05/11/2019 09:14
Les démocrates du Congrès américain ont publié lundi 4 novembre la transcription d'auditions à huis clos de hauts responsables entendus dans le cadre de l'enquête visant à destituer Donald Trump, dont l'administration s'emploie à ralentir la procédure.

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Le président américain Donald Trump, le 2 novembre, devant la Maison Blanche. Photo : AFP/VNA/CVN


Dénonçant une "mascarade", voire une tentative de "coup d'État" selon les mots du président, la Maison Blanche refuse de coopérer avec les investigations de l'opposition.

Quatre hauts responsables américains ont, dans ce contexte, ignoré lundi 4 novembre leurs convocations pour témoigner.

Voyant derrière ces absences une tentative de faire "entrave" à la bonne marche du Congrès, les démocrates ont réaffirmé qu'elles pourraient étayer le dossier de mise en accusation ("impeachment" en anglais) contre le président.

Ils ont en parallèle publié les premiers des nombreux témoignages fleuves recueillis à huis clos depuis l'ouverture, le 24 septembre, d'une procédure explosive de destitution contre Donald Trump : ceux de l'ex-ambassadrice à Kiev, Marie Yovanovitch, et de Michael McKinley, conseiller du secrétaire d'
État Mike Pompeo jusqu'à sa démission début octobre.

Ces auditions démontrent "la perversion de la politique étrangère américaine par un canal clandestin de communication parallèle qui cherchait à promouvoir les intérêts personnels et politiques du président", ont affirmé les trois chefs démocrates des commissions de la Chambre des représentants menant l'enquête.

Selon eux, les témoignages dénotent également "les graves inquiétudes que ceci a provoqué à travers (les) institutions".

Lors d'un échange téléphonique avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky en juillet, Donald Trump avait demandé à ce dernier d'enquêter sur un de ses rivaux démocrates, Joe Biden, et son fils Hunter.

Convaincus de tenir, avec cette demande, la preuve d'un "abus de pouvoir", les démocrates se sont engagés sur la voie périlleuse d'une enquête pour "impeachment" à la Chambre, où ils sont majoritaires.

Lors de sa conversation avec son homologue ukrainien, dont un compte-rendu a été publié par la Maison Blanche, M. Trump avait critiqué Mme Yovanovitch alors qu'elle avait déjà été rappelée à Washington.

"Il va lui arriver des choses", avait-il déclaré.

Lors de son audition le 11 octobre, les enquêteurs parlementaires ont demandé à Mme Yovanovitch si elle s'était sentie menacée en lisant cette phrase. "Oui", a-t-elle répondu.

Interrogé à ce sujet, Donald Trump a affirmé lundi 4 novembre ne pas connaître l'ex-ambassadrice.

"Je ne la connais vraiment pas, mais si vous lisez la transcription (de l'appel), le président ukrainien n'était pas fan d'elle non plus", a-t-il déclaré à des journalistes.

Lors de l'appel téléphonique, le président américain avait bien mentionné son ex-émissaire : "L'ancienne ambassadrice des 
États-Unis, la femme, n'annonçait rien de bon", avait-il dit avant d'amener la conversation sur les Biden.
 

Adam Schiff, le chef démocrate de la commission du Renseignement qui enquête dans la procédure de destitution contre Donald Trump, le 4 novembre au Congrès américain. Photo : AFP/VNA/CVN


Dans sa réponse, M. Zelesnky avait déclaré : "C'était bien que vous ayez été le premier à me dire que c'était une mauvaise ambassadrice parce que je suis d'accord avec vous à 100%".

Coup d'accélérateur 

Le président américain a de nouveau affirmé lundi 4 novembre que cette conversation était irréprochable. "Il n'y a aucune raison d'appeler des témoins pour analyser mes mots et leur sens", a-t-il tweeté.

L'avocat de la Maison Blanche John Eisenberg, ainsi que trois autres responsables de l'exécutif, Robert Blair, Michael Ellis et Brian McCormack, ne se sont pas présentés pour témoigner lundi 4 novembre.

La procédure a pris une nouvelle ampleur avec l'approbation, le 31 octobre, d'une résolution autorisant des auditions publiques.

Celles-ci démarreront "bientôt", a indiqué lundi 4 novembre le chef de la commission du Renseignement, Adam Schiff.

En attendant, les démocrates vont publier d'autres témoignages très attendus, qui se sont aussi déroulés à huis clos. 
À commencer mardi 5 novembre par ceux de Kurt Volker, ex-envoyé spécial des États-Unis pour l'Ukraine, et de l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne Gordon Sondland.

Cette nouvelle phase publique marque un net coup d'accélérateur dans l'enquête en vue d'un possible vote à la Chambre.

Si la chambre basse votait sa mise en accusation, Donald Trump serait alors soumis à un procès au Sénat, où la majorité républicaine qui lui reste encore largement fidèle rend cependant improbable sa destitution.

AFP/VNA/CVN

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