18/06/2020 11:10
Les fonds européens promis pour aider à la relance de l'Italie après la pandémie de COVID-19 ne "sont pas un pactole", et seront "dépensés au mieux" comme un "investissement" pour la modernisation du pays, a assuré le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte.
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Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte lors d'une interview avec l'AFP, le 16 juin à Rome.
Photo : AFP/VNA/CVN

"C'est l'occasion pour nous de dessiner une Italie meilleure, de travailler à un projet d'investissements sérieux, complet, qui rende le pays plus moderne, plus vert, plus inclusif du point de vue social", a déclaré M. Conte. "Nous devons être prêts pour dépenser au mieux les fonds européens. (...) Ce n'est pas un pactole pour le gouvernement en exercice, c'est un investissement que nous devons faire en Italie et en Europe, pour nos enfants et nos petits-enfants", a-t-il plaidé. La Commission européenne a proposé fin mai un plan de relance post-coronavirus de 750 milliards d'euros, soit 500 milliards de subventions non remboursables et 250 milliards de prêts.

"Combler le fossé"

Sur cette somme, l'Italie, épicentre de la pandémie en Europe (près de 34.500 morts), devrait bénéficier de 172 milliards d'euros, alors que son économie, la troisième de la zone euro, est aujourd'hui à genoux. Pour cela, l'exécutif italien doit élaborer un plan très détaillé qui sera présenté en septembre à Bruxelles. Les grandes priorités en ont déjà été définies par le gouvernement Conte, qui a ouvert samedi des "états généraux" sur le sujet.

"Je veux rassurer mes concitoyens" sur l'arrivée effective de ces fonds, "le processus décisionnel est en cours", a expliqué M. Conte, qui a reçu l'AFP dans l'élégante Villa Pamphilij, bâtisse renaissance sur les hauteurs de Rome, où se tiennent ces "états généraux". Interrogé sur la bonne utilisation des fonds, et les risques de détournement, le chef du gouvernement s'est voulu rassurant : "nous sommes en train de réformer le pays, nous réalisons des réformes structurelles", notamment "pour accélérer les processus d'appel d'offres".

"Nous insèrerons un protocole encore plus sévère contre la mafia et la criminalité", a-t-il souligné. "L'Italie a eu un taux de croissance plus bas ces dernières années par rapport aux autres pays européens. C'est aujourd'hui l'occasion pour nous, avec ces ressources, de combler ce fossé", a-t-il estimé.

Soins sanitaires d'un porteur de COVID-19 à Rome, Italie.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Selon moi, la France a eu une vision optimale depuis le début", s'est-il félicité. "Le président Macron a eu immédiatement l'intuition de l'importance de l'enjeu : l'avenir du marché unique, l'avenir de l'Europe. Et donc nous avons partagé cette bataille depuis le début". "En Allemagne, par rapport aux positions initiales très rigides, il y a eu une amélioration", Berlin a "compris que cela ne lui conviendrait pas non plus d'avoir une Europe aussi divisée, fragmentée", a-t-il jugé.

La douleur des morts

Frappé de plein fouet par l'épidémie, l'Italie fut le premier pays, hors la Chine, a décrété un confinement total le 9 mars. "Le souvenir le plus douloureux, ce sont sûrement les premiers décès et le nombre élevé de victimes", a confié le Premier ministre, dont les larmes en direct à la télévision, quand le bilan des décès explosait début avril, avaient ému les Italiens.

"Le COVID-19 a frappé les plus vulnérables, les plus anciens. Il s'agissait de nos parents, ceux qui ont reconstruit le pays au lendemain de la guerre, ceux qui ont réalisé le miracle économique des années 1960, ceux qui ont permis de construire ce +Made in Italy+ apprécié à travers la monde". Entendu vendredi par une procureure qui enquête sur la gestion de l'épidémie en Lombardie (Nord), M. Conte a répété "assumer la responsabilité de toutes les actions engagées", comme à "répondre de toutes nos actions en pleine transparence".

"J'ai été entendu comme une personne informée sur les faits, non comme si j'étais placé sous enquête", a-t-il rappelé. Sur la réapparition du virus à Pékin ou une possible deuxième vague, "ce sont des situations qui doivent être surveillées", tout en "restant flexibles", alors que l'Italie est aujourd'hui "en mesure de contrôler la courbe épidémiologique sur des zones bien précises du territoire".

"Je suis très confiant sur le fait que le pays pourra supporter une éventuelle deuxième vague sans devoir arriver à des mesures aussi radicales que celles adoptées par le passé", a-t-il affirmé. Président du Conseil depuis juin 2018, à la tête d'une coalition d'abord avec l'extrême-droite, et aujourd'hui de centre-gauche, M. Conte, 55 ans, professeur de droit encore inconnu il y deux ans, proche du mouvement antisystème 5 étoiles (M5S), est sorti renforcer de la crise du virus. Il est actuellement l'une des personnalités politiques les plus appréciées en Italie, selon les sondages.

"Les sondages, je ne les lis pas, (...) cela ne m'intéresse pas du tout", avance-t-il, disant vouloir "aller au terme de sa charge", soit jusqu'en 2023, "en rendant l'Italie plus moderne, plus inclusive, plus verte".

AFP/VNA/CVN

 

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