12/09/2020 23:01
Les footballeuses vietnamiennes sont reconnues pour leurs succès remarquables hors du pays. Elles sont titulaires de six médailles d’or des Jeux sportifs d’Asie du Sud-Est (SEA Games) et ont été trois fois championnes du Championnat de football féminin de l’Asie du Sud-Est (AFF). 
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L’or des médailles reste toutefois le seul auquel footballeuses vietnamiennes ont accès. Leur revenu reste toujours très loin derrière celui de leurs confrères masculins.

L'équipe nationale de football féminin du Vietnam ont remporté la médaille d'or aux 30es Jeux sportifs d'Asie du Sud-Est, en décembre 2019.
Photo : VNA/CVN

À l’apogée de leur carrière, la rémunération mensuelle des joueuses est très modeste : entre trois et cinq millions de dôngs, encore moins pendant leur retraire. En outre, ce sont toutes les structures du football féminin qui se confrontent généralement à des difficultés financières depuis plusieurs années.

Les équipes de Thai Nguyên et Son La, par exemple, ont récemment risqué de déposer le bilan avant d’être sauvées par le sponsor de dernière minute d’entreprises locales. Les sponsors permettent en effet aux clubs de football féminin de survivre. Les clubs Phong Phu Hà Nam, Vinacomin, Thai Son Bac et Watabe, des clubs majeurs dans le domaine, doivent leurs bonnes performances au soutien financier des entreprises.

Le football féminin vietnamien est très difficile à populariser en comparaison avec le football masculin et trouver des sponsors peut être un défi difficilement tenable. L'entraîneur d'une équipe de football féminin confie : "Lorsque nous avons demandé à certaines entreprises de nous sponsoriser, elles nous ont dit franchement qu’elles le feraient par compassion avec les joueuses. Gagnant un maigre salaire de 3,4 millions de dôngs par mois, les footballeuses doivent consacrer de l’énergie et du temps pour s'entraîner dans les conditions difficiles. Toutefois, les entreprises ne peuvent soutenir que modestement les joueuses, le parrainage à long terme s’avèrant en plus difficile".

Tandis que plusieurs joueurs peuvent faire fortune en devenant des stars sur les terrains et en-dehors (stars de publicités), les footballeuses ne peuvent en espérer autant. 

Se préparer à l’après-foot

 

Nguyên Thi Tuyêt Dung est titulaire du Ballon d’or du Vietnam à deux reprises (2014 et 2018). Photo : VNA/CVN


Pour préparer leur avenir, certaines footballeuses se sont inscrites à l’université afin de pouvoir continuer à travailler dans la même discipline. C’est le cas de Bùi Thi Hiên Luong actuellement employée au Département général des sports et de l’éducation physique ou des joueuses Thuy Nga, Bich Hanh qui ont rejoint la Fédération vietnamienne de football (VFF) après avoir quitté la pelouse. D’anciennes joueuses à succès comme Doàn Thi Kim Chi, Luu Ngoc Mai, Trân Thi Kim Hông ou Van Thi Thanh se sont, elles, converties en entraîneuses tandis que les joueurs Phùng Thi Minh Nguyêt et Hông Phuc sont satisfaites de leur nouvel emploi : enseignantes d'éducation physique.

Après les années glorieuses au club et à l'équipe nationale, de nombreuses joueuses se tournent vers le commerce ou même la gestion de bars karaoké. Certaines vendent des articles en ligne ou participent à des entraînements dans des centres de football communautaires. L'ancienne gardienne de but de l’équipe nationale, Dang Thi Kiêu Trinh, est commerçante de boissons depuis plus d’un an. Récemment elle a participé à la création de la chaîne de cafés baptisés Ông Bâu (le label créé par un groupe d’investisseurs également présidents de clubs de football).

Titulaire du Ballon d’or du Vietnam à deux reprises (2014 et 2018), Nguyên Thi Tuyêt Dung confie : "la carrière professionnelle d'une joueuse est très courte. Après avoir quitté la pelouse, elle peut suivre la carrière d'une entraîneuse, sinon elle doit se préparer pour avoir un emploi stable". Une fois quitté les stages et les séances d’entraînement, Tuyêt Dung est revenue aider ses parents dans les champs de sa terre natale. Pour elle, le football et le travail agricole ont la même importance et sont des moyens égaux de gagner sa vie. "J'ai 26 ans et je vois depuis mon enfance mes parents travailler péniblement dans des petits champs, notamment lors des récoltes. Mon papa gère également un atelier de rizerie pour les gens du village. L'image de mes parents travaillant dur toute une vie m'a fait de la peine et j'espère faire tout ce que je peux pour les aider à se sortir de la pauvreté", conclut-elle.

Récemment, Tuyêt Dung a construit une petite maison pour que ses parents ouvrent une superette. Une passe décisive pour ses parents qui la comble de satisfaction.

Xuân Lôc/CVN

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