24/02/2017 16:34
Les forces irakiennes ont pénétré jeudi 23 février dans l'aéroport désaffecté de Mossoul, pour la première fois depuis la prise par les jihadistes du groupe État islamique (EI) de la deuxième ville d'Irak en 2014.
>>Les forces irakiennes prêtes à l'assaut sur l'aéroport de Mossoul
>>Irak : les forces armées consolident leurs positions vers Mossoul

Les forces irakiennes lors d'une offensive pour reprendre à l'EI l'aéroport de Mossoul, le 23 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

Appuyées par des avions, des drones et des hélicoptères, elles ont déclenché l'assaut contre l'aéroport situé à la limite sud-ouest de la ville, sans rencontrer de forte résistance des jihadistes.

Cette avancée a été enregistrée au cinquième jour de la seconde phase de leur offensive, lancée dimanche 19 février, pour reprendre la partie occidentale de Mossoul après avoir chassé l'EI de l'est de son dernier grand fief en Irak.

"Nous sommes dans l'aéroport, en face du terminal. Nos troupes sont en train de le libérer", a annoncé Hicham Abdel Kazem, commandant d'un régiment des Forces d'intervention rapide (FIR).

À l'aide de pelleteuses, des équipes du génie nettoyaient le site, dont la piste d'atterrissage, très endommagée et recouverte de gravats. La plupart des bâtiments ont été détruits par des explosions.

Carte montrant l'avancée des forces irakiennes contre l'EI à Mossoul avec les points clés de la ville et les quartiers repris. Situation au 23 février à 12h00.
Photo : AFP/VNA/CVN

Cet aéroport est désaffecté depuis que l'EI a chassé l'armée de Mossoul et de sa région en juin 2014 lors de son offensive éclair qui lui avait ensuite permis de proclamer un "califat" à cheval sur l'Irak et la Syrie où le groupe ultraradical occupe de vastes régions.

"Les terroristes ont commencé à détruire les bâtiments après le début de l'opération" des forces irakiennes pour la reprise de Mossoul le 17 octobre, assure le général Abbas al-Joubouri.

Américains sur le front

Des hélicoptères d'attaque ont également ciblé une usine sucrière adjacente. "Ils visent de possibles voitures piégées de l'EI", explique un soldat alors qu'une grande fumée noire s'élève dans le ciel.

Au loin émergent les premiers immeubles dans le sud de Mossoul, prochaine étape des troupes irakiennes qui risquent alors d'affronter une résistance bien plus importante.

Les jihadistes contrôlent encore la partie occidentale, dont la vieille ville, où ils seraient quelque 2.000 selon des estimations du renseignement américain. Encerclés de tous les côtés, ils devraient vendre chèrement leur peau en menant notamment des attentats suicide, la hantise des soldats irakiens.

Les forces irakiennes à l'aéroport désaffecté de Mossoul, le 23 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'avancée des forces irakiennes est soutenue par des frappes aériennes de la coalition internationale dirigée par Washington et par des conseillers militaires américains présents sur la ligne de front.

Ces militaires américains ont "essuyé des tirs en différentes occasions" et "ont riposté dans et autour de Mossoul", a indiqué le colonel John Dorrian, porte-parole de la coalition.

Il n'a pas précisé si certains d'entre eux avaient été blessés, mais un responsable cité anonymement par CNN a indiqué que plusieurs soldats avaient été évacués.

Le commandement régional, qui coordonne l'opération, a également annoncé que les forces d'élite irakiennes du contre-terrorisme avaient pénétré sur la base militaire de Ghazlani, voisine de l'aéroport.

"Soyez patients"

Cette nouvelle avancée intervient un mois tout juste après la reprise de la partie orientale de la ville, où la sécurité reste précaire en raison de plusieurs attentats.

Les forces irakiennes avancent vers l'aéroport de Mossoul, le 23 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

Ces derniers jours, les forces irakiennes avaient consolidé leurs positions et repris plusieurs zones en avançant vers l'ouest de Mossoul, permettant à des centaines de civils de fuir leurs villages.

Alors que la bataille s'annonce comme l'une des plus meurtrières de la guerre anti-EI, l'ONU et les ONG s'inquiètent pour les quelque 750.000 habitants de Mossoul-Ouest, dont près de la moitié sont des enfants. Leurs conditions de vie sont de plus en plus difficiles dans cette zone désormais coupée de l'extérieur et privée d'approvisionnement. Mercredi soir 22 février, un avion de l'armée a largué des milliers de lettres écrites par des habitants de Mossoul-Est destinées aux civils bloqués sur la rive ouest.

"Soyez patients et aidez-vous les uns les autres. La fin de l'injustice est proche", peut-on lire sur l'une d'elles, signée "Des gens du côté est". "Restez chez vous et coopérez avec les forces de sécurité. Ce sont vos frères, venus pour vous libérer", conseille une autre.

Selon des sources médicales et des habitants de Mossoul-Ouest, les plus faibles commencent à mourir de malnutrition et du manque de médicaments. La perte de Mossoul représenterait un revers crucial pour l'EI, qui ne cesse de reculer en Irak comme en Syrie, où il a perdu jeudi le contrôle de la ville d'Al-Bab, dont les rebelles ont annoncé la reprise.

AFP/VNA/CVN



 
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
L’agriculture bio, une tendance inéluctable au Vietnam

Têt du Chien : plus de 18.000 visiteurs au mausolée de Hô Chi Minh De nombreux Vietnamiens et touristes étrangers ont rendu hommage au Président Hô Chi Minh en son mausolée à l'occasion du Têt du Chien 2018.