12/01/2019 07:57
Le pays a examiné et pris une série de mesures pour que la Commission européenne (CE) retire son "carton jaune". Entretien avec Nguyên Quang Hùng, chef adjoint de la Direction de la pêche du ministère de l’Agriculture et du Développement rural.
Nguyên Quang Hùng.
Photo: ST/CVN
Pourriez-vous parler de l’importance de la pêche légale pour l’intégration internationale du Vietnam?

Afin de développer l’économie des produits aquatiques, il est impératif que ce secteur soit développé conformément aux pratiques internationales, en particulier avec une réglementation sur la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). De cette manière, nous disposerons d’une pêche durable qui répondra aux exigences du marché dans un contexte d’intégration au niveau mondial et qui garantira des revenus pérennes pour les pêcheurs.

De plus, ce type de pêche est une exigence inévitable, car aucun marché n’acceptera de consommer des produits d’autres pays issus d’une pêche illégale. Actuellement, l’avertissement sous forme de "carton jaune" de la CE engendre de nombreux inconvénients en termes d’exportation vers le marché européen, entre autres.

Comment le Vietnam a-t-il fait avant et après que la CE ait adressé ce "carton jaune" pour la pêche illégale?

Avant que la CE ne nous mette en garde avec un "carton jaune" le gouvernement vietnamien avait déjà mis en place de nombreuses mesures pour lutter contre l’exploitation INN, qui visaient principalement à prévenir et à arrêter les navires de pêche violant les eaux étrangères. On peut citer la directive N°689/CT-TTg publiée le 18 mai 2010 sur la prévention, l’atténuation et la cessation d’activités des navires de pêche et des pêcheurs vietnamiens qui pêchent illégalement; les télégrammes du Premier ministre, N°1329/CĐ-TTg daté du 30 août 2012 et N°732/CĐ-TTg du 28 mai 2018 sur la prévention et la lutte contre les activités illégales dans les zones économiques exclusives étrangères…

Le groupe de travail intersectoriel 689 a été mis en place, au niveau central et local, pour bien appliquer.

Cependant, de nombreuses questions restent en suspens. Le 23 octobre 2017, la CE avait adressé un "carton jaune", en guise de premier avertissement au Vietnam, estimant que les mesures mises en place pour lutter contre la pêche INN, notamment pour perfectionner les documents juridiques et assurer la traçabilité des fruits de mer exportés vers l’Union européenne (UE), étaient insuffisantes.

Après l’attribution de ce "carton jaune", le gouvernement, le Premier ministre, les ministères et services concernés et les Comités populaires des 28 provinces et villes côtières ont pris des mesures énergiques pour la lutte contre la pêche INN, notamment la promulgation de la Loi sur la pêche de 2017 (amendée), l’amélioration des documents relatifs (décrets et circulaires) afin de garantir la compatibilité avec les réglementations internationales en la matière.

Dans le même temps, la direction et l’application des lois ont été renforcées afin d’assurer l’efficacité de la gestion publique.

La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) constitue une menace grave pour les ressources marines mondiales et la surpêche détruit les moyens de subsistance de nombreuses communautés dépendant de la pêche. C’est un grave problème mondial, l’un des principaux obstacles à la gestion durable des pêches.
Le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a également publié des directives, télégrammes et décisions afin de mettre en œuvre des mesures d’urgence contre la pêche INN et pour un retrait du "carton jaune".

Pour sa part, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural et les services concernés ont organisé des séances de travail avec les provinces et villes littorales sur la mise en œuvre des recommandations de la CE.

En outre, de nombreuses mesures ont été prises pour lutter contre l’exploitation INN: gestion stricte de la délivrance de licences aux navires de pêche, contrôle des navires hauturiers, intensification des patrouilles dans les zones maritimes afin d’empêcher et de sanctionner les infractions.

Les Associations de pêche, pour leur part, mènent des actions spécifiques avec le lancement du programme "Engagement pour la lutte contre la pêche INN" la publication du Livre blanc sur la pêche INN, la signature de chartes...

À quoi s’ajoutent, l’installation d’équipements de surveillance des  navires mesurant plus de 15 m, le contrôle strict de la sortie et de l’entrée aux ports des navires, etc.

Dans le même temps, les agences de gestion des ports sont chargées de s’assurer de la traçabilité des produits mis sur le marché.

Il faudrait aussi renforcer la coopération internationale, participer activement aux initiatives régionales concernant la lutte contre la pêche INN, promouvoir le partenariat bilatéral avec les autres pays régionaux et établir une ligne rouge téléphonique pour l’échange d’informations.

La pêche de thon, un atout de la province centrale de Phu Yên.
Photo: Thê Lâp/VNA/CVN

Quel est le plus gros défi dans la mise en œuvre des recommandations de la CE?

Lors de la mise en œuvre des réglementations répondant aux exigences de la CE en matière de pêche maritime, nous nous sommes heurtés à de nombreuses difficultés.

Premièrement, il est important d’inclure les recommandations de la CE sur l’exploitation INN dans le cadre juridique vietnamien. À ce titre, la Loi sur la pêche (amendée), adoptée en  2017 par l’Assemblée nationale, est un grand succès pour le secteur national des produits aquatiques car les contenus majeurs recommandés par la CE sont inscrits dans cette loi.

Une autre difficulté est la vétusté de la flottille de pêche et la qualification des ressources humaines. En particulier, nous devons changer les pratiques traditionnelles des pêcheurs vietnamiens, ce qui prendra beaucoup de temps.

Afin d’atteindre les objectifs concernant la pêche responsable et durable, quelles sont les solutions à long terme?

Le Vietnam devrait mettre l’accent sur les solutions suivantes.

Tout d’abord, il faudra continuer d’améliorer le cadre juridique visant à gérer et développer la pêche moderne, durable et respectueuse de l’environnement et des normes internationales.

Ensuite, être plus rigoureux en matière de gestion, de surveillance et de contrôle des bateaux de pêche et sanctionner sévèrement les contrevenants.

Puis, nous devrions réorganiser les flottes de pêche, exploiter les ressources aquatiques de façon raisonnée, s’orienter vers la fin des activités de pêche qui ne respectent pas l’environnement.

Dans le même temps, il faut coopérer avec d’autres pays et organisations internationales. Il faudrait aussi rehausser le rôle des autorités locales en la matière.

Enfin, il est important de promouvoir des campagnes de communication autour de la pêche INN.

Thành Trung - Hoàng Phuong/CVN

 
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