14/09/2016 15:14
Quand le Sud-Africain Achmat Hassiem, surnommé "l'enfant requin", nage dans le grand bassin des jeux Paralympiques, il se motive en pensant qu'il est poursuivi par un requin. Le même qui lui a pris la moitié de sa jambe il y a dix ans.
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Le nageur sud-africain Achmat Hassiem retire sa prothèse aux couleurs de son pays avant de participer au 100 m nage libre (S10), le 13 septembre à Rio lors des Jeux paralympiques.
Photo : AFP/VNA/CVN
Hassiem et les requins sont inextricablement liés depuis ce jour au large de Cap Town où un grand requin blanc l'a attrapé alors qu'il participait à un exercice de sauvetage sur une plage.

Ce jour-là, le prédateur a failli le tuer. Mais sa blessure l'a conduit aux jeux Paralympiques.

La semaine prochaine, après avoir participé à ses troisièmes et derniers Jeux, Achmat Hassiem, 34 ans, débutera une nouvelle carrière : celle d'avocat globe-trotter pour sauver les requins de la surpêche.

"Mon surnom c'est +l'enfant requin+, tout le monde m'appelle comme ça", déclare-t-il mardi 13 septembre  après avoir participé au 100m nage libre. "Mon frère trouve que cela fait un peu superhéros comme nom et je crois que j'aime bien cette idée d'être un superhéros".

Lorsque que le nageur enlève sa prothèse, décorée aux couleurs de l'Afrique du Sud, et plonge dans la piscine bleu pâle de Rio, il repense à ce moment où il a failli vivre son dernier grand bain.

"J'utilise cette peur quand je suis en compétition", poursuit-il. "J'imagine qu'un grand requin blanc de 4,7 mètres est derrière moi, cela me pousse à aller plus vite".

Peut-être un dauphin

Le 13 août 2006, Hassiem et son jeune frère Tariq jouaient les rôles de victimes lors d'un exercice de sauvetage en mer organisé sur une plage de la station balnéaire de Muizenberg.

Alors qu'il attendait d'être secouru par un bateau, Hassiem a remarqué quelque chose de gris s'approcher de son frère. "J'ai cru que c'était un dauphin ou un phoque. Et j'ai décidé de regarder sous l'eau."

En refaisant surface, il se mit à crier. Son frère était sur le chemin d'un énorme requin.

Le nageur sud-africain Achmat Hassiem participe au 100 m nage libre (S10), le 13 septembre à Rio lors des Jeux paralympiques. Photo : AFP/VNA/CVN

Craignant que le bateau n'arrive pas à temps, il se mit à taper très fort sur l'eau pour le faire fuir. Mais une fois que le requin eut quitté le chemin de son frère, c'est pour sa vie que le jeune homme eut peur.

"En quelques secondes, je me suis retrouvé face à face avec le requin", dit-il. Luttant pour rester le plus loin de sa bouche, il essaya même de monter sur son dos. Mais remarqua que sa jambe ne voulait pas suivre. "C'est là que j'ai vu que la moitié de ma jambe était déjà dans sa bouche", poursuit-il. Le requin le traîna ensuite sous l'eau pendant 50 mètres ce qui, note-t-il, est "la même distance que dans une piscine olympique". C'est seulement une fois que le requin eut brisé sa jambe qu'Hassiem pu remonter à la surface et être sauvé.

Ambassadeur

Le jeune homme se remit. Mais sa jambe droite n'était plus là, emportant avec elle son rêve de devenir un footballeur professionnel.

Le nageur sud-africain Achmat Hassiem lors du 100 m nage libre (S10), le 13 septembre à Rio aux Jeux paralympiques. Photo : AFP/VNA/CVN

Aidé et encouragé dans la natation par la championne olympique et paralympique sud-africaine Natalie Du Toit, il ne regarda plus en arrière. "J'ai pris possession de la piscine comme un requin dans l'océan", plaisante-t-il.

Il a ensuite participé aux Jeux de Pékin en 2008 et a gagné une médaille de bronze à Londres en 2012. Il arrêtera la compétition après Rio. "Maintenant arrive la partie la plus folle", sourit-il : les Nations unies l'ont nommé l'an passé "gardien global des requins". "Cela veut dire que je vais travailler à leur sauvegarde dans le monde entier, je vais devenir une sorte d'avocat ou d'ambassadeur des requins", explique le nageur.

Loin de ressentir de la haine ou de la rage envers cet animal qui lui a presque enlevé la vie, il se sent le devoir d'empêcher la surpêche qui détruit des populations entières de requins et menace de briser la chaîne alimentaire. "Les statistiques sont terribles. Quelque cent millions de requins sont tués chaque année. Il y a plus d'hommes assassinés par des grille-pain que par des requins", ajoute-t-il. En regardant ce qu'il a accompli depuis sa terrifiante rencontre, il estime qu'il doit "rendre aux requins ce qu'ils ont fait pour lui".

AFP/VNA/CVN



 
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