01/04/2019 11:36
Les députés britanniques tentent lundi 1er avril de trouver une alternative à l'accord de Brexit négocié par la Première ministre Theresa May, et pourraient faire pencher la balance pour un divorce "plus doux" avec l'Union européenne.
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Une réunion du Parlement britannique, le 29 mars à Londres.  
Photo: AFP/VNA/CVN

La semaine dernière, les parlementaires ont déjà tenté de prendre le contrôle du processus de Brexit, en examinant huit options. Si aucune n'a obtenu une majorité de votes, une des propositions les plus populaires était celle d'une union douanière avec l'UE. Une option à laquelle Theresa May s'oppose farouchement car Londres perdrait la possibilité de mener une politique commerciale autonome après le Brexit.

Lundi 1er avril, les députés voteront sur un nombre réduit d'options dans le but de dégager une majorité sur un projet et de trouver une solution à l'impasse actuelle. Le Royaume-Uni était censé quitter l'Union européenne (UE) vendredi 29 mars mais cette sortie a dû être repoussée, faute de soutien parlementaire à l'accord de retrait négocié par Theresa May avec l'UE.

Si les votes des députés n'ont qu'une valeur indicative, le ministre de la Justice David Gauke a déclaré dimanche 31 mars à la BBC qu'il ne serait pas "viable" pour le gouvernement d'ignorer la volonté des parlementaires.

À la tête d'un gouvernement divisé, Theresa May étudie la stratégie à suivre et devra présenter ses plans lors du prochain Sommet européen convoqué le 10 avril. "Je crains que nous n'atteignons les limites du processus dans cette Assemblée", a-t-elle déclaré vendredi 29 mars devant les députés, laissant planer la perspective d'élections législatives anticipées.

Mais, de telles élections pourraient s'avérer catastrophiques pour son Parti conservateur. Selon un sondage publié dimanche par le tabloïd The Mail on Sunday, le Labour, principal parti d'opposition, arriverait en tête, avec 41% des voix, dépassant de 5 points le Parti conservateur.

Le vice-président du Parti conservateur James Cleverly a déclaré dimanche 31 mars à Skynews que des élections anticipées ne "résoudraient rien".

Mais, l'opposition semble impatiente de voir chuter Theresa May, et la députée travailliste Emily Thornberry a laissé entendre dimanche 31 mars lors d'une interview à Sky que le Labour pourrait bientôt lancer une motion de défiance contre le gouvernement, espérant ainsi déclencher des élections anticipées.

La députée travailliste Emily Thornberry le 23 février à Broxtowe, au centre de l'Angleterre. Photo: AFP/VNA/CVN
La survie de Theresa May à Downing Street ne tient plus qu'à un fil après le rejet pour la troisième fois vendredi 29 mars de l'accord de retrait de l'UE qu'elle avait conclu avec Bruxelles en novembre à l'issue de longs mois de négociations.

Elle a toutefois convaincu davantage de députés que lors des votes précédents, signe, selon un porte-parole de Theresa May, que "nous nous dirigeons dans la bonne direction".

Rupture brutale ou Brexit "ordonné"

La dirigeante conservatrice pourrait, une quatrième fois, soumettre aux députés l'accord de retrait, qui est censé permettre au Royaume-Uni de quitter le giron de l'UE avec une période de transition jusqu'à fin 2020, afin d'éviter une rupture trop brutale.

Theresa May a assuré vendredi 29 mars qu'elle continuerait à "plaider en faveur d'un Brexit ordonné".

Elle a aussi souligné que l'option "par défaut" était celle d'un Brexit sans accord ("no deal") le 12 avril, redouté par les milieux économiques. À moins qu'elle ne demande un nouveau report, de plus longue durée, mais celui-ci doit être justifié et obligerait le Royaume-Uni à organiser des élections européennes fin mai.

Plusieurs dizaines de députés conservateurs, dont une dizaine de ministres, ont écrit à la cheffe de gouvernement pour exiger que le Royaume-Uni quitte l'UE rapidement.

Confirmant l'existence de cette lettre, le président du Parti conservateur Brandon Lewis a déclaré samedi qu'il fallait "faire tout ce que l'on peut pour quitter l'UE de manière ordonnée le plus rapidement possible", ajoutant que l'accord négocié par Theresa May était "la bonne façon de le faire".

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré dimanche soir que l'UE avait eu "beaucoup de patience" avec les Britanniques sur le dossier du Brexit mais que cette patience était en train de "s'épuiser".

"Je voudrais que d'ici quelques heures, quelques jours, la Grande-Bretagne arrive à un accord sur la marche à suivre", a dit Juncker, qui était l'invité d'une émission sur la chaîne publique de télévision italienne Rai 1.

Tandis que les pro-Brexit ont manifesté par milliers vendredi 29 mars à Londres, les europhiles, de leur côté, espèrent toujours que Londres fasse demi-tour. Une pétition réclamant que le Royaume-Uni reste dans l'UE a dépassé les 6 millions de signatures.

AFP/VNA/CVN

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