04/10/2017 17:56
“Xe ôm” est un mot qui désigne aussi bien un type de déplacement (le taxi à moto, ou taxi-moto) que la profession de conducteur de taxi-moto. Les vietnamiens disent «Je prends le xe ôm» (comme «Je prends le vélo» et «Le xe ôm me transporte au travail»).

Étant en grand nombre dans la ville, ils se réunissent généralement à l’arrêt de bus, à de grandes stations, aux sites touristiques…Une image urbaine très populaire : les xe ôm sont à chaque coin de rue, ils se parlent, lisent, boivent du thé ou font la sieste sur leur propre moto. Quand les gens les appellent, les xe ôm les conduisent aux lieux demandés, en général de petites distances.

Après la course, les clients paient une somme d’argent déjà négociée au préalable. Le prix pour prendre une course de xe ôm est plus cher que le bus et moins cher que le taxi, pour une même distance. Les chauffeurs de taxi à moto peuvent être des guides touristiques expérimentés, parce qu’ils connaissent toutes les ruelles de la ville. Beaucoup de passants, spécialement des touristes demandent de l’aide pour trouver leur chemin.

Les xe ôm sont partout en ville. 

Cependant le métier de xe ôm provoque quelques problèmes pour la société. La somme à payer n’est pas toujours fixée. Normalement, les clients dépensent 15.000-20.000 VND pour moins d’un kilomètre. Mais les chauffeurs augmentent le prix quand les clients sont touristes ou étrangers ou encore en raison du mauvais temps. Il faut toujours donc négocier le prix avec un xe ôm, pour baisser le prix de 5.000-10.000 VND. Mais cette étape est difficile, et parfois impossible quand le conducteur sait que la personne a vraiment besoin de lui, par exemple quand elle est trop pressée d’aller à un rendez-vous important, ou quand elle ne connaît pas le chemin.

J’ai vécu cette situation il y a deux mois, quand je suis rentrée à Hanoï de Thai Binh- une province située à 100 kilomètres de Hanoï. L’autobus m’a laissé à un endroit que je ne connaissais pas. Je devais me rendre à l’arrêt de bus et je ne savais pas comment y aller. Un moto-taxi m’a approché et m’a demandé si le prix de 30.000 VND pour une course à l’arrêt de bus me convenait. J’ai essayé de faire baisser le prix mais il n’était pas d’accord pour la raison qu’«il fait trop chaud et je dois attendre ici toute la journée, en plus le chemin est assez long».

Finalement, j’ai accepté ce prix et je suis montée sur sa moto. En arrivant, j’ai trouvé que la distance parcourue n’était qu’un kilomètre mais j’ai payé 30.000 VND, sans rien dire. Un autre moyen pour ces conducteurs de gagner plus est de choisir un trajet plus long pour demander un frais additionnel, et ce dernier est accepté éventuellement par les clients qui n’aiment pas la dispute.

À notre époque, plusieurs xe ôm ont souvent mauvaise réputation. Ils arrêtent l’école assez tôt et manquent souvent de connaissances culturelles et d’étiquettes sociales. C’est la raison pour laquelle les passants dans la rue aperçoivent parfois des querelles entre les chauffeurs. Ces animosités s’expliquent par le grand nombre de xe ôm présents dans les villes depuis des dizaines d’années. Quelques personnes disent même des gros mots et ne respectent pas la loi routière (griller les feux rouges, ne pas porter de casque,…) Les xe ôm ont notamment une habitude étonnante : à chaque fois que le bus ralentit et que ses portes s’ouvrent, ce sont 3-5 pilotes qui l’approchent et hèlent à voix haute pour «racoler» les passagers en train de descendre.

En général, ce sont des hommes qui exercent le métier de xe ôm. Mais récemment, on voit de plus en plus de femmes attendant des passagers. Contrairement aux hommes, elles ne font pas la sieste sur leur moto. Elles ont l’air plus calmes, plus prudentes. C’est pourquoi elles sont plutôt choisies par les femmes et les filles.

Le métier de taxi-moto est dur. Ils sont dans la rue, sous la pluie et le soleil toute la journée dans l’attente de clients. Parfois le temps est extrême, mais plusieurs xe ôm ne s’arrêtent pas de travailler pour autant, parce qu’ils sont sous la pression de gagner leur vie. En outre, ce métier est assez compétitif à cause au grand nombre de xe ôm dans une même ville. Il arrive parfois  qu’un xe ôm ne conduit aucun client pendant la journée; leur revenu est donc instable. Pourtant, ils sont souvent marqués par la convivialité et la volonté d’aider les gens.

Les xe ôm s’approchent du bus lorsqu’il s’arrête. 

Avec le temps, le métier de Xe ôm change car nous sommes dans l’ère de la quatrième révolution industrielle qui “va bouleverser notre société dans ses fondements" (Klaus Schwab). Les conducteurs «modernes», possédant un smartphone connecté à Internet, utilisent des applications comme Grab ou Uber pour contacter les clients. Ils offrent un prix plus raisonnable que les taxi-moto «traditionnels». En plus, il est fixé et annoncé par avance sur l’application, ce qui élimine les soucis de prix chez. En conséquence, les xe ôm «modernes» attirent de plus en plus de clients.

Ils attendent les clients, sous le soleil et même la pluie

Visant à diminuer l’embouteillage et les problèmes environnementaux dus à la moto, le Comité de Hanoï a l’intention d’interdire la moto au sein de la capitale. Les avantages de cette interdiction sont indéniables, mais elle peut amener la disparition des xe ôm (traditionnels) à l’intérieur de Hanoï où le nombre des xe ôm est énorme. Quand les xe ôm quittent le travail de taxi-moto, ils doivent se confronter au chômage, ce qui devrait être pris en compte par les responsables locaux et par les entreprises et organisations sociales pour les aider dans la recherche de nouveaux emplois.

Je ressens un sentiment proche pour les gens de xe ôm. Chez eux je trouve des caractèristiques provinciales à travers leurs comportements, leurs manières de communiquer. Et comme je viens moi-même de la province, je ressens une atmosphère familiale quand j’ai des contacts avec eux au sein de Hanoï, là où tous les éléments du mode de vie sont différents de ceux de mon lieu de naissance. Pour moi, ces caractèristiques sont des valeurs spirituelles que les xe ôm apportent. 

Hà Ngoc Anh/CVN

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