02/05/2020 11:11
En raison de la pandémie de COVID-19, l’enseignement en ligne est le choix de nombreuses écoles. Dans les provinces montagneuses du Nord, les lycéens doivent parfois marcher des kilomètres ou monter sur des points hauts pour capter le réseau mobile.
>>nCoV : l’enseignement en ligne en pleine effervescence
>>Des cours en ligne et à la télé pour assurer la continuité de l’école
>>Éducation : des solutions face au coronavirus

Luong Thi Tham doit monter sur un éperon rocheux pour étudier.
Photo :  DT/CVN


De 07h30 à 13h30 chaque jour, Trang A Thy, d’ethnie  H’mông, domicilié dans le village de Lang A - Rang Dông, province de Diên Biên, utilise son smartphone pour suivre un cours en ligne, organisé par l’École préparatoire à l’université pour les ethnies minoritaires, implantée dans la ville de Viêt Tri, province de Phu Tho.

Études et travail en même temps

Thy s’assoie sur un arbre, un éperon rocheux ou dans un champ de maïs pour étudier. En effet, dans cette région montagneuse, la qualité des réseaux 3G ou 4G est très inégale d’un lieu à l’autre. Parfois, Thy doit parcourir plus de 3 km en forêt pour trouver une connexion réseau optimale.

Luong Thi Tham, d’ethnie Thai, du village de Ban Nat - Quài Cang, district de Tuân Giao, province de Diên Biên, participe elle aussi, chaque jour, à des cours en ligne, tout en surveillant son bœuf.

Un jour, en écoutant sa leçon, Tham s’est légèrement blessée à la main en coupant de l’herbe pour son bœuf.  "Étudier ainsi est guère pratique mais je suis heureuse de pouvoir suivre ce cours afin de réaliser mon rêve d’entrer à l’université", partage Tham, élève de l’École préparatoire à l’université pour les ethnies minoritaires.

La lycéenne fait savoir que pour les élèves des régions montagneuses, les études à distance peuvent parfois s’avérer très compliquées. "En raison des conditions économiques difficiles, peu d’élèves ici disposent d’un ordinateur portable ou de smartphone, s’y ajoute une mauvaise couverture réseau. Pour capter un bon signal, je dois parfois marcher longtemps", confie-t-elle.  Selon elle, en raison de la fermeture soudaine des écoles, les élèves n’ont pas ramené leurs livres à la maison. Afin de maintenir l’apprentissage, l’école a élaboré un guide d’autoformation avec un contenu simplifié à partir du programme original. Chaque jour, deux cours en ligne sont organisés.

"Les cours en ligne sont toujours courts et faciles à comprendre. Pourtant, en raison d’une mauvaise connexion au réseau, parfois je ne peux pas les suivre régulièrement, alors les enseignants m’ont encouragé à poursuivre les cours par  téléphone", déclare Tham.

Les hameaux d’ethnie H’mông de Huôi, Moi, Nà Hy, district de Nâm Po, province de Diên Biên où vit Sùng Seo Hòa, n’ont pas encore accès au réseau électrique national. Pour aider Hòa à poursuivre ses études, les enseignants de l’École préparatoire à l’université pour les ethnies minoritaires lui envoient par la poste le guide d’autoformation, et l’enseignement se fait par téléphone. Après avoir fait ses devoirs, Hòa les leur envoie de la même manière, par la poste. 

Pour sa part, Giang A Anh, aussi d’ethnie H’mông, domicilié dans le district de Mu Cang Chai, province de Yên Bai, élève de l’École préparatoire à l’université pour les ethnies minoritaires, doit utiliser une lampe à l’huile pour étudier. À cause du mauvais signal téléphonique, un rendez-vous à 08h00 du matin chaque jour a été fixé entre A Anh et les enseignants. 

Ne laisser aucun élève sur le bord du chemin

En raison du manque d’électricité, de nombreux élèves des provinces montagneuses doivent utiliser une lampe à l’huile pour étudier.
Photo : DT/CVN

Le Dr. Nguyên Tuân Anh, directeur adjoint de l’École préparatoire à l’université pour les ethnies minoritaires, informe que son établissement compte actuellement près de 900 élèves venus de 18 provinces montagneuses du Nord.
Tous appartiennent à des ethnies minoritaires et vivent dans des régions reculées  en situation difficile. Parmi eux, seuls 30% ont accès aux applications d’études en ligne interactives. Beaucoup n’ont pas de smartphone ou vivent dans les régions sans réseau Internet et même sans réseau électrique. 

En  février dernier, cette école a élaboré des plans d’enseignement à distance efficaces. Il s’agit d’un guide d’autoformation par modules accompagnés de vidéos. Ce dernier est affiché sur sa plateforme numérique commune et envoyé par émail à chaque élève ou par le biais de la poste pour tous ceux  vivant dans des régions sans Internet. Tous les deux jours, l’établissement examine et note les résultats d’études selon chaque module. 

"Nous sommes déterminés à ne laisser aucun élève derrière, quelles que soient les difficultés de leurs conditions d’apprentissage", affirme le Dr. Nguyên Tuân Anh. D’après lui, en janvier et mars, tous les enseignants de l’école ont été formés à ces méthodes d’enseignement à distance. Pendant une semaine, les élèves sont aussi guidés dans l’utilisation des applications d’études en ligne. Pendant deux semaines, 594 heures d’enseignement en ligne ont été organisées.

En outre, l’école accorde une assistance financière de 300.000 dôngs à chaque élève en situation difficile, au service de ses études en ligne.  

Huong Linh/CVN


 
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
L’originalité des villages de broderie du Vietnam

Tourisme intérieur : plus de 53% des Vietnamiens prêts à voyager cet été Selon une enquête menée récemment par le Conseil consultatif du tourisme (TAB) sur les tendances de voyage intérieur post-COVID-19, plus de 53% des personnes sondées se sont déclarées prêtes à voyager cet été après la maîtrise de l'épidémie de COVID-19 au Vietnam.