07/12/2018 00:15
Contrairement aux croyances, les arbres n’ont pas que des effets bénéfiques sur qualité de l’air. Certains amplifient même la pollution atmosphérique. Décryptage.
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À Hanoï, en novembre 2018, la teneur moyenne de l’air en particules fines PM 2.5 était de 125 μg/m3. Photo: Camille/CVN
Dans les grandes villes du Vietnam comme Hanoï ou Hô Chi Minh-Ville, la pollution de l’air est un réel problème de santé publique. Pour lutter contre, on loue souvent les bienfaits de la végétation. Hanoï en particulier est connue pour ses milliers d’arbres, dont la plupart sont centenaires. Leurs feuilles absorbent les polluants contenus dans l’air et rejettent des composés chimiques volatils dont de l’oxygène, mais pas que. Les arbres améliorent-ils vraiment la qualité de l’air? 

La mesure de la qualité de l’air

En ville, la pollution est principalement causée par la combustion des carburants fossiles, surtout ceux des moteurs. Pour la mesurer, les organismes de surveillance de la pollution évaluent la teneur en particules fines (PM) de l’air. Le dioxyde de carbone (CO2) est l’un des composants majeurs de ces particules. Les résultats sont exprimés en microgrammes de particules fines par mètre cube d’air (μg/m3). Par exemple, à Hanoï, la moyenne pour le mois de novembre 2018 en PM 2.5 est de 125 μg/m3.

En réalité, les particules fines (PM) ne sont pas les seules composantes de la pollution atmosphérique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), trois autres éléments composent l’air pollué en ville: l’ozone (O3), le dioxyde d’azote (NO2) et le dioxyde de soufre (SO2).

Les arbres, de véritables filtres biologiques

Selon Robert Mc Donald, chercheur en chef pour les métropoles mondiales au Nature Conservancy, les concentrations de particules peuvent être réduites de 7% à 24% à proximité immédiate d’un arbre.

Le feuillage des arbres est recouvert de pores, les stomates, qui captent les particules fines (PM) - dont le dioxyde de carbone - et le dioxyde d’azote (NO2) contenus dans l’air. Ils les emprisonnent et rejettent des composés chimiques volatils, dont de l’oxygène: c’est le processus de photosynthèse. Les grands arbres peuvent retenir jusqu’à 5,4 tonnes de CO2 par an et 20 kg de poussière.

Les pancoviers sur le trottoir de la rue Trân Phu à Hanoï. Photo: Thu Hà/CVN

De plus, les arbres, en fournissant ombre et humidité, rafraîchissent l’air et encouragent ainsi la dispersion des polluants. Car lorsqu’il fait chaud en ville, la pression atmosphérique augmente, ce qui entraîne la stagnation de l’air et ses particules au-dessus du sol, et donc une augmentation de l’intensité de la pollution. Les arbres ont donc un double effet positif sur la qualité de l’air: en plus de le purifier, ils le rafraichissent.

La participation des arbres
aux émissions d’ozone dans l’atmosphère


Mais les stomates des arbres ne rejettent pas que de l’oxygène dans l’atmosphère. Parmi les composés chimiques volatils qu’ils expulsent, on trouve aussi l’isoprène, un hydrocarbure très réactif. En entrant dans l’atmosphère, il transforme les oxydes d’azote (NO2) qui s’y trouvent en ozone (O3). Or, l’ozone est l’un des principaux polluants de l’air. Ce phénomène est particulièrement marqué au printemps quand la croissance végétale est à son maximum. À noter que plus le feuillage est dense, plus il rejette de ces composés volatils.

Bien sûr, ce ne sont pas les arbres qui polluent, mais bien le trafic. Sans les oxydes d’azote (NO2) émis notamment par les moteurs diesel, il n’y aurait pas ou peu d’ozone (O3). Les arbres sont donc à l’origine d’un mécanisme d’amplification de la pollution.

Pour lutter contre la pollution de l’air en ville, le choix des arbres a donc son importance. Ceux à feuilles poilues ou rugueuses sont très efficaces pour la suppression de particules car ils rejettent peu d’ozone.
 
Camille/CVN







 
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