20/10/2018 08:35
De Paris à Hanoï, j’ai voyagé à vélo, en train, en bus, à moto. J’ai conservé les pieds sur terre, le regard ouvert sur les gens, sur la vie.
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Le sourire des femmes éclaire leur visage.

J’aime les femmes pour ce qu’elles sont et pour ce qu’elles font. Un proverbe anglais dit: "Les hommes font les maisons mais les femmes font les foyers". Cet adage est purement lié à la civilisation occidentale. Dans les autres, elles font les deux.

De Paris à Hanoï, j’ai traversé l’Occident, le monde orthodoxe, puis le confucianisme. Dans chacune de ces civilisations, la place de la femme est différente.

De Paris à Hanoï, j’ai erré dans les rues, marchés, chemins et gares.

À Paris, j’ai souri aux belles Parisiennes, sophistiquées, intelligentes, qui sont fières de leur féminité.

En Russie, je m’interrogeais sur la force de caractère des femmes russes qui leur fait tenir tête à des hommes bien plus costauds qu’elles et souvent alcoolisés?

En Mongolie, j’ai été émerveillé de la dextérité de ces petites femmes qui, d’un bras, allaitent un gras nourrisson et, de l’autre, traient chèvres et juments.

Les femmes aperçues du coin de l’œil

Les femmes sont les fourmis ouvrières de la société.

Enfin, au Vietnam, j’ai contemplé ces femmes que l’on voit mais que l’on ne regarde pas, ces femmes aperçues du coin de l’œil, toujours du coin de l’œil, mais que la rétine n’imprime pas. J’ai admiré ces femmes sans image.

Et pourtant, elles sont les fourmis ouvrières de la société. Une fois qu’on en prend conscience, enfin, on les voit partout, toujours œuvrant à une activité laborieuse.

On les voit courbées sous le poids de leur marchandise transportée sur une frêle mais ferme épaule.

On les croise poussant un vélo qui a plus l’aspect d’une charrette.

On voit leurs muscles se tendre sur un chantier à porter des briques, à tirer sur des treuils.

Elles portent, poussent, construisent, nettoient, creusent, sèment et récoltent... Pas un ouvrage où leur sueur n’a coulé. Et pourtant, on ne les remarque pas.

Elles avancent masquées. Sur leur tête, un couvre-chef traditionnel en feuilles de latanier leur mange la figure jusqu’aux yeux. Le reste du visage est caché sous un masque ou un foulard pour les protéger de la pollution ou de la poussière selon qu’elle travaille à la ville ou à la campagne.

Ces femmes, dans leur ouvrage et leur labeur, ont perdu jusqu’à leur visage.

Restent leurs yeux que l’on peut parfois apercevoir dans un mouvement de tête. Ce regard souvent fuyant comme si elles rejetaient cette société qui a dérobé leur visage.

Quand ce regard est soutenu, il apparait dur et précieux, noble aussi. Elles ont à faire, certainement des bouches à nourrir, des vies à soutenir. On y lit les efforts, et la fierté de leurs forces.

Je ne sais pas vraiment leur place dans la société vietnamienne mais à chaque fois, je ressens un profond respect pour ces femmes.

J’espère qu’une fois leur journée de travail finie, une fois leur masque enlevé, une fois leur tête libérée, leur sourire éclaire leur visage et leurs yeux éclairent le regard aimant de ceux pour qui, le jour, elles perdent leur visage et leur image.

De Paris à Hanoï, j’ai découvert les femmes. À Hanoï, je les ai admirées.

Texte et photos: Rodrigue Leclech/CVN

 
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