31/05/2015 17:13
Un chiffre, un seul chiffre : 36.000 milliards de dôngs chaque année pour les achats de lingerie fine. C’est l’estimation effectuée par des entreprises vietnamiennes qui s’efforcent actuellement de promouvoir leurs collections pour conserver la maîtrise de ce marché. Enquête à Hô Chi Minh-Ville.
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Il n’y a encore pas si longtemps, les supermarchés et autres marchés traditionnels ne mettaient en vente que des sous-vêtements de marques étrangères. Aujourd’hui, ce temps est révolu et plusieurs produits nationaux sont disponibles en rayons lingerie. 

Chez Big C, outre les étagères de sous-vêtements multimarques, apparaissent également des stands spécifiques ciblés pour une seule marque. Les dessous masculins se vendent entre 50.000 et 300.000 dôngs, alors que les soutiens-gorge sont affichés entre 125.000 et 300.000 dôngs, soit deux fois moins chers que ceux des marques étrangères.

Le magasin de lingerie de la société Son Viêt et sa marque Relax.

Une vendeuse du Big C du 10e arrondissement indique qu’auparavant, les soutiens-gorge étrangers étaient difficiles à vendre à cause de leur prix très élevé (entre 300.000 et un million de dôngs par pièce). Les chiffres d’affaires restaient faibles. Maintenant, depuis l’apparition des produits vietnamiens confortables et à prix abordables, le chiffre d’affaires de ce secteur particulier s’est envolé.

Au Co-op Mart de la rue Dinh Tiên Hoàng, le nombre de rayons réservés aux sous-vêtements est passé de un à trois, avec environ 30% des produits de conception et de fabrication vietnamiennes.

Hoa, vendeuse au marché Bà Chiêu, arrondissement de Binh Thanh, signale qu'il y a quatre ans, elle vendait majoritairement des produits chinois et que les produits vietnamiens étaient très rares. Mais ces deux dernières années, de nombreuses entreprises locales lui ont présenté efficacement leurs produits, qu’elle propose depuis à ses clients. «Après un temps d’adaptation, ma clientèle s’est trouvée satisfaite. J’ai pu passer plus de commandes et mon chiffre d’affaires a augmenté. Actuellement, les sous-vêtements de mon stand sont à 20% vietnamiens. Les 80% restants sont des produits étrangers», indique-t-elle.

De grandes entreprises nationales s’activent

Dans ce secteur, de nombreuses grandes entreprises vietnamienne du textile et de l’habillement élaborent et mettent en œuvre des plans pour conquérir une nouvelle clientèle.

La société An Phuoc développe sa gamme de vêtements pour officiers. Il y a deux ans, elle a racheté l’usine de lingerie SPATZ (France) à Nha Trang (province centrale de Khánh Hoà), afin de produire des marchandises pour le marché intérieur. «Nous avons beaucoup pesé le pour et le contre avant de faire ce rachat. Mais, c’était une bonne opportunité de pénétrer ce marché potentiel», informe la directrice générale d’An Phuoc, Nguyên Thi Diên.

Avec une main-d'œuvre qualifiée et de bonnes capacités de production, An Phuoc a rapidement développé ses chaînes de distribution de sous-vêtements à travers ses 83 boutiques An Phuoc - Pierre Cardin, ses neuf magasins Bonjour et plus d’une dizaine de nouveaux magasins installés dans les grandes villes du Vietnam.

Autre exemple avec Hà Xuân Anh qui, très tôt, a été une figure dans le domaine des sous-vêtements masculins. Directeur général de la société Son Viêt, fabricant de la marque Relax, il explique que la marque vietnamienne de lingerie se fait une place au soleil depuis ces cinq dernières années, surtout dans le moyen de gamme, un segment dominé par les produits chinois.

Les sous-vêtements de la société Anh Khoa.

Concernant les sous-vêtements masculins, trois ou quatre marques vietnamiennes sont  désormais privilégiées par les consommateurs. «Les produits de notre société se trouvent à 30% sur le marché intérieur. Ils sont aussi exportés vers la Thaïlande, le Myanmar et Singapour», ajoute Hà Xuân Anh. Chaque mois, la société Son Viêt écoule 400.000 produits sur ces marchés.

La lingerie, un pari d’avenir ?

Selon les calculs d’un propriétaire d'une entreprise de lingerie à Hô Chi Minh-Ville, le marché de la lingerie au Vietnam est très prometteur, avec une population de 90 millions de personnes, dont environ 60 millions obligés de s’approvisionner en sous-vêtements. Si une personne achète en moyenne six articles de lingerie par an avec un prix standard de 100.000 dôngs, la totalité du chiffre d'affaires du marché s’élèvera à 36.000 milliards de dôngs.

Actuellement, 60% du segment se situe vers le bon marché, 35% vers le milieu de gamme et 15% le haut de gamme. À noter ici que les entreprises vietnamiennes occupent seulement le segment de moyenne gamme. Les autres segments restent l’apanage des marques étrangères.

Bien que le marché renferme de nombreux potentiels, Hà Xuân Anh affirme que les entreprises vietnamiennes rencontrent encore des difficultés pour développer cette industrie. Par exemple, les défilés consacrés à la lingerie sont limités au Vietnam, empêchant les stylistes qualifiés de développer comme ils le souhaiteraient leurs productions. En outre, l’industrie auxiliaire pour la lingerie n’est pas encore identifiée. Ainsi, la plupart des entreprises doivent importer des matières premières de l'étranger avec, bien sûr, une incidence sur les prix, qui restent élevés.

En outre, Hà Xuân Anh estime également que lorsque le Vietnam validera l'accord de partenariat transpacifique (TPP), la compétition sera extrêmement difficile, avec une nouvelle concurrence en provenance notamment du Japon, de la Thaïlande, etc. En plus, les prix des produits baisseront. Un défi de plus pour les entreprises vietnamiennes. Dans ces conditions, en plus d’un plan de développement du marché de la lingerie efficace, les entreprises ont besoin du soutien de l'État, tant au point de vue financier qu’en termes de politiques d'investissement.

Texte et photos : Quang Châu/CVN




 
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