21/12/2014 09:36
Le yêm est un cache-sein qui faisait jadis partie de l’habillement traditionnel des Vietnamiennes. L’anthropologue Giang Quân revient sur l’origine et sa beauté.
>>Hanoi aux couleurs de la Journée des patrimoines culturels


Le yêm était un habit indispensable pour les femmes. Il était porté par les jeunes filles dès 13 ans. Si on ne peut affirmer avec certitude la date de son apparition, le yêm était, dans le Nord du Vietnam, une tenue importante pour les femmes provenant de toutes les couches sociales. Souvent fabriqué en soie fine et dans différentes couleurs, il permettait à celles qui le portaient de mettre en valeur leur beauté, en laissant nues leurs épaules et une partie de leur dos.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, le yêm avait la forme d’un carré porté à l’oblique sur le devant du buste, avec deux lanières nouées dans le dos. On distinguait différents types de yêm en fonction de la forme du col : rond ou en V. Au début du XXe siècle, le yêm s’est diversifié dans ses formes et ses modèles. Les couleurs et les matières déterminaient à quelle classe appartenait une femme. Celles issues des familles aisées et cultivées portaient généralement des yêm en soie, alors que les femmes de condition modeste revêtaient des yêm en soie sauvage ou en coton, de couleur sombre.

L’exposition sur la beauté du yêm se tient actuellement à la maison communale Dông Lac, au 38, Hàng Dào. Pourquoi avoir choisi ce lieu ?

La maison communale Dông Lac était autrefois le lieu de vente des yêm de soie. Elle a été construite au XVIIe, à l’époque de la dynastie des Lê postérieurs (1428-1778), au sein d’une rue spécialisée dans le commerce des soies et la teinturerie. Elle s’appelle actuellement rue Hàng Dào. Dans cette maison, vous trouvez aujourd’hui une petite stèle datant de plus de 150 ans avec l’inscription Quyên Yêm Thi Dinh (littéralement «marché des yêm de soie»).


 

La beauté et l’élégance des filles vietnamiennes portant un yêm en soie.

Photo : CTV/CVN

                                                                                                        


 

Quelle était la signification du yêm dans la culture de l’habillement des Vietnamiennes d’autrefois ?

Aujourd’hui, le yêm ne se porte plus. Comment faire pour préserver la valeur et l’image de cette tenue ?

Inciter les jeunes à étudier davantage la culture de l’habillement de leurs ancêtres, dont fait partie le yêm, serait un moyen. Car la culture et la société évoluent. Et avec elles les vêtements, représentatifs de chaque époque. Actuellement, seuls les artistes actifs dans les arts traditionnels, notamment le chèo (chant populaire) et le quan ho (chant alterné de la province de Bac Ninh, Nord), portent encore le yêm lors de leurs prestations. Musées, poèmes et chants populaires en font aussi son apologie.


 
Exposition sur le yêm à Hanoi

L’exposition sur l’élégance du yêm, un cache-sein porté autrefois par les Vietnamiennes, a débuté le 20 novembre à la maison communale Dông Lac, au 38, rue Hàng Dào. Elle se poursuit jusqu’au 31 décembre.



Linh Thao/CVN


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