07/11/2018 14:39
Le président américain Donald Trump s'est félicité mercredi 7 novembre que son parti ait conservé et même renforcé sa majorité au Sénat, une "grande victoire" selon le dirigeant, malgré la reconquête de la Chambre des représentants par les démocrates.
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Deux ans après la victoire choc de l'homme d'affaires, propulsé à la Maison Blanche sans la moindre expérience politique ou diplomatique, les Américains n'ont pas généré la "vague" anti-Trump longtemps crainte au Parti républicain.

"Ai reçu tant de Félicitations de tant de personnes après notre Grande Victoire hier soir, y compris de pays étrangers (amis) qui m'attendaient au tournant, et espéraient, sur les Accords Commerciaux. Maintenant on peut tous retourner au travail et accomplir des choses!" a-t-il tweeté mercredi 7 novembre à l'aube.

Il a affirmé que ceux qui avaient travaillé avec lui s'en étaient "bien tirés". "Tout cela sous la pression de Médias Méchants et Hostiles". Le dirigeant a convoqué une conférence de presse à 11H30 (16H30 GMT) à la Maison Blanche.

Tous les résultats n'étaient pas encore connus, mais les démocrates devraient remporter 27 sièges supplémentaires à la chambre basse du Congrès - il leur en fallait 23 pour en reprendre le contrôle, perdu en 2010. De leur côté, les républicains ont renforcé leur courte majorité au Sénat d'au moins deux sièges, selon les médias américains.

Les Américains ont ainsi élu un 116e Congrès divisé, qui promet deux dernières années de mandat mouvementées au 45e président des États-Unis.

Les élections de mi-mandat sont traditionnellement délicates pour le président en place. Mais la perte de la Chambre, en dépit d'excellents indicateurs économiques, reste un revers pour l'ex-magnat de l'immobilier.

"Contre-pouvoir"

Après deux ans d'une présidence Trump qui a profondément divisé les Américains, les démocrates ont promis d'employer leur nouvelle majorité à la chambre basse, à partir de janvier 2019, pour servir de "contre-pouvoir".

Ilhan Omar, l'une des deux premières femmes musulmanes à être élue au Congrès, salue à ses partisans, le 6 novembre 2018 à Minneapolis, dans le Minnesota. Photo: AFP/VNA/CVN

En prenant le contrôle de la Chambre basse, les démocrates s'offrent la possibilité de lancer une procédure de destitution contre le président américain. L'état major démocrate a laissé entendre qu'il était réticent à déclencher cette option explosive, probablement vouée à l'échec dans un Sénat républicain qui aurait le dernier mot. Reste à voir si la jeune garde progressiste fraîchement élue tiendra les rangs.

Mais ils ont aussi semblé tendre la main à l'autre camp. Leur chef à la Chambre, Nancy Pelosi, a promis d'oeuvrer pour trouver "des solutions qui nous rassemblent, car nous en avons tous assez des divisions". L'opposition aura aussi les mains libres pour lancer des enquêtes parlementaires à tout-va, notamment sur les soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016 et Moscou.

Mais en conservant le contrôle du Sénat, les républicains gardent notamment la main sur les confirmations des nominations présidentielles à la Cour suprême. Les deux chambres devront s'accorder sur le budget, ce qui promet d'âpres batailles. Lui qui n'est jamais aussi convaincant que dans les combats, M. Trump pourrait trouver dans les luttes au Congrès un terreau fertile pour sa campagne de réélection en 2020.

Économie et immigration

La carte électorale sénatoriale jouait grandement, cette année, en faveur des républicains: le renouvellement par tiers concernait des États majoritairement conservateurs. Le nombre de votants n'est pas centralisé par une autorité électorale unique aux États-Unis, mais au Texas, à New York ou dans le Maryland, électeurs et scrutateurs interrogés par l'AFP semblaient surpris par l'affluence.

Jason Connolly Jared Polis, 43 ans et premier gouverneur ouvertement gay élu, s'adresse à ses soutiens à Denver, dans le Colorado, le 6 novembre 2018.
Photo: AFP/VNA/CVN

Nicky Davidson, étudiante en biologie, 20 ans, a voté républicain au nom de ses "croyances chrétiennes" notamment. Donald Trump "fait les choses différemment et c'est ce dont nous avons besoin", explique-t-elle. Le milliardaire, qui avait commencé sa campagne présidentielle en traitant les immigrés mexicains de "violeurs", a de nouveau opté cette année pour un message anxiogène sur l'immigration, n'hésitant pas à déployer des milliers de militaires à la frontière avec le Mexique.

Record de femmes

Électrique, secouée par la violence, cette campagne a aussi été marquée par un grand élan d'enthousiasme. Jamais autant de femmes, ni de femmes issues de minorités, n'ont été élues au Congrès, surtout du côté démocrate où la colère anti-Trump s'est cristallisée dans un nouveau souffle politique.

La démocrate du Kansas Sharice Davids, avocate férue d'arts martiaux, est devenue la première Amérindienne élue au Congrès en l'emportant sur des terres conservatrices. Ilhan Omar et Rashida Tlaib, respectivement du Minnesota et du Michigan, sont devenues les deux premières femmes de confession musulmane élues à la Chambre des représentants.

Grande première aussi dans le Colorado: le démocrate Jared Polis est devenu le premier gouverneur ouvertement gay d'un Etat américain.

Mais l'espoir démocrate Beto O'Rourke, qui avait reçu tardivement le soutien de la chanteuse Beyoncé, n'a pas réussi à créer la surprise au Texas. Le sénateur sortant Ted Cruz, auquel Donald Trump était venu prêter main forte, a été réélu à l'issue d'une course très serrée.

AFP/VNA/CVN
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