08/02/2019 09:00
L’intégration économique internationale engagée par le Vietnam à travers des accords de libre-échange impacte les recettes budgétaires du pays.
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En 2018, le Vietnam a conclu de nouveaux accords de libre-échange (FTA). Les entreprises nationales peuvent alors soit s’adapter et s’insérer dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, soit rester passives devant l’invasion de marchandises importées sur le marché vietnamien.

Grâce aux engagements internationaux conclus par le Vietnam, 85% des exportations du pays sont aujourd’hui soumises à des droits de douane inférieurs à 5%, rapporte Trân Thanh Hai, directeur adjoint du Département d’import-export du ministère de l’Industrie et du Commerce.

Le gouvernement mène une politique d’autonomisation économique et de promotion de l’import-export durable. Dans ce cadre, les exportations vietnamiennes vers les marchés soumis aux règles des FTA ont fortement augmenté.

Grâce aux engagements internationaux conclus par le Vietnam, 85% de ses exportations sont aujourd’hui soumises à des droits de douane inférieurs à 5%.
Photo: Dinh Hang/VNA/CVN

Trân Thanh Hai est optimiste quant au bénéfice que tireront les entreprises vietnamiennes des FTA bilatéraux et multilatéraux conclus avec des partenaires comme Hong Kong (Chine), le Japon ou la République de Corée. Cependant, il admet que le processus d’augmentation de la valeur ajoutée des exportations vietnamiennes prendra du temps. Les normes et niveaux d’engagement varient d’un FTA à l’autre, chacun étant pensé pour répondre aux exigences de ses États signataires.

Trân Thanh Hai se dit préoccupé par les conditions d’abaissement des droits de douane pour certaines exportations vietnamiennes. Par exemple, une société automobile nationale ne sera exemptée de droits de douane à l’exportation vers les pays de l’ASEAN que si les composants de ses voitures sont au minimum 40% d’origine vietnamienne. Ces règles sont censées encourager le pays à produire localement plutôt qu’à importer des matériaux et des pièces. Mais une telle transition pourrait s’avérer longue et difficile pour les entreprises vietnamiennes, ajoute-t-il. La priorité pour les entreprises nationales est de se conformer aux normes établies par le FTA Vietnam - République de Corée et par l’Accord de partenariat économique global ASEAN - Japon.

Acheter moins, vendre plus?

D’après Lê Tiên Truong, vice-président de l’Association du textile et de l’habillement du Vietnam (VITAS), les règles d’origine préférentielles du FTA UE - Vietnam pourraient momentanément entraver ces exportations nationales vers le marché européen. Actuellement, l’industrie textile vietnamienne importe 70% de ses matières premières: 42% provient de Chine, le reste de l’ASEAN et de République de Corée.

Depuis 2018, les droits de douane à l’importation au Vietnam sont progressivement réduits à 0%, à condition que les marchandises importées respectent les dispositions du ministère de l’Industrie et du Commerce, qu’elles disposent d’un certificat d’origine et qu’elles figurent parmi les 17 FTA auxquels le Vietnam est partie.

Selon Pham Tuân Anh, chef adjoint du Département des relations internationales du ministère des Finances, pour ne pas nuire au budget de l’État et aux activités de production domestique, la réduction et l’élimination des droits de douane à l’importation doivent être soigneusement effectuées. Pour lui, les FTA signés par le Vietnam ne nuisent pas à l’équilibre import-export. Au contraire, ils contribuent à la croissance économique, à l’attractivité du pays pour les investissements étrangers, à l’augmentation des recettes budgétaires de l’État, à la création d’emplois et à la résolution des problèmes de sécurité sociale.

Sans les traités de libre-échange, le Département général des douanes aurait accumulé 283.000 milliards de dôngs en 2018. Mais les FTA représentent un manque à gagner 30.150 milliards de dôngs pour le pays. Depuis le 1er janvier 2018, les barrières douanières imposées aux voitures finies de moins de 9 places en provenance des pays de l’ASEAN ont chuté de 30% à 0%. Luu Minh Tuong, directeur du Département général des douanes, estime que sans ces mesures, l’impôt sur l’importation de voitures aurait, à lui seul, rapporté 25.000 milliards de dôngs en 2018, celui  de carburants, 8.300 milliards.

Pour respecter les engagements qu’impose l’intégration internationale tout en limitant l’impact de la chute des recettes qu’engendraient les droits de douane, le Vietnam doit se concentrer sur la promotion de ses exportations. En outre, il doit envisager une hausse de la taxe à la valeur ajoutée et de celle pour la protection de l’environnement.
Thê Linh/CVN
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