30/07/2017 14:47
Pour les membres du Club des femmes vietnamiennes en Malaisie, la conservation de leur langue d’origine est très importante. Elles partagent le même vœu : aider les enfants Viêt kiêu (Vietnamiens résidant à l’étranger) à parler, à lire et à écrire couramment le vietnamien.
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Cette classe compte trois niveaux, selon la capacité des élèves à communiquer en vietnamien.
Photo : Quynh Duong/CVN

La présidente du Club des femmes vietnamiennes en Malaisie est Trân Thi Chang, une femme très dynamique qui se pose toujours la question suivante :
«Comment faire pour que les Malaisiens d’origine vietnamienne de la 2e ou 3e génération puissent lire, parler et écrire couramment le vietnamien ?». Grâce à elle ainsi qu’aux membres de ce club, une classe d’enseignement du vietnamien a vu le jour à la mi-octobre 2016, pour le plus grand bonheur des Viêt kiêu résidant dans ce pays d’Asie du Sud-Est.

«La classe comptait au départ 25 élèves, répartis en trois groupes selon leur niveau de communication orale en vietnamien», se souvient Trân Thi Chang. Les séances d’apprentissage sont animées par deux enseignantes diplômées de pédagogie en littérature et vietnamien, ainsi que sept assistantes d’enseignement - toutes des membres du Club des femmes vietnamiennes en Malaisie.

Faire rayonner le vietnamien

La classe s’est pourtant retrouvée confrontée à plusieurs difficultés. En tête, le manque d’outils didactiques. De plus, il était difficile de trouver un local adapté. «Nous nous sommes efforcées de surmonter ces obstacles, dans l’intérêt de la diaspora vietnamienne et de la jeune génération établie ici», explique Mme Chang.

L’idée lui est venue en 2012, suite à son retour au pays pour participer à une conférence des dirigeants des organisations des Vietnamiens résidant à l’étranger. Cette réunion lui a permis de rencontrer ces organisations et d’emmagasiner de l’expérience auprès d’elles. De retour en Malaisie, Mme Chang a lancé un appel aux dons pour créer le Comité de liaison des Vietnamiens en Malaisie en 2013. Occupant le poste de vice-présidente, elle est très active dans l’organisation des activités d’échange et d’amitié visant à resserrer la solidarité au sein de la diaspora. Elle est aussi un soutien précieux pour tout ce qui concerne les soins médicaux, les formalités juridiques, etc.

Des élèves et leurs parents lors de la cérémonie d’ouverture de la classe d’enseignement du vietnamien en Malaisie.
Photo : Hoàng Nhuong/CVN

Cependant, Mme Chang était très ennuyée par le fait que les enfants d’origine vietnamienne de la 2e ou 3e génération ne disposaient pas encore de classe d’apprentissage du vietnamien. Ainsi, chaque fois qu’elle avait l’occasion de retourner au pays pour participer à des activités destinées aux Viêt kiêu, elle cherchait à rencontrer les enseignants de vietnamien ayant déjà exercé à l’étranger afin de discuter avec eux. 

«Le nombre de +Viêt kiêu+ en Malaisie augmente de plus en plus. Et la plupart travaillent. C’est pourquoi, ils n’ont pas de temps pour enseigner le vietnamien à leurs enfants», estime Trân Thi Chang.

Selon ses dires, alors que le vietnamien sert de lien entre les Viêt kiêu nés à l’étranger et la culture, la tradition de leur pays d’origine, la préservation de la langue maternelle au sein de la communauté n’est pas encore reconnue à sa juste valeur.

Heureusement, beaucoup de gens de son club partageaient cet avis, ce qui a permis à la classe de voir le jour. Elle se déroule dans le salon de la maison de Trúc Linh, membre du Club des femmes vietnamiennes en Malaisie.

Un avenir inscrit en pointillés

«Ici, toutes les enseignantes et assistantes d’enseignement travaillent comme bénévoles», remarque Nguyên Thi Liên, enseignante de la classe. C’est une classe gratuite, mais cela ne signifie pas pour autant que les enseignantes ne s’intéressent pas à la question de l’amélioration de la qualité de l’enseignement afin de répondre aux besoins des enfants Viêt kiêu et de leur donner l’envie de comprendre la terre de leurs ancêtres. Leurs parents, quant à eux, sont aux anges en voyant le niveau de vietnamien de leurs enfants progresser nettement peu de temps après leur inscription.

Bien que cette initiative ait rapporté des résultats initiaux très encourageants, les membres du Club des femmes vietnamiennes en Malaisie sont soucieuses quant à l’avenir de cette classe. Car plein de défis se posent, dont la pénurie de documents didactiques. De plus, le salon de la maison de Trúc Linh ne suffira pas à accueillir un éventuel bond du nombre d’élèves.

Dans l’optique de multiplier ce type de classe en Malaisie, Mme Chang souhaite voir son club bénéficier de soutiens plus importants de la part de mécènes ainsi que d’organes vietnamiens. Le club coopèrera aussi avec d’autres établissements scolaires pour discuter des mesures afin d’améliorer la qualité de l’enseignement et de collecter des fonds.
 
Phuong Nga/CVN
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