18/06/2017 15:29
Les Français ont commencé à voter dimanche 18 juin pour le second tour des législatives, qui devrait donner à Emmanuel Macron une majorité écrasante dans la nouvelle Assemblée nationale où l'opposition risque d'être réduite à la portion congrue.

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Le président Emmanuel Macron vote au Touquet, le 18 juin 2017. 
Photo : AFP/VNA/CVN


Quelque 47 millions d'électeurs sont appelés à se rendre dans les bureaux de vote, ouverts depuis 08h00. Ils fermeront à 18h00, voire 20h00 dans la plupart des grandes villes.

Emmanuel Macron a voté à 09h00 au Touquet (Pas-de-Calais), avant de rejoindre la région parisienne pour présider la cérémonie de commémoration de l’Appel du 18 juin 1940 au Mont-Valérien.

Le Premier ministre Édouard Philippe a accompli son devoir électoral un peu plus tôt, dans sa ville du Havre.


Ce scrutin devrait être marqué par une nouvelle poussée de l'abstention au terme d'une longue séquence électorale, entamée dès l'automne avec la primaire de la droite, qui aura vu la déroute des partis traditionnels et un bouleversement quasiment sans précédent du paysage politique. Une partie des Français d'Outre-mer et de l'étranger ont voté dès samedi 17 juin.

Ministre grâce à... 136 voix

Seule des six ministres en lice en danger après son premier tour, Annick Girardin (Outre-mer) a finalement été réélue à Saint-Pierre et Miquelon avec... 136 petites voix d'avance. En cas d'échec, elle aurait dû quitter le gouvernement. Ses cinq collègues sont favoris dimanche 18 juin en métropole.

 

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin (PRG), vote à Saint-Pierre et Miquelon, le 17 juin 2017. 
Photo : AFP/VNA/CVN


À Saint-Martin et Saint-Barthélémy, la candidate de la République en marche (REM) a en revanche été battue par celle des Républicains, Claire Javois. En Guyane, le député DVG sortant Gabriel Serville a été réélu, tandis que le jeune chef d'entreprise bushinengue Lenaïck Adam a été élu avec l'étiquette REM.

La Guadeloupe a élu quatre nouvelles têtes : deux DVG (Justine Bénin et Max Mathiasin), un REM (Olivier Serva) et une socialiste (Hélène Vainqueur-Christophe). En Martinique, une femme a été pour la première fois élue députée (Josette Manin, DVG) et trois sortants ont été réélus.


Après le succès de REM dimanche dernier 11 juin, le chef de l'État attend "une confirmation" qui lui permettrait d'appliquer clairement sa politique, à commencer par les ordonnances controversées sur la réforme du Code du travail ou la loi de moralisation politique au programme du Parlement en juillet.

Son jeune mouvement, allié aux centristes de François Bayrou, pourrait ravir 400 à 470 circonscriptions sur 577, selon les projections, soit l'une des majorités les plus imposantes de la Ve République.

Le renouvellement de l'Assemblée sera en conséquence d'une ampleur inédite, sous l'effet de la vague Macron qui ouvre les portes à une nouvelle génération d'élus, dont une partie novices en politique, de la loi interdisant le cumul des mandats et des progrès de la parité hommes-femmes.

Seuls 222 députés sortants sont qualifiés pour le second tour.

 

Législatives : projection en sièges.
Photo : AFP/VNA/CVN 


1.146 candidats, dont 40% de femmes, s'affrontent dans 572 duels et une triangulaire pour tenter de décrocher l'un des 573 sièges encore en jeu pour un mandat de cinq ans.

Quatre députés seulement ont été élus dès le premier tour, conséquence de la forte abstention.

Le 11 juin, elle avait atteint un niveau record depuis 1958, à 51,29%, signe d'une démobilisation des électeurs après la présidentielle. Elle pourrait grimper ce dimanche 18 juin jusqu'à 53% à 54%, selon les dernières enquêtes, soit une dizaine de points de plus qu'en 2012 (44,6% au second tour).

REM présente 454 candidats pour ce second tour, devant Les Républicains (264), le FN (120), La France insoumise (67), le Parti socialiste (65) et le MoDem (62).

Au premier tour, l'alliance REM-MoDem a obtenu 32,3% des voix mais sa position centrale lui permet d'espérer des reports de voix de candidats de droite comme de gauche et donc de gagner la plupart de ses duels de second tour. Avec 21,56% des voix, LR allié à l'UDI ne peut espérer, selon les projections, que de 60 à 130 sièges, contre plus de 225 dans l'Assemblée sortante.


À gauche, le PS, qui avait envoyé près de 300 députés au Palais Bourbon en 2012, pourrait n'en garder qu'une vingtaine. Quant au Front national et à La France insoumise, ils n'ont pas réussi à capitaliser sur leurs bons scores à la présidentielle.

Léger remaniement gouvernemental ? 

Avec 13,74% au premier tour, LFI et le PCF devraient en s'alliant pouvoir juste atteindre les 15 sièges nécessaires pour constituer un groupe. Le FN (13,3% le 11 juin) n'est lui crédité que de 1 à 5 sièges, dont celui de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont.

Au lendemain de ces législatives, Édouard Philippe devrait, comme le veut la tradition, remettre la démission de gouvernement pour être aussitôt chargé d'en former un nouveau avec a priori peu de changements.

La semaine sera aussi dominée par les tractations sur les répartitions des postes clés de l'Assemblée en vue de la séance inaugurale du 27 juin où sera élu le successeur de Claude Bartolone. La déclaration de politique générale aura lieu le 4 juillet et permettra de voir ce qu'il reste d'opposition puisqu'une partie des candidats LR, UDI ou PS bien placés pour être élus comptent voter la confiance à 
Édouard Philippe.

AFP/VNA/CVN

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