22/06/2019 08:18
Le Vietnam affiche clairement ses ambitions maritimes. Son plan pour 2020, qui regroupe à la fois des enjeux économiques et de souveraineté, a pour objectif de renforcer le poids des activités liées à la mer dans l’économie nationale.

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La façade maritime du Vietnam s’étire sur plus de 3.260 km.
Photo: CTV/CVN

Le Vietnam se tourne vers le développement de l’économie maritime pour renforcer sa résilience au changement climatique et doper sa croissance. Au Vietnam, la mer joue un rôle primordial sur le plan économique et de la sécurité. Aussi, le développement d’une économie maritime efficace et durable revêt-il une signification importante pour l’économie nationale.

La restructuration de l’économie maritime s’est donnée comme priorités de développement le tourisme maritime et insulaire, les énergies renouvelables, les biotechnologies, l’industrie pharmaceutique, la navigation, l’exploitation pétrolière et d’autres minerais, la pêche, la construction navale.

Immense potentiel pour une "économie bleue"

Situé sur l’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, le Vietnam entend étendre ses activités liées à la pêche et à l’exploitation du pétrole offshore. Le pays, première puissance démographique de la péninsule indochinoise, jouit d’excellents atouts maritimes. L’économie maritime représente à l’heure actuelle environ 50% du Produit intérieur brut (PIB) national. Riche en ressources maritimes, le pays tente d’en optimiser l’exploitation pour s’assurer une nouvelle voie de développement. Concernant l’industrie maritime, il concentre ses efforts sur l’exploitation gazo-pétrolière, l’électricité éolienne ou encore la transformation des fruits de mer.

La mer et les îles jouent un rôle majeur dans le développement de l’économie maritime d’un pays. Un littoral de plus de 3.260 km de longueur et la présence de milliers d’îlots, d’îles et d’archipels permettent au Vietnam d’espérer développer une "économie bleue" durable. La mer du Vietnam comprend plus de 20 écosystèmes marins originaux qui abritent tous une riche biodiversité. Environ 11.000 espèces vivantes peuplent la mer vietnamienne. Parmi ces espèces, on trouve 2.400 espèces de poissons, 653 espèces d’algues marines, 225 espèces de crevettes marines, 617 espèces de coraux... En outre, 1.300 espèces sont endémiques. C’est une bonne base pour le développement stable de la pêche, du tourisme et la préservation de la biodiversité. Ainsi, le développement économique maritime doit être intégré à la conservation afin de construire un système économique durable en mer, autrement dit, une "économie bleue".

Riche en ressources maritimes, le pays tente d’en optimiser l’exploitation pour s’assurer une nouvelle voie de développement.
Photo: VNA/CVN

Selon le Département général des mers et des îles, il existe environ un million d’hectares submergés abritant des zones de reproduction et des espèces aquatiques rares. On y recense 5,4 millions de tonnes de poissons avec un potentiel d’exploitation durable estimé à 2,4 millions de tonnes par an.

Outre les ressources halieutiques, le Vietnam a découvert dans ses eaux territoriales 35 types de ressources minérales dont du pétrole, des métaux, des matériaux de construction et des pierres précieuses. Les golfes du Tonkin et de Thaïlande, les archipels de Hoàng Sa (Paracel) et Truong Sa (Spratly) ainsi que le plateau continental du Vietnam offrent de grands potentiels dans l’exploitation pétro-gazière. Par ailleurs, la Mer Orientale est l’une des quatre régions d’Asie de l’Est qui recèle un potentiel énorme en matière d’énergies renouvelables, notamment en clathrate, une matière servant de combustible pour un type d’énergie propre qui peut remplacer les énergies carbonées.

Avec 126 superbes plages, le pays possède des conditions favorables au développement des services de tourisme et de transport maritime. En effet, 50% des grandes villes sont des cités côtières. Le pays dispose de 145 estuaires et de nombreux ports maritimes, sans compter une centaine de lieux destinés à accueillir des ports dans le futur.

Ces dernières années, le PIB de 28 localités côtières a augmenté de 7% tandis que celui du pays était sujet à une croissance de 6%. En 2017, il représentait 60,5% du PIB national. Le revenu par tête d’habitant a donc atteint 65 millions de dôngs. Bien que la valeur ajoutée de l’économie maritime ait connu une augmentation au cours de ces dix dernières années, le gouvernement devra encore faire des efforts pour édifier une économie maritime puissante.

Le Vietnam se rêve en puissance maritime

La "Stratégie maritime du Vietnam jusqu’en 2020" mise en place il y a plus de dix ans à l’issue du 4e plénum du Comité central du Parti communiste vietnamien (PCV, Xe exercice), offre des résultats positifs. Toutefois, pour atteindre les objectifs fixés, il convient de trouver des dispositifs plus efficaces d’ici 2020.  La "Stratégie maritime du Vietnam jusqu’en 2020" s’articule autour des objectifs majeurs suivants: développer les secteurs économiques et scientifico-technologiques; renforcer la défense et la sécurité; atteindre une contribution du secteur maritime de l’ordre de 53-55% au PIB national et obtenir un revenu per capita deux fois plus élevé que la moyenne nationale. Le Vietnam souhaite également construire de nouveaux ports maritimes internationaux et mettre en place un management efficace.

L’Assemblée nationale (AN) et le gouvernement ont œuvré de concert avec le PCV pour mettre au point une stratégie visant à changer radicalement la physionomie de l’économie maritime nationale. L’AN a adopté des Lois sur la mer du Vietnam (2012), les ressources naturelles, l’environnement maritime et insulaire (2015), le Code de navigation maritime du Vietnam (2015), la Loi sur l’aquaculture (modifiée et complétée en 2017), etc. Le gouvernement a promulgué plus de dix arrêtés et le Premier ministre a fait de même pour plus d’une centaine de décisions concernant la gestion de l’État, la mise en œuvre des lignes, politiques, stratégies, aménagements et programmes de développement socio-économique, de garantie de la défense et concernant la sécurité maritime et insulaire.

Lors de ces dix dernières années, les ministères et secteurs du ressort central comme local ont fait des efforts pour intégrer de manière concrète et efficace la stratégie maritime dans les programmes et projets de développement de l’économie maritime. L’économie de navigation maritime a connu des évolutions remarquables. Les secteurs du transport maritime, des services portuaires et de la construction navale ont enregistré un rythme de croissance de 22% par an pendant la période 2007-2010 et de 13% par an pour la période 2011-2015. Jusqu’en novembre 2017, la flotte du pays représentait un tonnage total de 7,8 millions de tonnes, se classant au 4e rang au sein de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et au 30e rang mondial. Le volume de frets manutentionnés via les ports maritimes a augmenté d’année en année pour atteindre 511,6 millions de tonnes en 2017. Le volume de l’exploitation et de la transformation des fruits de mer a augmenté de 50% pour atteindre 3,19 millions de tonnes en 2017 contre 2,07 millions en 2007.

Depuis la mise en œuvre de la stratégie maritime, de nombreuses zones économiques et urbaines ont été édifiées le long du littoral. Fin 2017, le pays comptait 17 zones économiques côtières sur une superficie totale de près de 845.000 ha, attirant 78,6 milliards de dollars d’investissement. En 2016, les zones économiques (ZE) côtières ont réalisé un chiffre d’affaires total de 8 milliards de dollars et exporté pour plus de 5 milliards de dollars, contribuant au budget de l’État pour environ 30.000 milliards de dôngs. Ces ZE ont également créé des emplois pour environ 130.000 travailleurs. Cependant, pour devenir une puissance maritime, il faut une pensée de renouveau, faire en sorte que développement et conservation aillent de paire. L’édification d’une économie maritime verte doit se baser sur une approche intellectuelle et la créativité, avec l’accent mis sur les ressources naturelles.
 
Thê Linh/CVN
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