11/03/2018 13:00
Voyageant seule depuis cinq ans, Nguyên Phuong Linh rentre dans la catégorie des jeunes Vietnamiennes plutôt atypiques. Ses voyages sont pour elle des "parcours à la découverte du monde et de soi-même".
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Nguyên Phuong Linh lors d’un voyage en solo en Inde.
Photo : TP/CVN

Bien qu’âgée de seulement 27 ans, Nguyên Phuong Linh, une designer graphique, a déjà visité beaucoup de pays, tels que l’Inde, la République de Corée, le Japon, l’Australie, les États-Unis, le Canada, l’Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande, le Myanmar, etc.

Pour tout voyageur digne de ce nom, le fait de partir seul n’a rien d’exceptionnel. Mais native d’un pays - le Vietnam - où personne ou presque ne voyage seul, c’est une chose bien étrange pour son entourage qui génère bien des interrogations. "Tu n’es pas triste ?", "Tu n’as pas peur ?", "Tu pars encore ?"..., lui demande-t-on souvent.

La jeune femme s’amuse de ces questions. Bien évidemment, elle ne ressent aucune peur au cours de ses périples. Bien au contraire, voyager seule lui permet de se mettre au défi et de tester ses capacités. Quant à la tristesse, comment pourrait-elle émerger lorsque toute sa journée est consacrée à flâner dans un monde entièrement nouveau !

L’Inde comme voyage initiatique

Linh a effectué son premier voyage en solo en Inde, pendant un mois. Elle venait de recevoir une bourse, un appareil photo de qualité et fut invité par un ami indien à découvrir son pays. Elle décida de sortir de sa zone de confort et de partir, malgré une certaine inquiétude face à l’inconnu - l’Inde est en effet réputée comme assez compliquée pour les femmes voyageant seules.

Arrivée dans ce pays d’Asie méridionale, Phuong Linh a été accompagnée les deux premières semaines par son ami. Après, elle a parcouru le pays seule.

Elle se rappelle un déplacement en métro où elle était entourée d’hommes qui la dévisageaient, un retour à l’hôtel à 03h00 du matin, un chauffeur de tuk-tuk à la mine patibulaire… Certes, elle a ressenti de l’appréhension à certains moments, mais une crainte plutôt fantasmée que réellement liée à des situations concrètes. Ce voyage sera jonché de découvertes, de partages et de prises de consciences multiples. Un tsunami émotionnel. Et un vrai voyage initiatique.

De ses voyages en solo, elle a tiré cette leçon : les barrières psychologiques, on se les construit souvent soi-même avant de partir ; elles sont souvent irrationnelles. "Lorsque l’on est sur place, les choses sont bien plus simples qu’on les avait imaginées", assure-t-elle.

Un autre des avantages du voyage en solo, c’est de se retrouver face à soi-même. "Et donc de découvrir des aspects de sa personnalité que l’on ne connaissait pas forcément".

Une autre leçon que Linh a apprise, c’est savoir dire "non". "Beaucoup de Vietnamiennes n’osent pas refuser. Les femmes occidentales sont différentes, elles n’hésitent pas à s’affirmer. Si elles ne veulent pas ce que l’on leur propose, elles refusent catégoriquement ou agissent énergiquement. Les femmes doivent savoir dire +non+, faire preuve d’une vraie force de caractère".

Linh sait dire "non" quand il le faut, quand elle le "sent" surtout - ce fameux 6e sens qui s’aiguise avec l’expérience. Cela lui permet d’éviter des situations à problèmes.

À l’écart du tourisme de masse

Le voyage en solo permet de découvrir des aspects de sa personnalité que l'on ne connaissait pas forcément.
Photo : TP/CVN

À la différence des touristes qui emportent leurs biens dans une valise, Phuong Linh n’utilise qu’un sac à dos comprenant sept kilos d’affaires, dont trois pour l’ordinateur portable et l’appareil photo.

L’avantage d’organiser soi-même son voyage, c’est d’aller dans des sites à l’écart des sentiers battus. C’est là que le mot "voyage" prend vraiment tout son sens. Illustration avec son séjour en Indonésie…

Linh a visité l’île de Gili, à plus d’une heure de bateau de Bali. Gili est restée très sauvage, les infrastructures sont peu développées. Tous les véhicules à moteur y sont interdits, tout le monde se déplace à vélo ou en voiture à cheval. Les visiteurs peuvent goûter des plats authentiques à des prix abordables. Au crépuscule, les gens se retrouvent dans les rues, on joue de la guitare, on chante, la vie s’écoule paisiblement au rythme de la nature. L’aventurière a tellement apprécié cette contrée qu’elle y est restée 17 jours.

"Partir en voyage est-il coûteux ?". Une question que beaucoup de personnes lui posent. Phuong Linh a un emploi stable, assez bien payé, et dépense peu d’argent. L’argent qu’elle parvient à économiser, elle le réserve pour sa passion : voyager. Elle est toujours à l’affût de promotions pour des vols, des hôtels. "Voyager de manière indépendante est de toute façon toujours beaucoup moins cher que de passer par un tour-opérateur".

L’un de ses secrets pour économiser de l’argent, c’est de profiter de Couchsurfing. Via ce réseau, des voyageurs établissent des contacts avec d’autres personnes dans le but de les héberger ou de bénéficier gratuitement de leur "canapé" (couch). Cette stratégie lui permet d’économiser de l’argent car l’hôtel représente souvent plus de la moitié du budget, selon les pays. En plus de soulager le porte-monnaie, Couchsurfing permet aussi de vivre des expériences ainsi que des rencontres inattendues et magiques.

Phuong Linh avoue qu’elle n’a rencontré dans ses voyages que des personnes sympathiques. Jamais elle n’a été confrontée à une situation périlleuse, jamais sa sécurité n’a été menacée, grâce peut-être à sa méfiance naturelle et à son fameux 6e sens. "Ce qui importe, c’est de connaître ses limites, déclare la routarde. Il ne faut pas essayer de les dépasser. Faire des choses qui rentrent dans le cadre de ses capacités est largement suffisant. Et je le dis et le redis, n’ayez pas peur de voyager seule ! C’est le meilleur moyen pour faire le plein de rencontres et de revenir un peu différent de celui que l’on était avant de partir !".

Mai Quynh/CVN
 
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