilisent au quotidien.  Afin que les clients les consomment davantage, la visibilité de la marque est indispensable. Le développement et la promotion de la marque de ces produits auprès des consommateurs contribueront à élargir le marché de l'approvisionnement, à créer des emplois stables ainsi qu’à soutenir un métier traditionnel. 


Texte et photos : Phuong Mai/CVN

  


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