01/12/2020 00:00
Trente ans après la découverte du premier cas du VIH/sida sur son territoire, le Vietnam fait maintenant partie du cercle restreint des pays offrant la meilleure prise en charge contre cette maladie.

Chaque année, le pays compte 150.000 patients du VIH/sida suivant un traitement antirétroviral. 
Photo : VNA/CVN

La prévention et la lutte contre le VIH/sida sont l’une des priorités du gouvernement vietnamien. Selon les statistiques du ministère de la Santé, le pays compte environ 250.000 personnes séropositives et 102.000 mortes du sida depuis le premier cas du VIH découvert à Hô Chi Minh-Ville en 1990. L’épidémie est apparue dans toutes les provinces et dans 80% des communes, districts et bourgs du pays.

Au début des années 2000,  le VIH/sida commençait à se propager rapidement au Vietnam. En 2000, seulement 10.000 cas séropositifs étaient identifiés. Ce chiffre est monté à 30.000 en 2007 avec plus de 15.000 décès. La majorité des porteurs du virus étaient en âge de travailler et de soutenir leur famille. Durant ces années, le sida était donc devenu une épidémie extrêmement dangereuse, affectant gravement la santé des habitants et se répercutant directement sur le développement socio-économique du pays. Or, le ministre de la Santé, Nguyên Thanh Long, informe qu’avec l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Suisse, le Vietnam est l’un des quatre pays à offrir la meilleure qualité du traitement contre le VIH/sida dans le monde. Il est considéré par la communauté internationale comme l’un des "points lumineux" dans ce combat.

En effet, chaque année, le pays effectue 7.000 tests réservés aux groupes de personnes à haut risque et traite continuellement 150.000 patients du sida avec des médicaments antirétroviraux (ARV). Ces cinq dernières années, le nombre de cas de VIH détectés annuellement a diminué de deux tiers et celui de décès, de 80%.

Une série de mesures

Ces  résultats aident le Vietnam à atteindre un taux d’infection au VIH dans la communauté d’environ 0,23% en 2020, contre 0,3% de l’objectif fixé par la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre le VIH/sida pour 2020, avec vision pour 2030.

Pour obtenir ces grandes réalisations, le pays a mis en place une série de mesures globales au niveau social et médical. Le Vietnam dispose notamment d’un système complet de documents juridiques sur la prévention et le contrôle de cette maladie.

Les professionnels de la santé ont accès aux données les plus récentes. Le pays applique de nouveaux modèles de prévention et de contrôle, élargit divers types de dépistage et de traitement (accès précoce, traitement quotidien) et multiplie les interventions de prévention (préservatifs, thérapie de substitution à la méthadone et à la buprénorphine). Le Vietnam est un pays qui a lancé très tôt de nouvelles initiatives pour prévenir la transmission du VIH, comme la prophylaxie pré-exposition (PrEP), un traitement médicamenteux empêchant l’infection par le virus du sida.

En outre, la campagne de sensibilisation à grande échelle dénommée “I = I” (Indétectable = Intransmissible) a été mis en œuvre énergiquement. Cela signifie que les personnes séropositives qui prennent un traitement antirétroviral tous les jours  et qui atteignent et maintiennent une charge virale indétectable n’ont aucun risque de transmettre le virus à un partenaire séronégatif. Cette campagne encourage les personnes vivant avec le VIH à accéder rapidement aux services de traitement et à se soumettre régulièrement à des tests de charge virale, tout en atténuant la discrimination à l’égard des personnes infectées. Notamment, en 2014, le Vietnam a été le premier pays engagé auprès des Nations unies à répondre aux  objectifs 90-90-90 pour 2020 qui sont les suivants : 90% des personnes vivant avec le VIH connaissant leur statut sérologique, 90% des personnes dépistées recevant un traitement antirétroviral et 90% des personnes sous un traitement voyant leur charge virale disparaître.

Appréciant les réalisations du Vietnam, Eamonn Murphy, directeur régional Asie-Pacifique du Programme commun des Nations unies sur la prévention et le contrôle du VIH/sida (ONUSIDA), estime que le pays est sur la bonne voie en matière de prévention et de contrôle du sida.

Grâce à ses efforts, le Vietnam a connu une baisse de 65% du nombre de nouvelles infections au VIH entre 2010 et 2018. Il s’agit du  plus grand pas en avant dans la région Asie-Pacifique dans ce combat.

Difficultés et solutions

Soins médicaux à un patient du sida à Hô Chi Minh-Ville. 
Photo : VNA/CVN

"Bien que l’épidémie de VIH/sida ait été considérablement réduite, elle reste présente et il existe toujours des risques potentiels de reprise en cas de relâchement dans la lutte et la prévention", estime le Docteur Nguyên Hoàng Long, chef du Département de prévention et de lutte contre le VIH/sida (ministère de la Santé). 

Selon les réglementations internationales, si un pays a moins de 1.000 personnes nouvellement infectées sur une année, il entrera dans la liste des "pays sans épidémie". Le Vietnam compte actuellement encore 10.000 nouveaux cas chaque année.

D’après le Dr. Long, il existe toujours un écart important selon les régions, celles les plus isolées ne bénéficiant pas des mêmes moyens que les centres urbains.
Il note également que les cas de séropositivité ont tendance à augmenter dans la communauté homosexuelle masculine. C’est aujourd’hui le groupe à risque le plus élevé. La stigmatisation et la discrimination envers les personnes contaminées constituent toujours des problèmes cruciaux. Environ 40% des personnes séropositives n’ont pas encore bénéficié d’un traitement anti-VIH.

En outre, le retrait progressif des bailleurs de fonds internationaux dans la lutte contre le VIH/sida risque d’anéantir des années d’avancées dans ce domaine. C’est un grand défi dans un contexte où le budget local réservé aux activités de prévention et de lutte reste limité.

Face à cette situation, il est important de mettre l’accent sur l’élargissement des services de prévention et de dépistage, la découverte et les traitements précoces pour les personnes les plus vulnérables, celles vivant dans les régions reculées…

La mobilisation des organisations sociales et les ressources apportées par le secteur privé pour participer aux activités de prévention et de lutte contre le VIH/sida sont aussi primordiales.

Il convient également de renforcer les activités de sensibilisation afin d’accroître la prise de conscience dans la lutte contre cette maladie chez les groupes de personnes à haut risque.
Huong Linh/CVN


 
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