10/03/2020 08:22
Les craintes de voir l'épidémie du nouveau coronavirus durablement affecter l'économie mondiale se sont amplifiées lundi 9 mars, journée noire pour les Bourses du monde entier, tandis que l'Italie, deuxième plus gros foyer après la Chine, prenait des mesures de plus en plus drastiques contre ce qui pourrait devenir une pandémie.
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Un soldat italien portant un masque contrôle des passagers à la gare de Milan le 9 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a appelé tous les Italiens à "éviter les déplacements", et a décrété une "interdiction de rassemblement".

"Il n'y a plus de temps à perdre.(...) Nous devons changer nos habitudes. Elles doivent changer maintenant", a-t-il souligné d'un ton grave lors d'un point presse au siège du gouvernement.

Initialement prévue jusqu'au 15 mars, la fermeture des écoles et des universités du pays restera en vigueur jusqu'au 3 avril, et le championnat de football est suspendu, a-t-il ajouté.

L'Italie, désormais le pays le plus touché après la Chine avec 9.172 cas et 463 décès, a placé un quart de sa population en quarantaine jusqu'au 3 avril, de Milan, la capitale économique, à Venise, haut lieu du tourisme mondial. Toutes les stations de ski vont fermer, tout comme les musées, salles de sport, piscines, discothèques ou bars.

Menace "très réelle

Si l'Organisation mondiale de la santé a estimé que la Chine (plus de 80.700 cas) était "en train de maîtriser l'épidémie", elle a parallèlement averti lundi 9 mars que "la menace d'une pandémie" à l'échelle de la planète était "devenue très réelle".

L'OMS, qui appelle à des "actions rapides et décisives", a néanmoins ajouté que "ce serait la première pandémie de l'histoire qui pourrait être contrôlée".

Le nombre des cas dépasse dorénavant les 113.000, dont près de 4.000 morts, dans 101 pays et territoires, selon un bilan établi lundi à 17h00 GMT par l'AFP. L'Allemagne a annoncé ses deux premiers décès, le Canada son premier.

L'Espagne a à son tour dépassé le millier de cas (1.204), dont 28 morts, et a annoncé la fermeture des écoles et universités dans les zones les plus touchées, dont la région de Madrid.

Les nouvelles contaminations (4.233) sont aussi liées à la progression de la maladie en Iran, où près de 600 porteurs du virus supplémentaires ont été enregistrés, contraignant le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, à annuler son discours du Nouvel An persan à Machhad.

Toute l'Union européenne est désormais touchée avec l'annonce lundi de deux premiers cas à Chypre. L'Europe a passé lundi 9 mars le cap des 15.000 cas et des 500 morts, avec 97 nouveaux décès en Italie.

Lundi noir 


Les conséquences sont colossales au plan économique, les grandes places européennes et celle de New York ayant plongé d'environ 20% depuis le début de l'année, sous l'effet conjugué de l'épidémie et de la chute des prix du pétrole qui y est liée.

A New York, le Dow Jones, a plongé de 7,79% - pire séance depuis 2008 -, emboîtant le pas aux marchés asiatiques et du Golfe. Francfort a plongé de 7,94%, Londres et Paris respectivement de 7,69% et 8,39%, pire séance là aussi depuis 2008. 

Le FMI a appelé à "une réponse internationale coordonnée". Les dirigeants européens discuteront mardi pour coordonner leurs actions et la Banque centrale européenne pourrait déployer jeudi un éventail de mesures de soutien dans la zone euro.

Car si la Chine semble sortir de l'ornière avec seulement 22 décès en 24 heures (3.119 depuis décembre) et une progression quotidienne de la maladie (40 cas) au plus bas depuis janvier, les autres pays ont vu leurs bilans humains gonfler et multiplient les mesures pour tenter d'endiguer la contagion.

La République de Corée, le troisième pays le plus touché, a quant à elle annoncé lundi 9 mars son plus faible nombre quotidien de nouvelles contaminations (69) en deux semaines, ce qui porte le total à 7.382 dont 51 décès.

Mais la quarantaine a été imposée à tous les voyageurs arrivant en Israël et, en Égypte, un bateau de croisière avec 171 passagers dont 101 touristes étrangers a été évacué à Louxor (Sud) après la découverte de 45 porteurs du virus à son bord. Les autorités tunisiennes ont pour leur part décidé de suspendre toutes les liaisons maritimes avec l'Italie.

Le ministre de la Culture Franck Riester, le 19 février quitte le palais de l'Élysée. Photo : AFP/VNA/CVN

La France, cinquième pays le plus atteint avec plus de 1.400 cas, dont depuis lundi 9 mars le ministre de la Culture Franck Riester, et 25 morts, a interdit dimanche les rassemblements de plus de 1.000 personnes. La Roumanie a fait de même, et en Slovénie, ce plafond est de 100 personnes.

L'Allemagne, où un millier de porteurs du virus ont été signalés, pourrait prendre une mesure identique, cependant que l'Irlande a annulé les parades prévues à Dublin et à Cork pour la Saint-Patrick le 17 mars.

La situation est également préoccupante au Royaume-Uni voisin : des supermarchés ayant dû commencer à rationner certains produits, le Premier ministre Boris Johnson a demandé de "se comporter de manière responsable" pour éviter les pénuries.

Tournoi d'Indian Wells 

 
Du personnel médical polonais à la frontière avec l'Allemagne le 9 mars, contrôlent les visiteurs.  Photo : AFP/VNA/CVN

Le bilan s'est aussi alourdi aux États-Unis, qui comptent plus de 500 cas de contamination. Plusieurs États, sur la trentaine affectés, ont décrété l'état d'urgence pour débloquer des ressources fédérales.

Cinq élus du Congrès étaient lundi en quarantaine volontaire, dont au moins deux républicains qui ont indiqué avoir côtoyé Donald Trump après avoir été exposé au coronavirus.

Les autorités sanitaires de ce pays ont exhorté lundi les personnes les plus susceptibles de tomber gravement malades, notamment les plus âgées, à faire des stocks de provisions et de médicaments afin de se préparer à rester chez elles.

Le navire de croisière Grand Princess, qui a avait été bloqué au large de San Francisco avec 3.500 passagers et membres d'équipage, a accosté dans la journée à Oakland (Californie). L'épidémie continue par ailleurs de peser sur les calendriers sportifs.

Aux États-Unis, c'est le tournoi de tennis d'Indian Wells, un des plus importants des circuits ATP et WTA après ceux du Grand Chelem, qui a été annulé.

Le Comité olympique italien a réclamé la suspension de "toutes les activités sportives à tous les niveaux" jusqu'au 3 avril, tandis que son homologue grec a informé que la cérémonie d'allumage de la flamme olympique, prévue pour ce jeudi 5 mars dans le stade antique d'Olympie, serait fermée au public.

AFP/VNA/CVN

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