17/06/2021 00:10
Les écrevisses exposées à des antidépresseurs à cause d'eaux contaminées se comportent de façon plus "téméraire", en sortant plus vite de leur cachette et en passant plus de temps à chercher de la nourriture, selon une étude publiée mardi 15 juin.
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Image d'illustration d'une écrevisse en Allemagne en septembre 2019.
Photo : AFP/VNA/CVN

Ces travaux, publiés dans le journal Ecosphère, mettent en lumière les conséquences inattendues que les médicaments humains peuvent avoir sur l'environnement aquatique. "Notre étude est la première à étudier la façon dont les écrevisses répondent aux antidépresseurs à des niveaux représentatifs de ceux présents dans les cours d'eau et les étangs où elles vivent", détaille Alexander "AJ" Reisinger, de l'Université de Floride et l'un des principaux auteurs de l'étude.

Les antidépresseurs, directement rejetés dans les éviers ou présents sous forme de traces dans les urines, peuvent finir dans l'environnement, soit à cause de fosses septiques défectueuses ou de stations de traitement des eaux usées n'étant pas équipées pour les filtrer. Les autorités américaines recommandent de ne pas jeter des médicaments non utilisés dans les toilettes ou les éviers, et organisent des journées pour rendre ces produits.

"Parce qu'ils vivent dans l'eau, les animaux comme les écrevisses sont régulièrement exposés à de petites quantités de ces médicaments. Nous avons voulu savoir de quelle façon cela les affectait", explique le chercheur. Son équipe a examiné l'impact des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), qui agit en augmentant les niveaux de sérotonine, parfois appelée "hormone du bonheur". C'est ce qui est utilisé dans l'antidépresseur Prozac, par exemple.

Les chercheurs ont recréé dans un laboratoire l'environnement d'eau douce des crustacés. Certains ont été exposés à des niveaux d'antidépresseurs réalistes durant deux semaines, et d'autres non. Les écrevisses ont ensuite été placées face à un chemin en forme de Y, avec une petite entrée débouchant sur deux trajets différents. L'un envoyait des signaux signalant la présence de nourriture, l'autre d'une autre écrevisse.

Les crustacés ayant été exposés aux antidépresseurs sont sortis plus rapidement de leur abri, et ont passé plus de temps à chercher de la nourriture. Mais elles ont évité l'autre écrevisse, ce qui montre qu'elles ne cherchaient pas davantage la confrontation. Ce comportement pourrait les exposer à de plus grands risques face à leurs prédateurs, comme les anguilles ou les tortues, ou encore certains mammifères ou oiseaux.

"Pour mieux comprendre ce que cela pourrait provoquer dans nos cours d'eau et nos rivières ou pour la chaîne alimentaire, cela nécessiterait plus de travaux sur les interactions entre différents polluants", a dit Alexander "AJ" Reisinger.

 AFP/VNA/CVN



 
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