03/09/2018 15:16
Si rien n'est entrepris rapidement pour atténuer les risques climatiques extrêmes en Irak, le groupe jihadiste État islamique (EI) risque de retrouver un nouvel élan, estime une étude présentée au Conseil de sécurité de l'ONU.
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Le lit d'une rivière à sec à une soixantaine de kilomètres de Najaf, en Irak, le 5 juillet.
Photo: AFP/VNA/CVN

"La combinaison des ressources hydrauliques limitées, la hausse des températures et le climat extrême obèrent les ressources de base de l'Irak et sapent les moyens d'existence de la population", assure cette étude du groupe de travail d'experts sur les risques en matière de sécurité liés au climat.

"Ne pas agir contre les risques liés au climat accroîtra le danger de voir l'EI ou d'autres groupes terroristes post-EI gagner des soutiens et retrouver leur puissance dans les communautés aux ressources limitées", affirme le document rendu public samedi 1er septembre par ses auteurs, mandatés par l'ONU pour étudier cette problématique en Irak. L'étude a été présentée en juillet au Conseil de sécurité.

L'une des menaces les plus graves pour l'Irak est la pénurie d'eau, une ressource qui a atteint son niveau le plus bas depuis 1931. Le débit des fleuves s'est réduit de 40% ces dernières décennies et continue à diminuer, ce qui menace la sécurité alimentaire et hydraulique de la population.

Crise de l'agricultute

"La graduelle disparition de l'eau et la crise de l'agriculture sont le résultat d'effets combinés du changement climatique, des précipitations de plus en plus erratiques, du déclin du débit (des fleuves) d'Iran et de Turquie, du mauvais système d'irrigation en raison des dommages causés durant la guerre et du manque d'investissement. L'absence d'une gestion adéquate de l'eau exacerbe ces menaces", indique l'étude.

Pour ses auteurs, si l'agriculture est le secteur pourvoyant le plus d'emplois en Irak après celui du pétrole, c'est celui qui a le budget le plus étriqué. Il en est de même pour le ministère des Ressources hydrauliques qui n'a pas les moyens financiers de moderniser ses infrastructures.

En outre, l'Irak ne possède pas d'accords officiels avec ses voisins pour une répartition équitable des ressources hydrauliques. Il existe un danger, en raison du manque d'eau, de voir un déplacement de 7 millions de personnes vivant sur les bords des fleuves.

De plus, la pénurie d'eau risque d'accroître des tensions au sein des communautés rurales. Les forces irakiennes ont chassé l'année dernière l'EI de l'ensemble des centres urbains du pays. Les jihadistes se sont ensuite retranchés dans des zones désertiques près de la frontière syrienne.

Les experts demandent notamment à la Mission d'assistance de l'ONU en Irak de surveiller et d'informer sur les risques causés par le changement climatique et d'appuyer les autorités en intégrant la question du climat et des déplacements de population dans leur plan post-EI.

AFP/VNA/CVN
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