17/10/2017 12:04
L'élimination de chefs islamistes en Asie du Sud-Est constitue un important revers pour le groupe État islamique (EI), mais les jihadistes demeurent une menace potentielle avec une nouvelle vague de combattants chevronnés qui devraient revenir du Proche-Orient, estiment des analystes.

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Le général Eduardo Ano, chef des militaires philippins montrent les photos des leaders islamistes Isnilon Hapilon (droite) et Omarkhayam Maute (gauche) tués à Marawi, le 16 octobre aux Philippines. Photo : AFP/VNA/CVN


Selon Manille, Isnilon Hapilon, un chef islamiste qui figure sur la liste américaine des "terroristes les plus recherchés", a été tué lundi 16 octobre dans les combats pour reprendre la ville de Marawi, dans le sud des Philippines, où des centaines de personnes ont perdu la vie.

Ce combattant de 51 ans était considéré comme "l'émir" de l'EI en Asie du Sud-Est, où l'organisation jihadiste cherche à établir un califat au moment où elle subit revers et défaites en Irak et en Syrie. Hapilon était un personnage clé du groupe Abou Sayyaf, une ramification extrémiste de l'insurrection séparatiste musulmane qui a fait des milliers de morts dans le sud des Philippines dont la population est très grande majorité catholique.

Un autre chef islamiste tué lundi 16 octobre, Omar Maute, était le leader du groupe Maute, qui a émergé après des décennies de rébellion séparatiste sur l'île de Mindanao, où se trouve Marawi. Ce groupe a prêté allégeance à l'EI et joint ses forces à celle de Hapilon pour envahir Marawi.

Hapilon et Maute étaient les deux derniers leaders extrémistes résistant à une importante offensive militaire pour déloger les jihadistes de Marawi. En septembre, Abdullah Maute, frère d'Omar, avait été tué.

Hapilon était particulièrement important pour l'EI qui cherche à établir une base en Asie du Sud-Est, alors que les jihadistes perdent de plus en plus de terrain au Proche-Orient, selon des analystes.

Revers significatif et symbolique

 

Sa mort constitue "un revers significatif et symbolique pour des groupes liés à l'EI à Mindanao ainsi que pour le commandement de l'EI en Syrie", estime Kumar Ramakrishna, un expert en terrorisme à Singapour.

Cela ne signifie pas pour autant, loin de là, la fin de l'EI dans le sud des Philippines et en Asie du Sud-Est, a-t-il prévenu.

"Le fait que le siège de Marawi touche à sa fin ne signifie pas que la menace a disparu. Les militants liés à l'EI vont se regrouper et faire profil bas pendant un moment, le temps de reconstituer leurs forces", a souligné M. Ramakrishna.

Un militant malaisien impliqué dans le siège de Malawi, Mahmoud Ahmad, pourrait, s'il est toujours en vie, devenir le meneur des combattants dans le sud des Philippines et rester en contact avec les jihadistes au Proche-Orient, observe l'analyste.

De nombreux militants en Asie du Sud-Est -une région de plus de 600 millions d'habitants- ont prêté allégeance à l'EI. Des centaines de militants seraient venus du Moyen-Orient pour y rejoindre les combattants de l'EI, en particulier d'Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, ainsi que des Philippines.

Aux yeux de Sidney Jones, experte en terrorisme dans la région, l'Asie du Sud-Est est maintenant confrontée à la menace grandissante de combattants expérimentés retournant dans leur pays alors que l'étau se resserre sur l'EI au Proche-Orient. La ville de Raqa en Syrie, bastion de l'EI, est sur le point d'être reprise par les forces syriennes.

Les autorités en Asie du Sud-Est sont particulièrement préoccupées par une unité de jihadistes du Sud-Est asiatique en Syrie, Khatibah Nusantara, dit-elle.

"Je crois que l'attention va se concentrer à nouveau sur le retour de combattants de Syrie et d'Irak", a observé Mme Jones, qui dirige le groupe de réflexion Institute for Policy Analysis of Conflict à Jakarta.


AFP/VNA/CVN


 

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