24/03/2018 09:56
Le gouvernement a fixé l’objectif d’ici 2025 de 10 milliards de dollars d’exportations de crevettes. Le secteur pénéicole représentera 10% du PIB national et se dotera d’une marque de crevette connue et reconnue à l’international.
>>Crevette : faire de ce secteur une grande industrie durable
>>Un bon début pour les exportations de produits aquatiques
>>Crevettes, fruits et légumes, fers de lance de l’agriculture vietnamienne

Le gouvernement vient de promulguer le Plan d’action national sur le développement du secteur de la crevette du Vietnam à l’horizon 2025. Selon ce plan, le pays entend créer une grande industrie durable de production et de transformation de crevettes qui s’adapte aux changements climatiques et est soucieuse de l’environnement écologique. Pour accroître la valeur de ses exportations, le secteur compte aujourd’hui miser également sur la commercialisation des crevettes géantes d’eau douce et des homards.

Le Vietnam est aujourd’hui le 1er exportateur mondial de crevettes et le 3e producteur derrière la Chine et l’Indonésie. 
Photo : Manh Linh/VNA/CVN

Pour la période 2017-2020, le Vietnam envisage d’atteindre un chiffre d’affaires à l’export de crevettes de 5,5 milliards de dollars, soit une croissance moyenne annuelle de 10,79%. La superficie totale des crevettes d’eau saumâtre sera de 710.000 ha avec une production de 832.500 tonnes par an.

Pour la période 2021-2025, l’industrie crevetticole dotée de hautes technologies devrait s’imposer dans les zones d’élevage principales. Le pays vise un chiffre d’affaires à l’export de crevettes de 10 milliards de dollars, soit une croissance moyenne annuelle de 12,7%. L’élevage de crevettes saumâtres occupera 750.000 ha, pour une production de 1.153.000 tonnes.

Afin de développer ce secteur, il faut planifier des zones d’élevage en évitant tout développement spontané et dispersé. La planification doit aussi être corrélée à la conservation des conditions naturelles pour protéger les crevettes et autres espèces de valeur sur le plan économique. Pour sa part, la Banque d’État doit orienter les banques commerciales vers des politiques de crédit à des taux d’intérêt raisonnables en faveur des producteurs de crevettes. Particulièrement, toutes les violations dans le processus d’élevage et de transformation qui porteront atteinte au prestige du secteur pénéicole du pays seront sévèrement punies.

La crevette, produit d’exportation phare

En vue d’un chiffre d’affaires à l’exportation de 10 milliards de dollars en 2025, le vice-ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Vu Van Tam, a estimé que la modernisation technologique de la filière serait indispensable pour augmenter les rendements et la qualité, et contrôler la bonne santé des élevages. Les débouchés commerciaux doivent être élargis et des mesures nécessaires prises pour contrer le protectionnisme de certains pays. Frappée de plein fouet par les changements climatiques et la salinisation, l’aquaculture vietnamienne entend, à court terme, faire de la crevette l’un de ses produits d’exportation phares.

À l’horizon 2025, le pays compte bien atteindre le cap des 10 milliards de dollars d’exportations de crevettes.
Photo : Vu Sinh/VNA/CVN

D’après le ministre de l’Agriculture et du Dévelop-pement rural, Nguyên Xuân Cuong, la crevette est un produit de valeur. Elle a permis une percée dans la restructuration du secteur aquacole national. Avec l’érosion des côtes et l’élévation du niveau de la mer, le phénomène d’intrusion saline va s’accentuer et offrir des conditions favorables à l’élevage de ces crustacées sur des terres autrefois dévolues à l’agriculture, notamment dans le delta du Mékong. Il faut créer des marques de crevettes connues dans le monde entier, bâtir ensemble une aquaculture moderne avec des produits à haute valeur ajoutée en appliquant des technologies avancées.

Le Vietnam est  l’un des trois premiers producteurs mondiaux de crevettes et en exporte chaque année pour 4 milliards de dollars. La demande internationale de crevettes et d’autres produits aquatiques est énorme, ce qui dynamise le secteur pénéicole vietnamien.Les crevettes “made in Vietnam” sont présentes dans une centaine de pays dont le Japon, les États-Unis et l’Union européenne (UE). Les crevettes à pattes blanches et les crevettes géantes tigrées sont les plus exportées.

Selon l’Association des produc-teurs et exportateurs de produits aquatiques du Vietnam (VASEP), l’UE est devenue en 2017 le premier marché importateur de crevettes vietnamiennes. En effet, les exportations nationales vers l’UE ont atteint 862,8 millions de dollars, soit une hausse de 43,7% en glissement annuel. Parmi les pays européens, les Pays-Bas étaient en tête avec une croissance de 71,6% (224,2 millions de dollars). Suivaient le Royaume-Uni (+55,5%) et la Belgique (+52,1%). L’accroissement des demandes des marchés importateurs clés tels que l’UE, la Chine, le Japon, la République de Corée, entre autres, a été engendré par les grandes fêtes de la fin d’année 2017. Par ailleurs, l’UE a refusé les crevettes en provenance d’Inde, premier concurrent du Vietnam, pour cause de traces d’antibiotiques, créant une conjoncture favorable pour les exportateurs vietnamiens. À noter également les efforts des entreprises vietnamiennes pour améliorer la qualité des produits afin de bénéficier d’un tarif préférentiel de l’UE en matière de droits à l’importation.
 
Thê Linh/CVN
 



 
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