12/12/2020 08:13
Le Vietnam est l’une des plus grandes nations sportives en Asie du Sud-Est. Cependant, la détection et la formation des jeunes talents reste malgré tout encore défaillante et nécessite un nouvel élan.
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La formation des jeunes talents est devenue une priorité pour le secteur sportif.
Photo : CTV/CVN

Bien que les instances sportives nationales aient affirmé à plusieurs reprises l’importance de la formation des sportifs, il apparaît de plus en plus difficile pour les centres d’entraînement d’attirer, de recruter et de fidéliser les jeunes talents.

L’entraîneur en chef de la sélection nationale de football, le Sud-Coréen Park Hang-seo, se préoccupe déjà de ne pas avoir encore trouvé les nouvelles pépites du football vietnamien, ceux qui succéderont à Công Phuong, Quang Hai et Van Toàn dans l’équipe des moins de 23 ans (U23) et la sélection nationale.

Les causes sont multiples mais la raison principale réside dans le manque de coordination entre les clubs ou les centres de formation, chacun suivant sa voie en espérant trouver la formule magique.

Alors que les clubs comme Sông Lam Nghê An, Hanoï, Nam Dinh, Dông Thap, Long An se basent principalement sur des méthodes traditionnelles, les centres privés comme PVF, HAGL, Nutifood et Juventus, quant à eux, suivent des modèles plus modernes, soutenus par de riches investisseurs. Malgré tout, à la sortie de ces centres, la qualité des apprentis footballeurs n’est pas encore égale et ne permet pas toujours d’envisager une carrière professionnelle. Dès lors, bien que le nombre de centres et d’instituts de formation augmente rapidement dans le pays, trop peu de jeunes arrivent à évoluer au très haut niveau. Công Phuong, Xuân Truong, Van Toàn, Van Thanh (Hoàng Anh Gia Lai FC), Duy Manh, Quang Hai, Van Hâu (Hanoï FC), Van Duc, Xuân Manh (Sông Lam Nghê An FC) font ainsi partie de la liste des exceptions du football vietnamien, se distinguant le plus sur le terrain.

Quid du foot en salle ?

À l’heure actuelle, le club Thái Son Nam possède deux équipes U15 et U18.
Photo : ST/CVN

Concernant le futsal (foot en salle), les centres de formation de Thái Son Nam sont les plus réputés. Grâce à une vision stratégique et aux ressources financières abondantes, ce club est parvenu à créer un réseau de formation aux quatre coins du pays.

Selon le capitaine Trân Van Vu, de l’équipe N°1 Thai Son Nam, un modèle de formation efficace et structuré en faveur des jeunes a permis au club de briller à l’échelle nationale et régionale.

Il y a 12 ans, le président du club, Trân Anh Tú, et ses collègues se sont lancés dans la formation des jeunes. Trân Anh Tú n’a pas hésité à dépenser beaucoup d’argent pour inviter au Vietnam des experts et entraîneurs venant des pays les plus aguerris dans la discipline du futsal, notamment l’Italie ou l’Espagne. Il a ensuite multiplié son modèle dans tout le pays.

À l’heure actuelle, le club Thái Son Nam possède deux équipes U15 et U18, chacune ayant environ 20 joueurs. Ces derniers bénéficient donc d’un environnement hautement professionnel avec des infrastructures et équipements modernes.

Les joueurs nationaux Truong Quôc Tuân, Trân Hoàng Vinh, Pham Minh Giang, Huynh Tân Quôc, Nguyên Bao Quân... ont eu la chance de suivre un programme de formation calqué sur celui des clubs étrangers huppés. Une fois leur carrière de footballeur professionnel terminée, ils pourront se tourner vers le coaching.

Chaque année, le club Thái Son Nam recrutent des jeunes footballeurs en suivant des critères de sélection très rigoureux. Afin de pouvoir détecter les véritables talents, les entraîneurs se rendent même dans des localités reculées à la recherche de "diamants bruts".

Nombre de joueurs formés à Thái Son Nam sont prêtés à d’autres clubs comme Sahako, Tân Hiêp Hung, Hoàng Thu Dà Nang… Cela les aide à accumuler plus d’expériences tout en offrant des débouchés.

Formation des athlètes à l’ère 4.0

L’athlétisme est une "mine d’or" pour le Vietnam, du moins sur l’arène du Sud-Est asiatique.
Photo : VNA/CVN

Concernant l’athlétisme, le coach Vu Ngoc Loi, mentor de la coureuse Nguyên Thi Huyên, championne en titre des SEA Games des épreuves de 400 m et de 400 m haies, estime que le niveau de performance des athlètes vietnamiens s’est récemment amélioré grâce à de meilleures méthodes d’entraînement, à l’application de nouvelles techniques et de nouveaux procédés technologiques et scientifiques durant l’entraînement, ainsi qu’à l’ajustement de l’alimentation en fonction des besoins du corps des sportifs.

"Pour des athlètes potentiels comme Nguyên Thi Huyên, parfois, l’entraînement à l’étranger ne leur apporte pas de résultats aussi efficaces que des formations locales", dit-il.

Selon lui, des méthodes d’entraînement adaptées et un régime alimentaire approprié suffisent à Huyên pour briller dans les compétitions en Asie du Sud-Est et en Asie. "Il est important que l’entraîneur comprenne bien les points forts de ses poulains. Il doit prévoir exactement le moment où ils démontreront leurs talents. Ainsi, l’entraîneur peut et doit aider les athlètes à gravir les échelons de la réussite", ajoute-t-il.

Actuellement, le matériel sportif disponible au Vietnam ne répond pas encore aux exigences des athlètes, même dans les Centres nationaux d’entraînement sportif des grandes villes comme Hanoï, Dà Nang (Centre), Hô Chi Minh-Ville ou Cân Tho (Sud). Mais des entraîneurs chevronnés comme Vu Ngoc Loi, Hô Thi Tu Tâm et Luu Van Hùng utilisent souvent des programmes originaux en appliquant des techniques et procédés scientifiques réservés au secteur sportif à l’ère 4.0.

"J’ai eu la chance de travailler avec les meilleurs experts allemands et mondiaux de l’athlétisme. Ce que j’ai appris reste bien sur confidentiel et seulement appliqué pour les cours réservés aux jeunes et aux athlètes de l’équipe nationale", partage la coach Hô Thi Tu Tâm.

En suivant ces méthodes, les athlètes spécialisés dans la distance moyenne comme Lê Van Duong, Nguyên Dinh Cuong, Duong Van Thái, Truong Thanh Hang, Dô Thi Thao, Vu Thi Ly ou Nguyên Thi Oanh se sont relayés avec succès au poste de N°1 d’Asie du Sud-Est.

Malgré tout, selon l’entraîneuse chevronnée, la synchronisation entre l’entraînement et la formation doit être assurée dans toutes les localités. Si les athlètes ont une bonne préparation physique et des compétences techniques, lorsqu’ils sont sélectionnés en équipe nationale, l’entraîneur ne devra normalement plus que les aider à exprimer pleinement leur potentiel.
 
Pham Thi Vuong Lu/CVN
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