24/11/2018 17:00
Les Bahreïnis, dont le pays accueille la cinquième flotte américaine et une base britannique, se rendaient samedi 24 novembre aux urnes pour élire un nouveau Parlement auquel les candidats de l'opposition ont été interdits de participer.
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Des affiches électorales dans les rues de Madinat Isa (Bahreïn), le 22 novembre.
Photo: AFP/VNA/CVN

Dans ce petit royaume du Golfe, allié clé des États-Unis dans la région, l'absence des deux principaux groupes de l'opposition, Al-Wefaq (chiite) et Waad (laïc), interdits par le pouvoir, a suscité de nombreux appels au boycott.

Le roi Hamad a exhorté les électeurs à prendre part à l'élection qui verra 293 candidats se disputer les 40 sièges du Parlement, et qui coïncide avec un scrutin municipal.

Avant le scrutin, au moins six personnes ont été arrêtées et inculpées pour "obstruction au processus électoral", selon le procureur de Bahreïn.

L'un d'eux, Ali Rachid al-Achiri, ancien député d'Al-Wefaq, a tweeté que lui et sa famille boycotteraient les élections, selon le Bahrain Institute for Rights and Democracy, basé à Londres.

De nombreux dissidents emprisonnés

Dans le sillage du Printemps arabe, Bahreïn a été secoué par des troubles en 2011, lorsque les forces de sécurité ont réprimé les protestations de chiites qui réclamaient une monarchie constitutionnelle et un Premier ministre issu de la majorité parlementaire.

Le pays, qui compte environ 1,4 million d'habitants, est gouverné par des sunnites. Sa population est majoritairement chiite, selon des estimations non officielles contestées par le gouvernement.

Depuis 2011, de nombreux dissidents ont été emprisonnés, dont le cheikh Ali Salman, ancien chef d'Al-Wefaq, et des centaines ont été déchus de leur nationalité.

Cheikh Ali Salman a été condamné à la prison à vie le 4 novembre pour "intelligence" avec le Qatar, un jugement qualifié de parodie par des défenseurs des droits de l'Homme.

Bahreïn est l'un des alliés de l'Arabie saoudite ayant rompu en 2017 tout lien avec le Qatar, accusant l'émirat de soutenir des radicaux islamistes et de proximité avec l'Iran.

Vendredi 23 novembre, l'ONG Amnesty International a exprimé sa très grande "inquiétude" face à la répression d'opposants "emprisonnés, intimidés et réduits au silence" à Bahreïn.

Les figures publiques de la communauté chiite ont été "visées de façon disproportionnée" pendant la campagne électorale, a-t-elle dénoncé, appelant les autorités "à mettre fin à cette répression croissante".
 
AFP/VNA/CVN
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