16/04/2021 17:15
Le mini boom économique tant attendu après une année marquée par le COVID-19, a commencé aux États-Unis, où près d'un quart de la population est désormais vaccinée, et les prix ont également commencé à grimper.

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Shopping dans le centre historique de Charleston (Caroline du Sud) le 4 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN


La situation américaine contraste avec celle des pays de la zone euro où la troisième vague de Covid freine la reprise.

Ainsi, alors que les 
États-Unis ont annoncé jeudi 15 avril des ventes au détail en hausse vertigineuse pour mars (+9,8%), l'Allemagne a dévoilé une prévision de croissance 2021 en baisse.

Le Fonds monétaire international a lui-même indiqué cette semaine que la première économie mondiale allait faire la course en tête cette année grâce à une campagne de vaccination accélérée.

Les Américains ont beaucoup consommé le mois dernier : vêtements, articles de sport, de musique, livres, voitures, mais aussi alimentation et boissons. Ce qui va soutenir la croissance. "Le boom de la consommation ne fait que commencer", ont prédit Gregory Daco et Lydia Boussour, économistes pour Oxford Economics.

Les Américains sont en effet désormais moins réticents à aller dans les magasins ou dîner au restaurant, et de plus en plus d'
États du pays ont assoupli leurs restrictions.

Et après une année sans vacances ni bars, leurs économies étaient au plus haut, et les chèques versés par le gouvernement à un grand nombre de ménages sont venus grossir encore leurs tirelires.

"Avec en mains de nouveaux chèques de relance, les consommateurs ont profité du temps plus chaud et des vaccinations en hausse pour faire des folies chez les concessionnaires automobiles, dans les centres commerciaux, les restaurants et les magasins d'ameublement et décoration", détaillent M. Daco et Mme Boussour.

Intentions d'embauches au plus haut 

En conséquence, les inscriptions au chômage sont tombées, début avril, à leur niveau le plus bas depuis le début de la crise.

La semaine passée, 576.000 personnes ont fait une nouvelle demande d'allocation, contre 769.000 la semaine précédente, selon les données publiées jeudi par le département du Travail. Cela reste toutefois plus du double des niveaux habituels d'avant l'épidémie.

Le nombre total de personnes bénéficiant, tous programmes confondus, d'une aide face à la perte d'emploi ou de salaire, a également fortement diminué, et ils étaient 16,9 millions fin mars.

Le nombre de chômeurs devrait continuer à reculer dans les prochains mois, à mesure que l'économie continuera à se redresser.

 

"On embauche", le 2 avril à Larkspur (Californie). Photo : AFP/VNA/CVN


Dans la région de New York par exemple, les intentions d'embauches dans l'industrie manufacturière ont grimpé en avril à un niveau jamais vu auparavant, avec près de la moitié des entreprises interrogées qui pensent faire croître leurs effectifs dans les mois à venir, selon les données de la Fed publiées jeudi 15 avril.

L'activité manufacturière de cette région a d'ailleurs fortement augmenté en avril, pour atteindre un plus haut depuis plusieurs années, a souligné l'antenne locale de la Banque centrale. Idem dans la région de Philadelphie, où elle a atteint un plus haut en 50 ans, a indiqué jeudi 15 avril la Fed.

Embouteillages 

"L'activité a continué à croître dans ces deux régions, à une vitesse plus élevée. L'industrie manufacturière se rapproche de ses niveaux pré-pandémiques, tirée par la forte demande en biens, malgré des effets de goulets dans la chaîne d'approvisionnement", souligne Rubeela Farooqi, économiste pour HFE.

Les fournisseurs peinent en effet, au niveau mondial, à répondre à la forte demande, qui provoque un embouteillage dans les usines et les ports. Cela fait grimper les prix des pièces détachées et matières premières, et cette hausse commence à se répercuter sur les consommateurs.

Ainsi, dans la région de New York, les prix payés par les industriels à leurs fournisseurs, sont à leur plus haut niveau depuis 2008, tandis que les délais de livraison sont les plus longs jamais enregistrés.

L'inflation a été visible en mars et, sur un an, elle s'est accélérée, à 2,6%, son rythme le plus rapide depuis l'automne 2018, selon l'indice CPI publié mardi 13 avril. Mais les économistes, notamment ceux de la Fed, du FMI, ou de la Maison Blanche, s'accordent à dire que cette hausse sera temporaire.

AFP/VNA/CVN

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