15/04/2019 09:00
Les crédits à taux préférentiels sont un appui majeur pour les familles en situation de précarité. Depuis dix ans, ils aident les habitants du district de Tu Mo Rông, province de Kon Tum, à sortir de la pauvreté.
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A Diên Trung (droite) présente son jardin de ginseng de Ngoc Linh aux visiteurs.
Photo: BM/CVN

En se rendant à Tu Mo Rông, un district démuni de la province de Kon Tum (hauts plateaux du Centre), on peut mieux comprendre  pourquoi les habitants, d’ethnie Xê Dang  sont très reconnaissants envers les crédits à taux préférentiels octroyés par la Banque des politiques sociales.

Monter une start-up

Ngoc Lây est l’une des trois communes de Tu Mo Rông où le ginseng de Ngoc Linh (Panax vietnamensis) fait l’objet d’une indication géographique de la part du Comité populaire de la province de Kon Tum

“Il y a cinq ans, j’ai décidé de cultiver cette plante médicinale. Mes premiers prêts, d’un montant de 50 millions de dôngs, accordés par la Banque de politiques sociales, étaient réservés à la culture des jeunes plantes”, raconte A Diên Trung, 40 ans, secrétaire du Comité du Parti de la commune de Ngoc Lây et propriétaire d’un jardin de ginseng de Ngoc Linh. Avant d’ajouter: "Ces premiers crédits ont été déterminants pour la vie de ma famille".  Des carrés de ginseng sont dispersés sous un couvert forestier luxuriant (le ginseng ne vit qu’à l’ombre). Le jardin de A Diên Trung emploie 12 travailleurs, tous d’ethnie Xê Dang. Leur mission est de les garder contre les rongeurs et… les voleurs. "Un jour j’ai refusé de vendre un ginseng en fleurs de 5 ans pour un prix de 150 millions de dôngs. Mais  j’ai recueilli ensuite un fruit qui m’a donné 100 graines!", partage-t-il. 

La culture de ginseng est très complexe. Ce n’est qu’après 10 ans que les agriculteurs peuvent récolter les racines. Pour cette raison, ces dernières années, les habitants de Ngoc Lây se sont rabattus sur le "ginseng du pauvre", également connu sous le nom de Dang Shen (Codonopsis pilosula), dont le cycle de récolte est plus court.

Sortir de la pauvreté

Dans son jardin de ginseng, à côté du village de Mang Ru, la propriétaire, Mme Y Bo,  raconte: "En avril 2017, grâce aux encouragements des autorités de la commune, j’ai emprunté, pour la première fois, une somme de 40 millions de dôngs de la Banque des politiques sociales pour développer l’économie familiale".

"L’année dernière, le ginseng du pauvre m’a permis de gagner 10 millions de dôngs. Avec d’autres revenus provenant de l’élevage, j’ai reversé à la banque 15 millions. Cette année, je prévois de gagner 20 millions de dôngs et envisage d’élargir mon jardin", se réjouit-elle.

Questionnée sur ses besoins de prêts, elle avoue souhaiter en recevoir davantage. "La terre  forestière est disponible et  ma famille a plusieurs frères et sœurs qui travaillent ensemble. Mais on manque d’argent pour acheter des outils. J’ai aussi besoin d’une motopompe et de conduites d’eau. L’an passé, je devais aller très loin pour chercher de l’eau", explique Mme Y Bo.

Le ginseng permet aux habitants de Tu Mo Rông à sortir de la pauvreté.
Photo: Vuong Nguyên/VNA/CVN

Selon M. Binh, vice-président du Comité populaire de la commune de Ngoc Lây, actuellement, le solde débiteur de la commune s’élève à 10 milliards de dôngs avec 335 foyers emprunteurs, soit un montant maximum de 50 millions de dôngs chacun. "Les paysans souhaitent en bénéficier davantage, de l’ordre de 100 millions de dôngs chacun, pour  développer l’élevage et la culture de plantes médicinales", affirme M. Binh.

Vo Trung Manh, secrétaire adjoint du Comité du Parti du district, fait savoir que Tu Mo Rông, créé en juin 2005, est un district montagneux pauvre de Kon Tum. Situé dans le nord-est de la province, il dispose d’une superficie naturelle de 857,18 km² et compte 6.158 familles, avec 26.000 habitants, pour la plupart d’ethnies minoritaires. Fin 2018, le district comptait 3.219 familles pauvres, représentant 52% du total, soit une baisse de 6 points par rapport à 2017.

D’après lui, les habitants vivent essentiellement de la culture des plantes médicinales. Le revenu moyen par habitant est de 20 millions de dôngs par an. "En 2018, le nombre de foyers bénéficiaires des prêts de la Banque des politiques sociales a augmenté pour atteindre le chiffre de 6.000. Ces prêts sont les plus efficaces dans l’élevage et la culture des plantes médicinales", affirme le dirigeant du district.

Tu Mo Rông est l’un des 62 districts les plus pauvres du pays. Depuis un an, il fait peau neuve grâce à la culture du ginseng de Ngoc Linh et d’autres plantes médicinales. De nombreux foyers sont sortis de la pauvreté.

"Les prêts ont contribué à augmenter le cheptel bovin à 17.000 têtes, la superficie de caféier à 283 ha, à créer des emplois pour 324 travailleurs, à construire plus d’un millier d’ouvrages d’approvisionnement en eau", informe un responsable de la Banque des politiques sociales du district. Actuellement, cette dernière met en œuvre 15 programmes de crédit. Ces dix dernières années, elle a octroyé pour 601.400 millions de dôngs de prêts à 36.407 emprunteurs. Fin 2018, le solde créditeur atteignait 300.362 millions de dôngs, soit une hausse de 280.105 millions de dôngs en 10 ans.

Huong Linh/CVN
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