08/11/2018 08:45
Il n'y a pas eu de vague "bleue" démocrate, mais la vague "rose" est incontestable. Deux ans après la défaite à la présidentielle d'Hillary Clinton, les élections américaines de mardi 6 novembre ont propulsé au Congrès un nombre record de femmes, souvent de fortes personnalités qui pourraient bousculer le statu quo.

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Ayanna Pressley, première femme noire élue au Congrès pour le Masschusetts, s'adresse à ses partisans à Boston, le 6 novembre.
Photo: AFP/VNA/CVN


Les résultats ne sont pas encore définitifs, mais les dernières projections mercredi 7 novembre du Centre pour les femmes américaines en politique (CAWP) montrent que la nouvelle Chambre des représentants comptera en janvier au moins 100 femmes, soit 15 de plus que le précédent record de 85, et le Sénat 23, au même niveau que le précédent record.

Vingt mois après la grande "Marche des femmes" qui a vu plusieurs millions d'entre elles manifester avec des bonnets roses contre Donald Trump, et un an après la naissance d'un mouvement #MeToo animé par les adversaires du président, cette vague féminine concerne quasi exclusivement le camp démocrate.

Près du tiers des élues à la Chambre sont nouvelles en politique. Et beaucoup d'entre elles sont issues de minorités ethniques (40 selon le dernier décompte du CAWP), religieuses ou sexuelles, dont l'élection constitue souvent une première pour leur communauté.

Parmi elles, Ayanna Pressley, première femme noire élue au Congrès pour l'État du Massachusetts; Ilhan Omar, du Minnesota, et Rashida Tlaid, du Michigan, premières femmes musulmanes au Congrès; Sharice Davids, avocate ouvertement homosexuelle du Kansas, et Deb Haaland, du Nouveau-Mexique, premières Amérindiennes élues au Congrès; ou encore Alexandria Ocasio Cortez, New-Yorkaise d'origine hispanique qui devient à 29 ans la benjamine du Congrès, de quelques mois plus jeune qu'Abby Finkenauer, première femme élue au Congrès pour l'Iowa.

Si le record de femmes gouverneures n'a pas été battu, trois États -Iowa, Dakota du Sud et Maine- ont élu des femmes pour la première fois, ainsi que le petit territoire de Guam.

"Variété de points de vue"

Que peuvent-elles changer au Congrès?

Le Comité national du parti démocrate s'est félicité mercredi 7 novembre d'une montée des femmes, qui constitue selon lui "un rejet cuisant des tentatives de Donald Trump et du parti républicain de revenir sur la couverture santé des femmes et leurs droits liés à la reproduction".

Il a par ailleurs annoncé qu'il soutiendrait les efforts pour obtenir notamment "égalité de salaire, congé maternité, couverture santé et garde d'enfants à des prix abordables".

Mais Kelly Dittmar, collaboratrice du CAWP et professeure à l'université Rutgers, estime qu'il est trop tôt pour savoir quelles priorités privilégieront les nouvelles élues.

"Ce qui importe, c'est qu'elles apportent une variété de points de vue", souligne cette experte.

Pour la première fois, par exemple, les femmes musulmanes vont se faire entendre au niveau législatif fédéral, "où les questions de liberté religieuse et de sécurité nationale vont désormais main dans la main avec les discriminations contre les musulmans", ajoute-t-elle.

Beaucoup des nouvelles élues ont aussi promis de redonner une voix aux petites gens, face à des élites politiques accusées d'être déconnectées des problèmes quotidiens des classes moyennes.

Si beaucoup de femmes ont gagné, c'est qu'elles sont "restées concentrées sur les problèmes dont on parle à l'heure des repas, ceux qui comptent vraiment pour les familles", a affirmé la gouverneure élue du Michigan, la démocrate Gretchen Whitmer.

AFP/VNA/CVN

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