19/11/2017 17:00
Après neuf mois de cours à l’école, les vacances d’été sont la période de l’année la plus attendue des enfants. Pourtant, nombreux sont ceux qui, à cause des conditions financières de leur famille ne peuvent pas partir en voyage, contraints de rester à la maison pour aider leurs parents.
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Chu Thi Thanh
24 ans
Province de Nghê An
Au bord de la plage Cua Lo, dans la province de Nghê An (Centre). À chaque lever de soleil, Tuân, 14 ans, s’efforce de tirer les filets de pêche avec sa famille, en espérant qu’ils soient remplis avant de rentrer chez lui. Dès que l’école se finit, tous les soirs, Tuân suit les hommes de la famille pour aller pêcher en pleine mer. Deux hommes, les plus expérimentés, jettent les filets de pêche en naviguant au large. Tuân et les autres restent sur la plage pour les retirer.

Après cette tâche qui dure presque 2 heures, les poissons sont ramassés, stockés, et ensuite… rebelote. Les pêcheurs de la famille de Tuân retournent à la mer et redéposent les filets. Ces étapes se répètent trois fois par nuit avant le lever de soleil. Tuân ne se rappelle pas exactement quand il a commencé à aider ses parents. Mais selon lui, cela est tout à fait ordinaire pour les enfants du village. Il profite de ses vacances pour aider à améliorer le revenu de la famille.

Dans la province de Nghê An, le marché U à Dô Luong est un des plus grands marchés de bétails du Vietnam. Il a lieu six fois par mois, de 03h00 à 10h00 du matin. La grande quantité de bêtes nécessite un nombre considérable de gardiens qui sont pour la grande majorité des enfants.

Tuân (14 ans) tire les filets sur la plage Cua Lo, dans la province de Nghê An (Centre).

Cuong, 16 ans, est chargé de garder des troupeaux depuis quatre ans. Il informe que la plupart des gamins qui font ce travail viennent des familles plutôt défavorisées. Chaque jour, ils gagnent quelque 50.000 dôngs (environ 2 euros).

Leur mission consiste à garder les bêtes pendant la vente et à les emmener chez les acheteurs ou à les retourner chez les vendeurs s’il n’y a pas de client. La distance à parcourir diffère pour chaque course, et peut parfois aller jusqu’à une dizaine de kilomètres, mais la somme qu’ils reçoivent à la fin de la journée reste la même. Ce n’est pas un travail facile, il faut savoir contrôler les bêtes, surtout celles qui sont plus agressives que les autres. Parfois, il arrive même que les jeunes se blessent.

Le cercle vicieux de la pauvreté

Cuong (16 ans), avec quatre ans d’expériences, garde les troupeaux.

Bon nombre d’enfants qui exercent ce genre de métier ont abandonné l’école. Quand il n’y a pas de foire ou de marché, ils travaillent aux champs. C’est le cas de Huong. Si elle continuait ses études, elle serait en classe de première aujourd’hui. Elle a mis un terme à ses études au milieu de son année de seconde pour se consacrer à la garde du bétail. Elle raconte que le travail n’est pas régulier, les foires en général n’ont lieu que six fois par mois, les gardiens n’ont du travail que par intermittence. Ainsi, leur travail se réduit à nourrir les bovins et à nettoyer leurs étables. "Je n’aime pas aller à l’école, je préfère ce travail bien qu’il soit dur, car au moins, je peux gagner de l’argent pour aider mes parents", dit la jeune fille.

Chaque mois, Huong gagne en moyenne de 1,5 à 2 millions de dôngs (environ 60-80 euros), "un montant considérable" pour elle. Son futur, ses rêves ? "Je souhaite me marier une fois atteint l’âge légal, puis avoir des enfants, comme toutes les femmes de la région". Son métier dans l’avenir ? "Toujours gardienne de bétail et, pourquoi pas, propriétaire de mes propres champs".

Si Huong avait continué ses études, elle serait en classe de Première à l’heure actuelle.

Évidemment, la pauvreté est la cause principale du travail des enfants, mais le faible intérêt de l’entourage familial pour l’école explique aussi le destin de ces enfants. Tuân, Cuong, Huong mais aussi d’autres enfants ne reçoivent pas une éducation suffisante. Leur destin dans la vie est de travailler pour aider leurs parents à survivre.

Pour eux, l’éducation n’est pas une priorité. Savoir lire ne sert à rien si l’on ne sait pas comment gagner de l’argent. De plus en plus, l’école devient une image lointaine dans le souvenir de ces jeunes. Les situations des filles se mariant tôt et des garçons travaillant loin forment un cercle vicieux qui se traduit par la pauvreté et l’analphabétisme dans les régions rurales. Un avenir loin d’être brillant pour ces enfants et pour la société.

Texte et photos : Chu Thi Thanh/CVN









 

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