11/01/2020 08:39
À la vue des tò he, ces figurines en pâte de riz gluant, les yeux des enfants brillent de curiosité et même d’émerveillement. Les adultes, quant à eux, s’amusent de ce jouet traditionnel qui leur rappelle leur enfance.
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Dang Van Hâu a été reconnu artisan de "tò he" en 2014.
Photo : Lan Lôc/VNA/CVN

Au milieu du tumulte multicolore des jouets clinquants et étincelants de la rue Hàng Ma (réputée pour ses boutiques de joujoux en tout genre) à Hanoï, un jeune homme concentré s’attèle à la confection de petites figurines colorées en pâte de riz gluant. Cochons, poulets, buffles, bœufs, boucs et autres chiens prennent forme sous ses mains habiles.

Une fois qu’une statuette est finie, les "petits spectateurs", tous aussi amusés qu’impressionnés, expriment en chœur avec des "oh" et des "ah" leur admiration. Les animaux domestiques comme chat ou chien, ou sauvages tels que tigre ou lion, notamment, possèdent chacun leur propre caractéristique et posture.

Bich Ngoc, une fillette de 6 ans, visite le Vieux quartier avec sa mère ce jour-là. En voyant ces petites figurines colorées, elle ne peut cacher sa curiosité. Après les avoir longuement contemplés, elle observe de manière attentive le travail du jeune artisan. À la fin de sa visite, sa mère lui achète un sac rempli de figurines dont elle raffole désormais.

Les enfants ne sont pas les seuls à s’intéresser de près à ce type de statuette. Les adultes, eux aussi, s’en amusent, mais pour des raisons différentes. "De voir ces figurines en pâte, cela me rappelle mon enfance. À l’occasion du Nouvel An lunaire ou de fêtes, ma mère nous en achetait souvent. Cela doit bien faire plusieurs dizaines d’années que je n’en ai pas vues… !", partage Nguyên Thi Mai, septuagénaire, domiciliée dans l’arrondissement de Hoàng Mai, à Hanoï.

Restauration et préservation

Cochons, poulets, buffles, bœufs... prennent forme sous ses mains habiles.
Photo : Lan Lôc/VNA/CVN

Le propriétaire du stand, Dang Van Hâu (commune de Xuân La, district de Phu Xuyên), informe que ces petites statuettes étaient autrefois très populaires à Hanoï et dans les provinces septentrionales, mais que malheureusement au fil du temps, le nombre d’artisans a diminué de manière considérable. Dang Van Hâu a été reconnu artisan de tò he en 2014 par le Comité populaire et le Service de l’industrie et du commerce de Hanoï.

Depuis quelques années, le chercheur en culture Trinh Bach, un Vietnamien résidant à l’étranger et grand fervent de la culture traditionnelle, cherche à ressusciter ce jouet. Il a ainsi invité Dang Van Hâu à participer à son projet spécial de "réintégration" desdites figurines.

"Avant les années 1960, particulièrement à l’occasion de la fête de la mi-automne, les figurines en pâte de riz gluant étaient vendues partout à Hanoï et dans les autres localités du Nord du pays. Considérées comme l’un des symboles de la culture nationale, elles occupent une place spéciale dans le cœur des enfants mais aussi des adultes", fait part le chercheur Trinh Bach.

Afin de rétablir le statut de jouet populaire de ces figurines en pâte, Trinh Bach a ainsi contacté la très talentueuse artisane Pham Nguyêt Anh (habitant actuellement la rue Trung Hoà), pour lui demander d’enseigner les fils du métier à Dang Van Hâu. Ainsi, peu à peu, ces anciennes figurines en pâte ont doucement commencé à refaire surface ici et là dans la capitale. Depuis, les Hanoïens peuvent voir et acheter ces animaux miniatures, tant réels que légendaires. De plus, afin que les produits soient plus durables, une initiative a germé dans la tête du jeune artisan, consistant à mélanger la pâte avec une sorte de colle qui permet aux couleurs de tenir plus longtemps et qui empêche le développement des moisissures.

Les figurines en pâte se sont officiellement implantées dans le Vieux quartier de Hanoï en 2018. Hormis la fabrication de ce jouet traditionnel, Dang Van Hâu donne également des cours de confection de statuettes à destination des enfants de sa commune, dans le but de sauvegarder cet artisanat des vicissitudes du temps.

Mai Quynh/CVN
 
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