07/07/2017 15:36
Les constructeurs automobiles français se disent prêts à relever le défi de la fin des voitures diesel et essence en France d'ici à 2040, mais comptent sur l'État pour soutenir cette mutation, en aidant par exemple au déploiement de prises de recharge pour véhicules électriques.
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Embouteillage à Paris. Photo : AFP/VNA/CVN

"C'est très positif. Les constructeurs français sont déjà dans cette dynamique d'électrification" de leurs véhicules, assure le directeur de la communication du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), François Roudier. La voiture électrique à 20.000 euros, "on y arrive, mais c'est un sacré challenge technique", souligne-t-il.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a annoncé jeudi que plus aucune voiture diesel ou essence ne serait vendue en France d'ici 2040, un objectif "lourd", notamment pour les constructeurs. "Nos propres constructeurs (automobiles) ont dans leurs cartons de quoi alimenter et incarner cette promesse", a-t-il assuré.

Renault a récemment quasi doublé l'autonomie de sa Zoé, passant de 240 à 400 kilomètres. De son côté, PSA a promis que 80% de ses modèles seront disponibles en motorisation électrique à horizon 2023, et doit sortir, entre 2019 et 2021, 5 modèles électriques et 7 modèles hybrides.

La trajectoire fixée jusqu'à 2040 répond à la "notion d'investissement sur les chaînes de production des constructeurs, pour orienter leurs investissements", commente Marie Castelli, secrétaire générale de l'Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere-France).

"On a des besoins de visibilité. (...) C'est très important, pour investir ou désinvestir", ajoute Joël Pédessac, directeur général du Comité Français du Butane et du Propane (CFBP), organisation professionnelle de la filière des Gaz de pétrole liquéfiés (GPL). Cette annonce "est surtout un message à destination des industriels, pour leur dire +bougez-vous+", estime-t-il.

La barre des 100.000 véhicules électriques en circulation dans l'Hexagone a été passée cette année, alors qu'on n'en comptait que 980 en 2010. Côté GPL, le parc est de 200.000 véhicules.

16.000 points de recharge

Les professionnels du secteur insistent néanmoins sur la nécessité d'un soutien des pouvoirs publics au développement des infrastructures, et notamment au déploiement de bornes de recharge pour les véhicules électriques.

"Il faut qu'on ait la capacité de recharger un véhicule électrique ou hybride rechargeable aussi bien qu'un véhicule essence ou diesel", insiste François Roudier.

Pour les constructeurs, si la transition vers des véhicules propres "ne réussit pas, ça ne sera pas un problème technique chez nous, mais un problème dans le soutien à l'infrastructure. Les gens n'achèteront pas d'électrique parce qu'il n'est pas possible de le recharger".

La France compte près de 5.300 stations de recharge électriques ouvertes au public, soit près de 16.000 points de recharge. On compte également 62.000 points installés dans les sites des entreprises, et 44.000 chez les particuliers.

Nicolas Hulot a également proposé la création d'une prime, dont le montant n'a pas été précisé, pour aider les ménages modestes à acquérir des véhicules plus propres, neufs ou d'occasion, en mettant à la casse un véhicule diesel d'avant 1997 ou essence d'avant 2001.

Un "bon dispositif", selon Marie Castelli, qui estime toutefois que, "si on veut vraiment inciter à la reconversion du parc, le curseur est placé trop bas au niveau de l'âge des véhicules éligibles". Pour elle, il est indispensable que cette prime s'applique à l'achat d'un véhicule électrique d'occasion.

Les premières Renault Zoé (sorties en 2012) et Nissan Leaf (2011) commencent à être proposées en seconde main, au rythme de 500 unités par mois, un nombre qui a triplé en trois ans. L'Avere - France a relevé 4.000 transactions dans l'Hexagone l'année dernière, soit 0,07% des 5,6 millions de voitures d'occasion.

AFP/VNA/CVN


 
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