26/05/2021 12:03
La ville de Goma, dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), a vécu mardi 25 mai dans l'angoisse d'une nouvelle éruption du volcan Nyiragongo dominant la ville, où de longues fissures ont fracturé le sol secoué par de violents séismes à répétition.
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Des habitants de Goma, dans l'Est de la République démocratique du Congo, s'organisent au lendemain de l'éruption du volcan Nyiragongo, le 23 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le bilan humain de l'éruption soudaine de samedi 22 mai soir est monté à 32 morts, selon les autorités locales, tandis qu'une première évaluation des organisations humanitaires internationales faisait état de 900 à 2.500 habitations détruites par les coulées.

Tout au long de la journée, de forts tremblements de terre ont secoué la région toutes les dix à vingt minutes, certains de forte intensité.

Deux fissures, larges de quelques dizaines de centimètres par endroits, ont fracturé le sol en pleine ville, dont l'une courait sur plusieurs centaines de mètres jusqu'au lac Kivu, a-t-on constaté, alimentant la psychose d'une nouvelle éruption du volcan.

"Avec cette longue fissure au mont Goma nous sommes terrifiés. Qu'on puisse nous dire où on peut aller car nous craignons le pire", déplorait sur place Ishara Bashinenga.

"La situation est confuse, les gens hésitent. Il y a ceux qui rentrent, ceux qui repartent, c'est toujours la peur", a résumé un autre habitant angoissé.

Sous la violence des secousses, au moins quatre bâtiments se sont partiellement effondrés, dont un immeuble de trois étages dans lequel huit personnes ont été grièvement blessées, selon la protection civile locale.

De nombreuses façades et cloisons de maisons se sont lézardées, alors qu'une poussière noire recouvre les voitures et imprègne les vêtements.

"Cendres toxiques" 

"Nous vivons tous dans la peur d'une nouvelle éruption", a confié le responsable local d'une organisation internationale, disant dormir dehors par peur des tremblements de terre, comme d'ailleurs de nombreux habitants.

Une coulée de lave à Goma, dans l'Est de la République démocratique du Congo,  au lendemain de l'éruption du volcan Nyiragongo, le 23 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le RSM (Rwanda sismic monitor), l'organisme public en charge de la surveillance sismique au Rwanda voisin, a enregistré des dizaines de secousses tout au long de la journée, allant jusqu'à une magnitude de 5,3 à 14h00 locales (12h00 GMT).

Lundi 24 mai, il y a eu 119 tremblements de terre, a précisé devant la presse un responsable de l'Observatoire de volcanologie de Goma (OVG), Kasereka Mahinda.

"Leur intensité commence à diminuer. Mais ces tremblements de terre peuvent causer des dégâts", a-t-il déclaré. "La Terre a éjecté de la lave à la surface, un vide s'est créé à l'intérieur, ce vide à besoin de se remplir petit à petit pour récupérer son équilibre", a de nouveau expliqué M. Kasereka

"D'anciennes fissures se sont rouvertes. Ces fractures se prolongent vers le lac. Nous sommes convaincus que ça ne va pas continuer. (...) nous devons maintenant apprendre à vivre avec", a-t-il observé.

"Le volcan émet beaucoup de poussières, de cendres dans l'atmosphère. Ces cendres sont très toxiques", a mis en garde le scientifique. "Nous interdisons à la population de prendre l'eau de pluie, quel qu'en soit l'usage. Comme par exemple laver les légumes".

Pas d'évacuation 

Selon un membre de la délégation gouvernementale sur place depuis lundi 24 mai, "l'option d'une évacuation complète de la population de Goma n'est pas encore retenue". "Pour le moment, la délégation poursuit sa mission d'assister les victimes", a souligné cette source, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Le bilan humain ne cesse d'évoluer à la hausse, passant à 32 morts depuis l'éruption, selon la protection civile. Selon M. Kasereka, de l'OVG, 30 personnes ont trouvé la mort du fait des coulées de lave.

La Mission de l'ONU en RDC (Monusco) a indiqué avoir "effectué huit vols de reconnaissance en hélicoptère et deux vols de drones pour recueillir des informations sur l'activité du volcan".

Un enfant perdu pendant la fuite des habitants de Goma s'est assis sur un trottoir, le 23 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN 

Selon une évaluation humanitaire conjointe, entre 900 et 2.500 habitations ont été détruites par la lave.

Outre le soutien aux déplacés et la recherche des enfants perdus, "le problème urgent, c'est l'eau", dans une ville en partie privée d'eau potable, après la destruction partielle par la lave d'une station d'épuration, et d'électricité, selon le CICR. Selon la radio onusienne Okapi, ce sont au moins dix quartiers qui sont privés d'eau courante.

L'UNICEF s'est alarmée du sort d'au moins 150 enfants séparés de leurs parents, et de 170 autres portés manquants.

La route menant de Goma à Butembo, axe régional majeur et vital pour l'approvisionnement de la ville, a été coupée sur près d'un kilomètre par l'immense coulée de lave rocheuse et noirâtre.

L'aéroport de Goma reste pour le moment fermé, mais celui de Bukavu, à 70 km au sud-ouest, rouvert la veille, a été de nouveau fermé sur ordre du ministère des Transports.

AFP/VNA/CVN
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