21/01/2016 11:41
Le groupe jihadiste État islamique (EI) a resserré l'étau le 20 janvier autour de la ville de Deir Ezzor, dans l'Est de la Syrie, où la population vit dans la terreur après la mort de dizaines de civils et l'enlèvement de centaines d'habitants.
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De violents combats se poursuivaient pour la cinquième journée consécutive après un assaut d'envergure lancé le 16 janvier par l'EI sur Deir Ezzor, capitale de la province éponyme riche en pétrole à 450 km au nord-est de Damas.

L'aviation russe a mené des raids contre l'EI dans cette province et l'armée russe a livré depuis le 15 janvier plus de 50 tonnes d'aide humanitaire à la population de la ville éponyme, selon Moscou.

La ville de Deir Ezzor en Syrie en 2014. Photo : AFP/VNA/CVN


Les jihadistes contrôlent désormais 60% de la ville, où habitent encore 200.000 personnes. Ils renforcent le siège sur les quartiers encore aux mains des prorégime.

Selon l'ONU, environ 70% des habitants des quartiers assiégés sont des femmes et des enfants.

"Les gens ont peur, la situation est devenue très difficile", a témoigné Attiyeh, un habitant joint par téléphone. "La nourriture et les légumes sont rares et nous commençons à avoir des problèmes avec le pain".

L'EI s'est en effet emparé d'Al-Bgheliyeh, une banlieue du nord-ouest de la ville, qui en était le centre agricole.

Otages libérés

"Si la ville tombe, ce sera un massacre", craint Attiyeh, en référence aux informations des médias officiels faisant état du meurtre par l'EI de plus de 300 civils le 16 janvier après l'assaut donné par le groupe jihadiste.

Localisation de Deir Ezzor où le groupe de l'État islamique a enlevé 400 personnes après en avoir tué des dizaines d'autres et de Raqa où 40 civils ont péri samedi dans des raids aériens. Photo : AFP/VNA/CVN
L'OSDH a parlé pour sa part d'au moins 85 civils et des dizaines de combattants tués pour cette seule journée.

Depuis, les violences dans cette région ont fait 120 morts dans les rangs des prorégime, dont beaucoup ont été exécutés par l'EI, a indiqué l'OSDH en parlant de 70 jihadistes tués.

En outre, 270 des 400 civils enlevés samedi 16 janvier par l'EI dans la région de Bgheliyeh ont été libérés le 19 janvier. Il s'agit surtout de femmes, d'enfants et de personnes âgées qui ont été relâchés après avoir été interrogés par l'EI sur leurs éventuels liens avec le régime, selon l'ONG.

L'EI détient encore 130 civils, essentiellement des jeunes et des hommes adultes.

Plus de 3.000 morts

"Je crains qu'il y ait des massacres si Daech (acronyme en arabe de l'EI) envahit le quartier" d'al-Joura, dans le centre-ville, a confié Ghaleb al-Haj Hamdoun, un étudiant de 23 ans.

Selon l'OSDH, l'EI a exécuté au moins huit soldats le 20 janvier, dont six détenus, et tué sept autres lors de combats.

Depuis un an, les jihadistes, qui contrôlent la majorité de la province, bloquent l'accès à la plus grande partie de la ville ce qui a conduit "à un important manque de nourriture, de médicaments et services de base", selon l'ONU.

"L'ONU a reçu des rapports crédibles sur l’exécution, le rapt et la détention de civils, dont des personnes qui tentaient de faire entrer clandestinement de la nourriture", a indiqué le bureau chargé de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Avant les dernières attaques, Ocha indiquait que la majorité des habitants vivaient essentiellement de pain et d'eau.

Le régime a largué des produits de première nécessité sur la ville le 11 janvier et le gouvernement russe a fait ensuite de même.

Dans cette même province, un chef du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, a été assassiné par des inconnus, la dernière en date d'une série d'attaques visant les membres du groupe jihadiste, selon l'OSDH.

Plus de 260.000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début de la guerre civile en 2011, et des millions ont dû fuir leur foyer.

AFP/VNA/CVN


 
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