21/04/2019 22:08
Situé dans le centre du district de Hon Dât, le village de Dâu Doi est une étape incontournable pour les amateurs de poterie et de céramique.
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Un artisan du village de potiers de Dâu Doi. Photo: HND/CVN

Dans les années 1980, on parlait de l’âge d’or de Dâu Doi, ses produits s’écoulaient alors comme des petits pains. Les fours et ateliers se multipliaient partout mais avec le temps, on a vu apparaître de nouveaux matériaux et l’engouement pour les poteries et céramiques lourdes, fragiles et encombrantes, s’est réduit comme peau de chagrin. Un lent et douloureux déclin s’est opéré.

Aujourd’hui, on ne fabrique plus que des petits fours en terre cuite, nous explique Trân Van Tuê, propriétaire d’un atelier. Depuis une dizaines d’années, pour travailler la terre, il utilise un broyeur qui lui permet de broyer finement l’argile. Avant cette machine, pour malaxer la terre à la main, il fallait compter deux ou trois jours, aujourd’hui, en deux heures, le travail est terminé.

"Je suis la troisième génération de céramiste. Ce métier se transfère de père en fils. Moi, je fabrique les fours pour les six provinces du Sud-Ouest. Ça me rapporte pas mal. Toutes les deux semaines, j’en vends un millier, soit 5 millions et demi de dôngs", a partagé Trân Van Tuê.

Les hommes prennent en charge le malaxage, le séchage et les autres travaux  nécessitant de la force. Les femmes ne procèdent qu’au modelage. Ngô Thi No, céramiste depuis une vingtaine d’années, a appris les techniques de sa mère: "Chaque jour, je peux faire une cinquantaine de fours. Ils me rapportent environ 100.000 dongs. Bien que ce ne soit pas encore beaucoup, j’aime ce métier ancestral".

Une fois les pièces réalisées et séchées, il faut les cuire au four, une étape fondamentale. Depuis une vingtaine d’années, les artisans à Dâu Doi n’utilisent que la balle de paddy comme combustible à la place du bois ou de la paille. Trân Thi Sang nous explique: "La balle de riz est capable de stabiliser la température pendant trois ou quatre jours, alors que le bois ou la paille se consument en deux ou trois heures au maximum. Chaque atelier consomme entre 500-600 sacs de balle de riz par jour".

Les produits de Dâu Doi sont extrêmement solides et leur réputation irradie tout le delta du Mékong.

VOV/VNA/CVN
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