29/11/2020 15:57
Les clients seront-ils au rendez-vous? Partout en France, magasins de jouets, de prêt-à-porter ou de maroquinerie, libraires ou coiffeurs ont rouvert samedi 28 novembre, soulagés, et le gouvernement a décidé d'accroître les aides pour les entreprises contraintes de rester fermées.
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Un fleuriste pose à Paris le 27 novembre 2020 à la veille de la réouverture des commerces dits "non essentiels". Photo : AFP/VNA/CVN

Aux Galeries Lafayette à Paris, les portes se sont ouvertes à 10h00 tapantes, une rangée de salariés applaudissant les premiers clients, sous les caméras de nombreux journalistes. Parmi les clients, Alexandre est venu avec son fils pour une animation de Noël. "En se baladant avec un enfant dans le magasin, il y a de fortes chances qu'on achète quelque chose", explique ce Parisien.

Dans le centre-ville de Bordeaux, la foule a retrouvé le chemin de la rue Sainte-Catherine, considérée comme la plus longue rue commerçante piétonne d’Europe. Des files d’attente se sont formées devant des grandes enseignes dès l’ouverture. La longue ligne blanche peinte au sol pour séparer les flux de circulation n’était que peu respectée par les badauds, dont beaucoup de familles avec enfants et poussettes.

Samedi 28 novembre, le Premier ministre Jean Castex et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire se sont rendus à Reims pour rencontrer commerçants et artisans. À cette occasion, M. Le Maire a annoncé que le plafond d'indemnisation pour les entreprises restant fermées allait être porté à 200.000 euros par mois, contre 100.000 euros annoncés précédemment. Les restaurants ou les salles de sport sont notamment concernés.

Les collectivités sont bien conscientes de l'importance des commerces dans la vie locale. La métropole de Lyon, via une campagne de communication sur les réseaux sociaux, a invité les habitants "à ne pas rater ce moment attendu de la réouverture de leurs magasins".

"Du soulagement, évidemment"

Un magasin de vêtements ouvert le 28 novembre 2020 à Paris après un mois de fermeture des commerces non essentiels. Photo : AFP/VNA/CVN

"Pour nous, qu'il y ait du monde ou pas, on a juste le quotidien qui revient à la normale", se félicite Aurélie, 36 ans, manageuse dans les boutiques L'Oréal Luxe des Galeries Lafayette.

"Il y a du soulagement, évidemment", observe Sophie Brenot, la présidente de la Fédération nationale des détaillants en Maroquinerie et Voyage. "On est confiant sur le fait que les clients reviennent, même si on ne sait pas encore dans quelle mesure. On se dit qu'ils auront peut-être envie de se faire plaisir..."

Les commerçants doivent respecter un "protocole sanitaire renforcé" pour limiter les risques de propagation du COVID-19 dans les rayonnages.

Pour respecter cette mesure, les Galeries Lafayette - 70.000 m2 sur 3 bâtiments - ont installé un "double comptage", avec agents de sécurité et caméras. Samedi matin, la circulation était fluide dans la boutique. "On organisera des queues à l'extérieur si besoin", a précisé Alexandra Van Weddingen, directrice de communication du groupe.

Horaires élargis

Pour étaler les flux, le gouvernement a annoncé qu'il faciliterait les dérogations pour l'ouverture des commerces le dimanche. Ceux-ci peuvent aussi rester ouverts jusqu'à 21h00 pour augmenter les chances de rattraper le chiffre d'affaires perdu lors du mois de fermeture.

Selon Sophie Brenot, "les commerçants seuls en boutique vont ouvrir au maximum, le dimanche toute la journée s'ils le peuvent", mais "quand on a du personnel c'est plus compliqué", dit-elle.

Pour ce samedi en tout cas, la satisfaction était manifeste. "Il y a du monde (dans le centre-ville), c'est rassurant", a dit le président de l'association de commerçants bordelais La Ronde des quartiers, Christian Baulme. "On est tellement heureux de pouvoir retravailler! L’objectif aujourd'hui c'est d'être le plus proche possible d'un samedi normal".

Il s'inquiétait toutefois du passage dans le "cœur de ville" d'une manifestation contre la "Loi sécurité globale", dans l'après-midi. "Ça va couper les trois lignes de tramway, ça va couper la rue Sainte-Catherine, le commerce ne peut pas se faire de manière sereine. On aurait pu s’en passer", a-t-il dit, craignant aussi des débordements de violence comme lors des manifestations des "gilets jaunes", qui ont "laissé des traces dans l'esprit des commerçants" bordelais.

AFP/VNA/CVN

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