08/05/2020 08:50
La France s'apprêtait jeudi 7 mai à suivre plusieurs pays européens dans un déconfinement prudent et sous hautes restrictions face à la pandémie du nouveau coronavirus, dont les effets dévastateurs sur les économies mondiales continuent de se faire sentir.
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Une jeune fille sur une plage (fermée) de Palavas-les-Flots, dans le Sud de la France, le 7 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

À Washington, où une Journée nationale de prière a été décrétée, Donald Trump a prié pour que "les scientifiques et les chercheurs (...) trouvent des traitements et des vaccins, et qu'il les trouvent vite" alors que le pays est le plus touché au monde avec plus de 73.000 morts.

La Maison Blanche a révélé qu'un militaire travaillant dans l'entourage de M. Trump avait contracté le virus, mais que le président et son vice-président Mike Pence "ont depuis été testés négatifs au virus et restent en bonne santé".

De l'autre côté de l'Atlantique, le Premier ministre français Edouard Philippe a annoncé la levée progressive du confinement à partir de lundi 4 mai.

Comptant près de 26.000 morts du COVID-19, le pays est néanmoins "coupé en deux" entre départements "verts" et "rouges", où la circulation du virus est plus active, avec une plus grande pression sur le système hospitalier.

Toujours pas de collège 

Dans cette zone "rouge", qui inclut toute l'agglomération parisienne et le Nord-Est du territoire, de nombreuses restrictions resteront en vigueur : pas d'ouverture des collèges ni des parcs et jardins, strictes mesures de distanciation dans les transports notamment.

La France "est prête pour tester massivement" les personnes présentant des symptômes, à raison de 700.000 tests par semaine, a assuré le ministre de la Santé, Olivier Véran. L'incapacité des autorités à mener ces mêmes tests, ainsi que le manque de masques, avaient alimenté ces dernières semaines les critiques contre l'exécutif.


La fermeture des frontières restera toutefois "la règle", selon le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Les restrictions aux frontières avec les pays de l'espace européen (Union européenne, Schengen, Royaume-Uni) seront "prolongées jusqu'au 15 juin au moins" et les frontières avec les pays non-européens "resteront fermées jusqu'à nouvel ordre", a-t-il déclaré.

La France, deuxième économie européenne, emboîte ainsi le pas aux pays d'Europe déjà engagés dans le déconfinement, Allemagne en tête.

La pandémie a tué 266.919 personnes dans le monde, dont plus de 150.000 personnes en Europe : les trois quarts au Royaume-Uni (30.615), en Italie (29.958), en Espagne (26.070) et en France (25.987), selon un bilan établi par l’AFP à partir des chiffres de sources officielles, très vraisemblablement sous-estimés.

Fort de chiffres d'infection "très satisfaisants", Berlin a décidé mercredi 5 mai de lever la quasi-totalité des restrictions imposées depuis la mi-mars, mais les frontières restent fermées.

En Norvège, pays qui a adopté un régime de semi-confinement à la mi-mars, les écoles pourront rouvrir à compter de lundi 4 mai et les bars à partir du 1er juin. L'objectif est de rouvrir pour le 15 juin "la plupart des choses qui étaient fermées", selon la Première ministre norvégienne, Erna Solberg.

Messe sans eau bénite 

Très durement touchée et engagée dans un déconfinement prudent, l'Italie va tester 150.000 habitants de la région de Rome.

Les catholiques pourront toutefois renouer avec leurs églises à partir du 18 mai : les fidèles assisteront à la messe et aux autres cérémonies religieuses, à condition d'avoir un masque, d'être bien espacés et de se passer d'eau bénite.

Au Royaume-Uni, le premier ministre Boris Johnson, lui même rescapé du COVID-19, a appelé les Britanniques à la patience, à trois jours d'une allocution dans laquelle il doit annoncer un assouplissement "très limité" de certaines restrictions.

La Suède, qui a pris des mesures plus souples que la plupart des autres pays européens, a officiellement dépassé le seuil des 3.000 morts. Selon les autorités sanitaires, le pays a "réussi jusqu'à présent à maintenir la maladie sous le seuil de ce que les services de santé peuvent gérer".

Un couple dans le centre de Moscou le 7 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

En Grèce, l'Acropole d'Athènes, monument phare de l'Antiquité attirant chaque année des millions de visiteurs, rouvrira le 18 mai avant la réouverture des musées le 15 juin, ainsi que tous les sites archéologiques du pays, mais avec des mesures de distanciation.

La Belgique rouvrira lundi 4 mai des commerces non essentiels. À l'inverse, la ville de Moscou a annoncé jeudi 7 mai le port obligatoire du masque dans les transports, et une prolongation de son confinement jusqu'au 31 mai, alors que la Russie, longtemps épargnée, connaît une forte hausse du nombre de cas détectés.

Au plan économique, les nouvelles désastreuses continuent : comme beaucoup d'autres puissances, le Royaume-Uni voit son économie se contracter dans des proportions inouïes, avec une récession de 14% prévue cette année par la Banque d'Angleterre.

Aux États-Unis plus de 3,1 millions de nouveaux chômeurs ont été dénombrés en une semaine, portant le total à 33,5 millions depuis le début de cette pandémie.

Uber a lui annoncé une perte de 2,9 milliards d'USD au premier trimestre, soit quasiment le triple d'il y a un an, à cause de la pandémie qui a "durement frappé" la réservation de voitures avec chauffeur. En revanche, son service de livraisons de repas à domicile profite du "Grand confinement", avec un chiffre d'affaires en hausse de 53%.

L'OMS inquiète 

Une soignante réconforte un patient atteint par le coronavirus, le 5 mai dans un hôpital de Cambridge, au Royaume-Uni.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Les effets les plus dévastateurs et déstabilisateurs (du virus) se feront sentir dans les pays les plus pauvres", a rappelé jeudi 7 mai l'ONU, mettant en garde contre une "augmentation significative des conflits, de la faim et de la pauvreté".

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a pour sa part estimé que "83.000 à 190.000 personnes en Afrique pourraient mourir du COVID-19" en un an, si les mesures de confinement échouent.

L'OMS a aussi rappelé à l'ordre les dirigeants africains contre la tentation de promouvoir sans tests scientifiques la tisane présentée par le président malgache Andry Rajoelina comme un remède contre le coronavirus, et livrée dans plusieurs pays du continent.

Après les États-Unis, le Japon est devenu le deuxième pays à autoriser le médicament américain remdesivir pour traiter le COVID-19. Ce médicament, qui aide au rétablissement des malades, à défaut de faire baisser la mortalité, avait obtenu la semaine dernière une autorisation en urgence de l'agence américaine du médicament (FDA).

Sur le traçage des patients du COVID, toutes les applications de suivi lancées dans le monde présentent des failles de sécurité "plus ou moins critiques", s'alarme une étude publiée jeudi 7 mai de l'expert en sécurité mobile Pradeo.

Plus de la moitié de ces trente applications gouvernementales ou soutenues par des organismes publics portent atteinte à la vie privée. Trois en particulier - la turque (koronaonlem.saglik.gov.tr), la britannique (covid.joinzoe.com) et l'américaine (howwefeel.org) - sont "clairement problèmatiques".

AFP/VNA/CVN
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