23/01/2016 09:04
L’Accord de partenariat transpacifique générera de nouvelles opportunités pour le Vietnam, en particulier pour le secteur agricole. Et pour cause, les pays parties représentent 40% du PIB mondial et 20% du total des échanges commerciaux de la planète.

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Le TPP devrait permettre de faire entrer l'agriculture vietnamienne dans une nouvelle ère. Photo : Huynh Su/VNA/CVN

Quand l’Accord de partenariat transpacifique (TPP) entrera en vigueur, les produits agricoles du Vietnam pourront être écoulés au sein d’un marché fort de 600 millions de consommateurs. Un chiffre qui explique la raison pour laquelle cet accord est considéré comme «l’un des leviers de la restructuration de l’agriculture et de l’aquaculture du pays», souligne Hà Công Tuân, vice-ministre de l’Agriculture et du Développement rural lors d’une récente réunion de son ministère.

Avantages par rapport à l’Inde et à la Thaïlande

Le vice-ministre Hà Công Tuân estime que le TPP, qui réunira 12 pays représentant 40% du PIB mondial et 20% du total des échanges commerciaux de la planète, permettra au Vietnam de réduire progressivement sa dépendance envers plusieurs de ses marchés traditionnels, qui sont d’ailleurs amenés à évoluer. La plupart de pays membres du TPP sont en effet de grands consommateurs de produits vietnamiens - notamment de produits agricoles et aquatiques. La majorité des produits agricoles seront exemptés de taxes. «Aussi seront-ils plus compétitifs, notamment les denrées aquacoles et les objets en bois», souligne Hà Công Tuân.

Aujourd’hui, les objets en bois exportés vers les États-Unis et le Japon représentent  respectivement 39% et 19% du total des exportations nationales. Les produits aquatiques destinés aux États-Unis 19%, et au Japon 16%. Le pays aura donc un avantage de taille par rapport à l’Inde et à la Thaïlande lors de l’expédition des produits de l’aquaculture sur ces deux marchés d’envergure.

Changer les habitudes de production

Grâce au TPP, le Vietnam sera aussi plus à même d’intégrer les avancées technologiques des pays membres. L’occasion d’entamer une restructuration dans le secteur agricole grâce à l’application de ses nouvelles technologies. Et Hà Công Tuân de préciser que le TPP aidera aussi le Vietnam à attirer davantage d’investisseurs étrangers.
 

La culture maraîchère constitue l’un des points forts de l’agriculture vietnamienne. Photo : Lâm Khanh/VNA/CVN


Toutefois, le TPP apportera aussi son lot de difficultés. Notamment pour les petites entreprises, peu compétitives.

«Le morcellement des zones de production, dû principalement à de multiples petites exploitations, des technologies arriérées, des faiblesses en matière d’aménagement foncier et de gestion des zones de culture de matières premières, sont les grands défis auxquels doit faire face l’agriculture», précise le vice-ministre de l’Agriculture et du Développement rural.

Nguyên Xuân Duong, chef adjoint du Département de l’élevage (ministère de l’Agriculture et du Développement rural), affirme quant à lui que «par rapport aux autres pays membres du TPP, le secteur de l’élevage du Vietnam est moins compétitif. Et ce en raison d’une production issue de petites exploitations isolées, de technologies d’un autre temps et d’un manque de collaboration entre les différents acteurs : les exploitants, les entreprises et l’État».

Il faut que le secteur agricole réorganise son appareil administratif et encourage les efforts conjoints des gestionnaires, des agriculteurs et des entreprises. Le renouvellement des technologies doit être considéré comme l’une des priorités, conclut M. Duong.

«Le secteur agricole national a un faible rendement, conduisant à une faible compétitivité», confirme pour sa part Nguyên Duc Thành, directeur du Centre pour la recherche économique et politique de l’Université nationale de Hanoi. L’amélioration de la productivité du secteur est une condition sine qua non pour assurer son développement dans la durée.

Pour coller aux engagements en matière d’environnement inhérents à la ratification du TPP, le Vietnam devra changer ses méthodes de production. Les agriculteurs vietnamiens devront donc revoir leurs habitudes pour satisfaire aux normes internationales.

En outre, le Vietnam devrait se concentrer sur la production intensive de produits agricoles, avec ses avantages en termes de la compétitivité.

Thuy Hà/CVN

 

Accélérer la restructuration de l’agriculture

Le Premier ministre Nguyên Tân Dung a pris une directive sur l’accélération de la mise en oeuvre du projet de restructuration de l’agriculture dans le sens d’une augmentation de la valeur ajoutée et du développement durable. Il a demandé aux ministères, branches et localités de multiplier les activités d’information et de communication sur les objectifs et mesures de restructuration de l’agriculture, tout en soulignant l’intensification de l’application du progrès scientifique et technologique. Cette restructuration doit, en outre, être menée avec l’édification de la Nouvelle ruralité. Enfin, le chef du gouvernement a demandé aux branches et aux ministères de réviser leurs politiques et leurs mécanismes, afin de davantage soutenir cette restructuration agricole et de mieux répartir les ressources pour la réalisation de ce projet durant la période 2016-2020.


 

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